Vous vous souvenez de 36 Crazyfists? Mais si voyons, ce groupe venu d’Alaska qui a eu quelques bons albums durant les années 2000. Non? bon tant pis.

Si j’en parle aujourd’hui c’est parce que leur (ex?) chanteur Brock Lindow est de retour avec un nouveau groupe au casting « alléchant ». Pour Paradise Slaves il s’est entouré de quelques anciens gaziers de Blitzkid et Diecast. Il y a mieux. Il y a aussi bien pire. On verra si ça dure.

Paradise Slaves - With Hell In His Eyes

Les groupes de ce genre ont cette fâcheuse habitude de se contenter d’une version au rabais du passé glorieux de leur membre le plus célèbre. Cela dit Paradise Slaves semble vouloir viser un peu plus haut que ça. Ils s’inspirent certes de 36 Crazyfists, mais pas de manière trop flagrante. En fait le groupe auquel on pense le plus en écoutant Paradise Slaves c’est Killswitch Engage. Sachant qu’on retrouve Tyler Stroetzel à la guitare (frère de Joel Stroetzel et membre de KsE) et que je ne crois pas aux coïncidences. Je laisse le reste à votre appréciation.

De fait Paradise Slaves a toujours plus ou moins le cul entre 2 chaises. Coincé entre l’envie de faire du Metalcore énervé mais le besoin d’y coller des relents post-Rock pour que le timbre caractéristique de son chanteur soit mis en valeur. Néanmoins le tout manque de fioritures et le tempo globalement modéré ne rend pas l’écoute des plus exaltantes. Malgré tout, on y trouve quelques tentatives convaincantes comme Glass Mountain, ou à l’opposé Swim North. Ce sont de rares instants, mais le simple fait d’avoir des moments qui sortent un tant soit peu du lot est souvent déjà au-dessus des capacités des groupes de ce calibre.

Quant à ce que With Hell In His Eyes propose d’autre… bof, ça va. C’est du Metalcore simple et basique. Au moins, Lindow marque sa présence, même si c’est surtout à cause d’un chant qui déraille dès qu’il faut passer à quelque chose de plus mélodique (ou sur un morceau plus lent comme Always Have, Always Will, où ses failles vocales non maîtrisées ressortent encore plus). Mais ça reste globalement passable. Ou du moins, “passable” dans le sens où With Hell In His Eyes finit par se solidifier en un bloc de “trucs metal corrects”. A noter que l’album est extrêmement bien produit pour ce qu’il essaie d’être.

Rien de tout cela ne semble très positif, mais Paradise Slaves sont trop compétents pour qu’on les déteste franchement. Ceci étant dit, si des musiciens déjà connus n’étaient pas impliqués, le groupe passerait totalement inaperçu.
Au final Paradise slaves ne semble avoir pour seul but que d’offrir une seconde vie à la carrière de Brock Lindow sans trop changer la formule. Ce qui est tout à fait acceptable. Mais l’ombre 36 Crazyfists planera toujours au-dessus de lui.