KoRn – The Nothing

Saviez-vous que depuis sa création en 1993 KoRn a sorti 3 albums de plus que Metallica depuis 1981?
C’était l’info inutile du jour. De rien.

Au-delà de cette statistique capitale, je ne me risquerai pas à comparer l’influence qu’ont eu ses 2 groupes sur la musique en générale et le Metal en particulier. Oui je sais, je n’ai pas encore commencé à parler de The Nothing que je digresse déjà mais après 13 albums, que peut bien avoir à dire de nouveau un groupe qui s’est déjà réinventé moult fois?

La question est complexe tant KoRn, au travers de son parolier en chef et accessoirement chanteur, a déjà exploré les tréfonds de l’âme humaine et de la dépression. Est-il possible d’aller encore plus bas? Visiblement oui puisque cet album a été accouché dans la douleur suite au décès de la femme de Jonathan Davis. The Nothing est un disque très sombre, très Kornien dans l’esprit, avec une lourdeur qui va bien au-delà de l’accordage des guitares ou de la basse vrombissante de Fieldy. « On en a gros » comme dirait certains et ça se ressent dans les ambiances mais on sent une approche différente du mal être. A comparer avec une Life Is Peachy qui dans le genre descente aux enfers se pose là, The Nothing montre qu’on est entre adultes et qu’il y en a un qui en chie sévère. En cela, ce disque est une magnifique réussite avec quelques perles comme You’ll Never Find Me. Parfaite synthèse entre KoRn période Peachy (on y revient) et le KoRn « moderne ». Idem pour The Darkenss Is Revealing, excellent titre avec un riff simple, basique mais qui casse de la cervicale et une rythmique ultra efficace de Luzier déjà usité en son temps par Silveria. Idiosyncrasy est aussi pas mal dans son genre.

Arrivé jusque là dans l’album, je dois bien dire que cela faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir à écouter un album de KoRn. Mieux, je suis content de lui avoir donner une seconde chance car la première écoute sur la route en voiture pendant les vacances ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable. Sauf que 13 titres c’est long et clairement une fois parvenu à The Seduction Of Indulgence, ça baisse de régime. Ce n’est pas mauvais, c’est juste un cran en dessous en terme de puissance, d’intensité et cela fait parfois un peu redite avec le début. Je salue néanmoins les quelques expérimentations de qui sont tentées ici ou là – This Loss notamment. Le reste me séduit moins.

Depuis Take A Look In The Mirror, KoRn n’avait pour ainsi dire rien sorti qui m’ait intéressé à ce point. La période 2005/2016 de leur carrière est pour moi un vaste trou noir et je dois dire que le cru 2019 est une agréable surprise. Le disque est bon, cohérent, superbement produit et interprété, mieux sa première moitié est sans doute ce que KoRn a produit de mieux depuis Take A Look In The Mirror justement.
Cependant, de là à le mettre dans la liste de leurs meilleures albums il y a un pas que je ne franchirai pas.