Le retour en grâce de Devildriver? P’tet bien oui.

J’ai toujours eu petit (gros) faible pour les 3 premiers opus du groupe. Voir Devildriver sombrer petit à petit avec le départ de 4 de ses 5 membres m’a laissé un goût amer en bouche. Et depuis, à chaque album, je me lance dans l’écoute avec des attentes de plus en plus faibles. Quand soudain… Strike And Kill. Pour un groupe qui a passé les cinq dernières années à être démantelé morceau par morceau, on pouvait s’attendre à tout sauf à avoir le meilleur album de Devildriver depuis The Last Kind Words en 2007. Oui vous avez bien lu.

La première chose qui frappe à l’écoute de Strike And Kill, c’est à quel point tout sonne avec une assurance absolue. Dez a pris un peu de recul et filé les clés aux nouveaux venus. Gabe Mangold ne s’est pas contenté de succéder à Mike Spreitzer : il a coproduit l’album avec Davier Pérez, l’a enregistré, mixé et masterisé, tandis que les prises de batterie ont été captées par l’infatigable Jason Suecoff. Le choix de garder la production « en famille » s’avère particulièrement payant : le son est colossal sans jamais sombrer dans la froideur clinique des productions modernes. La batterie sonne bien, la basse du revenant Jon Miller bénéficie enfin d’une véritable présence dans le mix, et les deux guitares disposent de tout l’espace nécessaire pour respirer.

Treize morceaux. Cinquante et une minutes. Aucun remplissage, aucune ballade, aucune excuse et absolument aucune pitié.

Le premier single, Dig Your Own Grave, est une véritable déclaration d’intention. L’écriture retrouve ici la franchise brutale des débuts les plus sauvages du groupe, mais l’exécution est résolument ancrée en 2026 : chirurgicale, militarisée, mixée pour raser des immeubles. En guise d’ouverture, c’est une véritable leçon de première impression et la meilleure manière possible d’entamer ce nouveau chapitre de l’histoire du groupe.

Une fois les troupes misent en ordre de marche, le groupe déroule comme à la grande époque. On retrouve le refrain cliché, bas du front et facile à retenir sur la chanson titre. Dead in the Water fleure bon le mélodeath avec 2 guitaristes qui s’amusent. Il y a aussi quelques traces de Thrash dans les très énervées Shut The Silence On et Oath Of Iron.

Les nouveaux venus semblent avoir retrouver la même « grinta » que ceux qui faisaient parti du line-up « classique ». Capable de passer de l’outrancièrement bourrin à quelque chose de plus subtile tout en gardant une justesse technique et un sens de la mélodie. C’est-à-dire, ce qui est la marque de fabrique de Devildriver.

Implacable et féroce, Strike And Kill est le son d’un groupe qui a refusé de mourir alors que toutes les circonstances semblaient l’y inviter. Cette nouvelle incarnation de DevilDriver donne envie et semble avoir de quoi alimenter le moteur pour quelques albums.