…And Oceans – Cosmic World Mother

Oui! Enfin! …And Oceans est de retour avec nouvel album! Ils auront mis 18 ans à le pondre mais qu’importe. L’important est ailleurs, l’important est qu’il soit réussi. Mais l’est-il?

Au-delà du mini record que constitue les 18 ans d’écart entre Cypher et Cosmic Mother World, c’est surtout le contenu qui fait plaisir. Exit le Black expérimental limite indus et pas toujours heureux du dyptique A.M.G.O.D./Cypher, retour à un Black Sympho à l’ancienne – aussi bien pour eux (stylistiquement) que pour nous (niveau prod). Autre changement et non des moindre, c’est désormais Mathias Lillmåns (Finntroll) qui remplace le très déjanté Kena « Kenny » Strömsholm vu au Steelfest l’an dernier avec son maquillage des enfers.

Comme évoqué à l’instant, Cosmic Mother World est une sorte de voyage dans le temps comme si le groupe revenait à ses premières amours. A l’écoute du disque, j’ai immédiatement pensé à aux premiers albums d’Emperor aussi bien pour la prod que pour l’ambiance. Plus loin dans le disque on pense aussi au Dimmu Borgir des débuts. Que de références prestigieuses me direz-vous mais est-ce que Cosmic Mother World en est digne au moins? Pour faire simple, si il y a bien un album qui depuis tout ce temps peut se prévaloir du titre de fils spirituel des albums là c’est bien celui-là.
Le trio (The Dissolution of Mind and Matter / Vigilance and Atrophy / Five of Swords) qui ouvre l’album est une merveille d’agression avec ces lointains claviers en fond. Quand vous sortez de ce quart d’heure déjà tout à fait délectable, sachez que le meilleur est encore à venir. Parce que, comme si les compos n’étaient déjà pas assez bonnes, elles vont monter encore d’un cran en terme de variété et de qualité pour atteindre le pinacle avec la chanson titre. Des chansons comme ça vous pouvez m’en filer des palettes entières, je signerai à chaque fois. Ce riff, ce clavier, cette ambiance… Cette folie de brutalité et de mélancolie « à la finlandaise » qui se mélange et ce break complètement dingo. Oui les claviers sonnent datés, oui la prod fait très old school mais c’est voulu/assumé ça donne toute son ampleur à la chose. L’envolée finale me file des frissons à chaque fois avec cette double mixée de façon à n’être qu’un grondement sourd en fond (idée géniale). Quel pied. La seconde moitié n’est pas ne reste avec la très « dimmu borgiresque » Helminthiasis et ses fabuleux claviers. Influence que l’on retrouve aussi sur One of Light, One of Soil.
La prod pourra (peut-être) être sujette à débat, je me suis entendu dire qu’un disque qui sort avec un son pareil en 2020 est un scandale. Venant d’un mec qui n’écoute que du Deathcore surproduit avec des trigs dans tous les sens c’était peine perdue. Bref, cette prod très à l’ancienne déroutera, surprendra ou charmera. A mon sens elle donne tout son charme au disque.

En cette fin de premier semestre 2020, je pense pouvoir dire sans prendre trop de risque que le podium des meilleurs albums de l’année est complet. Cosmic Mother World venant sans problème se caler dans le top 3 des sorties. Une merveille de Black Metal sympho MADE IN FINLAND. Where else?