Sommes-nous « aux portes » de la fin d’un groupe mythique? Probablement.

The Ghost Of A Future Dead – titre hommage à Thomas Lindberg décédé à 52 ans d’un putain de crabe – est sans doute le dernier album d’At The Gates. Cela dit la question qui nous intéresse aujourd’hui est de savoir sir The Ghost Of A Future Dead est à la hauteur de la légende qui entoure le groupe?

At The Gates - The Ghost Of A Future Dead

J’aurais pu prendre le parti de vous dire que c’est du pur génie et jouer sur le fait que c’est le dernier enregistrement de Lindberg. Ajoutant à cela la ritournelle sur le retour d’Anders Björler – reformant ainsi le line-up classique d’At The Gates pour cet ultime opus.
Je vais la jouer terre à terre, The Ghost Of A Future Dead est un bon album, pas le disque incroyable que certains vont sans doute vous vendre.

Mais tout d’abord, rendons à César ce qui lui appartient: Lindberg est impeccable du début à la fin. Jamais on ne soupçonne à quel point cet enregistrement a été pénible pour lui tant il est « lui-même ». Il faut dire qu’il est bien aidé par des compos qui aident à mettre en valeur son chant et son débit. A ce stade vous l’aurez compris, At The Gates fait du At The Gates, pas de surprise. C’est du pur Death mélodique « made in Göteborg ». The Ghost Of A Future Dead aurait pu sortir dans les années 1990, on y aurait vu que du feu. Seule la prod de Jens Bogren trahit une sortie au 21ème siècle.

Les autres membres du groupe ne sont pas en reste, même Adrian Erlandsson sur lequel j’aime pourtant beaucoup me défouler. Ce dernier offre une prestation intéressante avec quelques petits coups de cymbales bien sentis. Notamment ce petit « TING » jubilatoire sur The Unfathomable. Les frères Björlers et Martin Larsson sont également plutôt inspirés avec des riffs très efficaces. Quand je vous dis qu’on est proche des années 1990…

Tout semble donc être réunis pour faire de The Ghost Of A Future Dead un classique. Hélas, si on met de côté quelques moments de grâce, on reste sur notre faim. Un peu comme sur To Drink From The Night Itself, on a souvent ce sentiment que certaines idées n’ont pas été poussées au bout. Il y a tout ce qu’on aime, tout ce qu’on attend du groupe mais la mayonnaise ne prend jamais vraiment. On attend plus, on veut plus. Pas une révolution, juste cette petite étincelle qui fait la différence entre un bon titre et un classique.

The Nightmare Of Being a prouvé qu’At The Gates était encore capable de grandes choses, d’avoir cette étincelle. Donc avoir un The Ghost Of A Future Dead « juste bon » rend la chose d’autant plus frustrante. Il restera comme le chapitre final du groupe avec Lindberg. Donc juste pour cette seule et unique raison: écoutez-le.