Les albums d’Igorrr sont au Metal ce quel a boîte de chocolat est à Forrest Gump. On ne sait jamais sur quoi on va tomber.
De plus, les albums d’Igorr ont plusieurs avantages sur la boîte de chocolats. Déjà il n’y a pas de Mon Chéri dedans, c’est dégueulasse les Mon Chéri. ensuite parce que quand la boîte de chocolats est vide on la jette alors que l’album d’Igorrr peut se réécouter.
Tout ça pour dire que 5 ans après l’incroyable Spirituality And Distortion, Igorrr est de retour avec 12 nouveaux titres mêlant Death métal, ambiance arabisante, chant baroque, chorale, musique classique et gros beats électroniques. Le tout teinté d’un humour à la fois pince sans rire et absurde (ADHD).
Pourtant, le propos se fait un peu plus sérieux que sur le précédent opus. Est-ce dû au changement de personnel derrière les micros? A priori non, on ne perd pas au change. Est-ce dû au fait qu’Amen sonne clairement plus métal et semble rendre la chose plus accessible? Pas sûre, il y a toujours ces incroyables moments de génie où ça part totalement en vrille (coucou Blastbeat Falafel). Mais l’ambiance générale est plus sombre et la musique, aussi décalée soit-elle, est moins barrée que sur l’album précédent.
Amen est excellent, voire même totalement génial par moment, mais laisse parfois une impression de retenue. L’impression que le cerveau derrière le projet s’est imposée des barrières créatives – relatives certes – par rapport à ses précédentes créations. Il est plus direct dans son écriture et sa production sans pour autant sacrifier au sérieux dans les compositions et l’attention prêtée aux détails.
En fait, le seul vrai problème d’Amen c’est qu’il arrive après un album Spirituality & Distortions et qu’il souffre de la comparaison. Moins foufou, plus sérieux mais pas moins réussi pour autant.



