Metal Méan 2019

D’un extrême à l’autre. Du plus grand de tous à un des plus petits d’entre eux. Wacken vs Métal Méan, sur le papier ils sont si différents alors que pourtant ils se ressemblent tant.

Méan c’est comme Wacken, si on a rien à y faire en dehors du festival, c’est que soit on y vit, soit on s’est paumé. Soit on est venu de son plein gré « hors saison » mais ça relève du masochisme à ce stade.

On retrouve à Méan l’idée fondatrice de Wacken: une seule scène sous un petit chapiteau planté en pleine campagne au milieu de vaches. La comparaison s’arrête là.
Si Wacken est devenu le monstre que l’on connaît, le Métal Méan a pris une autre parti, qui est d’ailleurs écrit en gros dans le dos des gens du staff : « The more festivals change, the more we stay the same ». Comprendre par là que le Métal Méan se sera toujours une seule scène sous un petit chapiteau avec un camping tenant sur un demi terrain de foot, une baraque à frites, 2 stands de merch, une poignée de bénévoles aussi passionnés qu’adorable et une affiche qui envoie du bois.

Le Métal Méan c’est le petit poucet des festivals perdu dans les Ardennes belges avec une ambiance franchement agréable dans un cadre bucolique qu’on aurait sans doute bien plus apprécié si il n’avait pas fait « un temps de brin ». C’est aussi de petites attentions comme « La chevauchée des valkyries » balancée dans les hauts parleurs du camping à 8h30 du matin pour prévenir que le café est prêt, c’est du génie. Café gratuit et à volonté dois-je le préciser.

Sinon niveau musique, l’affiche du Méan fait dans le méchant (de qualité) et alternant Black et Death sur son unique scène. A noter que le running order a été respecté quasi à la minute près toute la journée. Une belle performance quand on sait que le changement de plateau moyen était fait en 20/25 minutes – soundcheck compris.

Pour un tout petit fest comme le Méan, se payer un headliner comme Bloodbath ça en dit long. Sans parler de l’aspect bêtement mercantile en ironisant sur le fait que si le chèque a assez de zéros Manowar viendra (ironie), cela prouve simplement que le fest est crédible sur le marché très concurrentiel des festivals d’été. Mais ce n’est pas le sujet.

Au-dessus
La journée commence ave les français d’Au-dessus et leur Black « à la mode ». Comprendre par là qu’ils ont les papuches et proposent une ambiance « post-Black » qui fonctionne plutôt bien pendant 3 ou 4 titres. Après ça tend à donner l’impression que tout se ressemble. Prestation ok mais sans plus.

Zuriaake
Leur prestation à Wacken m’avait donné très très envie de les revoir. Dire que j’en ai eu pour mon argent est un euphémisme. Un concert excellent avec un groupe qui a parfaitement installé son ambiance et imposé son style. Le son était excellent la prestation aussi, alors qu’est-ce qui a cloché? Il faisait jour! Ca aurait été tellement mieux si ils avaient joué de nuit! Ralalala! Mais de toute façon, vu que le chapiteau débordait de monde (toute proportion gardée, c’est Méan hein!), personne n’a été volé. Nom de Zeus que c’était bien!

Mephorash (pétrolier)
On enchaîne ensuite avec les suédois de Mephorash – oui je sais ça ressemble à un truc qu’aurait pu soigner Dr House. Bref, ils font du Death/Black comme Behemoth en faisant à l’époque Evangelion. Eux aussi ont tous l’attirail sur scène avec les papuches, les bougies et tout le tintouin. Ca fait très pro, ça présente bien mais… on s’emmerde. Le groupe a presque 10 ans d’existence et malgré ça on sent que sur scène ça manque de présence alors que pourtant ils sont 7!
Pas convaincu.

Midnight
« J’ai trop hâte! Tu vas voir ça saute partout on va moins se faire que pendant Mephochiasse là » – ma moitié juste avant l’entrée en scène de Midnight.
Et elle n’a pas menti. V’la la branlée. Quelque part aux confins du Thrash, du Punk et du Black, sous ses papuches, le trio de Midnight a quasi plié la journée avec un set où chaque note est jouée comme si c’était la dernière. Une espèce de peignée comme on veut en prendre chaque fois qu’on va à un concert au point qu’on a vu les premiers slams de la journée alors que le public était plutôt sage jusqu’à présent. Oui sur la durée, ça tend à tourner un peu en rond mais vu la débauche d’énergie sur scène je pardonne volontiers.

IncantaFion
A peu près tout ce que je n’aime pas dans le Death US est proposé par le groupe donc boycott assumé au camping pour profiter de quelques bières et de la pluie qui commence à tomber.

Vomitory
Vomitory est, pour moi, au Death suédois ce qu’Incantation est au Death US – à savoir une parfaite compilation de tout ce qui se fait de plus chiant dans le genre.
Après sur la prestation en elle même, rien à redire, c’est simplement pas ma came.

Asphyx
On enchaîne sur un autre groupe qui n’est pas ma came. Même remarque que pour Vomitory, belle prestation mais bon voila… hein… vivement la suite.

Primordial
J’ai dit vivement la suite? Merde… P’tain Primordial quoi!
Bon ok, je n’avais jamais vraiment pris le temps d’écouter. Maintenant c’est fait croyez moi. Difficile pour moi de dire dans quel registre ça évolue toujours est-il que ce mélange est pour le moins déconcertant. Plus que la musique, c’est surtout le chant, parfois en total décalage avec les instrus qui m’ont chagriné. Bref… ce fut une découverte et franchement il était primordial que ça cesse vite – désolé j’étais obligé de la faire.

Bloodbath
On enchaîne avec le gros morceau du jour et la raison de ma présence en ces lieux: Bloodbath. Je restais sur 2 prestations très moyenne du groupe au Hellfest et à l’Olympia – pour ne pas dire désastreuse dans le cas de l’Olympia, c’est donc peu de dire que j’étais sur mes gardes quant à ce qui allait se passer.
La surprise n’en fut que meilleure! Quelle baffe! Comme d’habitude, le son était correct sans plus mais sur scène, pour une fois le groupe a pris vie! L’arrivée de Tomas Åkvik en remplacement de Joakim Karlsson fait toute la différence. Le mec est un vrai plus. De même, je me suis enfin fait à l’idée que l’apparente nonchalance de Holmes fait parti du truc, j’ai aussi réussi à me faire à son phrasé. Bien qu’il lise toujours ses paroles sur les anciens titres, il se les ait approprié et ça fonctionne. Pour finir sur le line-up, je vais encore radoter sur le sujet mais qu’importe: Waltteri Väyrynen est très bon mais bordel rendez-nous Axenrot! Ca groove plus et c’est moins sec à la batterie.
Côté setlist, du récent et du très vieux! Phatomless Mastery est totalement zappé, de même qu’Unblessing The Purity (dommage). Par contre ce petit enchaînement Breeding Death/Like Fire fut du meilleur effet, de même que l’inattendue Cry My Name juste avant Eaten. Pour que c’eut été parfait, j’aurai viré Warhead Ritual pour mettre Weak Aside à la place mais ça c’est moi 😀
Probablement le meilleur des 8 concerts de Bloodbath que j’ai vu avec pas loin derrière celui du Netherlands Deathfest il y a 2 ans.

Tormentor
Et pour conclure ce Métal Méan 2019: les hongrois de Tormentor.
Totalement culte chez les fans de Black purs et durs, le groupe emmené par Attila Csihar (oui oui celui de Mayhem) est venu délivré son Black très primitif. Ca sonne effectivement un peu daté mais c’est efficace. Dans le public, ceux qui ont survécu à la pluie et à la Jupiler sont à fond mais pas nous. Pas accroché plus que ça, nous plions bagage après quelques titres sans regret.

C’est petit, c’est pas loin, c’est pas cher, c’est plaisant, c’est le Métal Méan.
Si on oublie la météo, cette journée de festival belge fut des plus plaisantes. Un tout petit festival que je recommande chaudement – à condition que boire de la Jupiler ne vous dérange pas.

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