Que voilà un nom qui invite à l’introspection, n’est-il pas ? Oui bon en fait c’est surtout parce que les japonais aiment bien avoir du français dans le nom de leurs groupes, en témoignent les BAISER, BALZAC, GazettE, JE*REVIENS et j’en passe – non je n’écris pas les noms des groupes de cette façon pour faire du style, c’est tout simplement parce que ça s’écrit comme ça et que si je ne le fais pas il va bien y avoir un con un lecteur avisé pour faire la remarque – et non « j’en passe » n’est pas un groupe.

Tout ça pour dire que RENTRER EN SOI débarque donc avec un second album éponyme qui fait la part belle à la diversité. Un savant mélange des genres dont seul un groupe venu de ce lointain pays qu’est le Japon est capable. Non pas qu’on se sache pas faire chez nous, mais y’a qu’eux pour y penser, oser et en plus le faire avec brio (avec qui ?).

RENTRER EN SOI - RENTRER EN SOI

Ici on parcourra donc un registre rock en tapant parfois dans le jazz, le punk gentil et même un peu de maytôl parce qu’il en faut toujours un peu hein ! Comme souvent chez les groupes de jrock ou de visual kei, on note une importante utilisation des claviers (piano ou synthé) afin d’accentuer les ambiances ou les mélodies. Il faut reconnaître que les bougres savent y faire parce que ça le fait toujours violement ! En témoigne le morceau Bunretsu LE+DD Jinkaku donc les claviers accompagnent la rythmique métal et les hurlements de Satsuki. Satsuki qui comme beaucoup de chanteurs nippons maîtrise sa voix de façon assez hallucinante, passant du hurlement à un chant ultra aigu (mais parfaitement calibré) pour revenir à quelque chose de proche du growl. Bref cet album démarre sur les chapeaux de roues !
On enchaîne ensuite sur Giragira, plus orienté punk/pop, avec énormément de disto sur les guitares et un résultat pêchu et entraînant. Ca le fait de bout en bout sauf quand Satsuki s’essaie au chant en anglais sur le couplet final où le « vision of disorder destroy the general idea » est plutôt hard à comprendre.

Difficile de passer sous silence PROTOPLASM single en puissance aux allures parfois « evanescencesque » au niveau des claviers et du refrain. Peu importe l’influence d’ailleurs, ce morceau est une merveille, un petit chef d’œuvre de mélodie à la guitare aiguisé et pourtant parfaitement ajustée, alternant son lourd et acoustique. Un travail d’orfèvre qui trouvera son apothéose sur le dernier titre de l’album, que je garde pour la fin œuf course.

J’ai parlé d’influence jazz, c’est sur Gedoku magai ni SUICIDE qu’on les retrouve. L’intro, la rythmique, l’utilisation des instruments, de même que le chant tout y passe pour sortir un morceau pop rock aux relents jazzy franchement bien foutu et au charme indéniable. La transition avec Strawberry Oblaat est plutôt hardcore puisqu’on repart sur un morceau assez basique et plutôt méchant. Misemono koya suit le même chemin, simple et efficace. Le groupe ensuite décide de revenir à quelque chose de bien plus mélodique avec pourtant des passages assez lourd sur Karasuiro no taiji.

Nous arrivons maintenant à mes 2 favorites. La « james bondesque » Jude, je fais référence à 007 simplement à cause de l’ambiance de ce titre. Les claviers m’ont directement fait penser à un générique de James bond. D’ailleurs, le morceau en lui-même ferait un excellent générique d’ouverture pour une aventure de mon propriétaire d’Aston Martin favori. Tapant dans un pop rock énervé juste ce qu’il faut, avec un chant juste et envoûtant. Ca le fait à fond pendant 4 minutes 08. Et là, LA, on enchaîne sur 5 minutes 48 de pur bonheur, de génie, de je sais pas quoi mais c’est grand. La bête s’intitule Binetsuka de shajitsu shita shinso wa atesaki fumei no tegami to naru et c’est pour moi LE morceau de cet album. Aussi étonnant que cela puisse paraître c’est aussi le plus calme, le plus mélodique et surtout un slow imparable qui devrait vous permettre d’emballer n’importe qui dans n’importe qu’elle circonstance. Une mélodie simple et ultra efficace, un motif de guitare hyper panardeux, un solo « queensrÿchien », un chant à tomber à la renverse… à écouter en boucle, sans aucune modération.

Ce RENTRER EN SOI est un album génial, hyper varié, n’hésitant à oser des mélanges casse gueule sur le papier. Comme je le disais, il n’y a que les japonais pour penser, oser et réussir ce genre de mix. Tout n’est pas parfait et certains morceaux sont un poil en dessous des autres mais on va arrêter de chipoter on ne va pas bouder notre plaisir.
RENTRER EN SOI poutre, point.