The Project Hate MCMXCIX – Of Chaos And Carnal Pleasures

Je suis moyen fan du crowdfunding. Je perçois ça comme une sorte d’arnaque où l’on paie pour quelque chose que l’on n’est pas certain d’avoir. Sauf qu’il y a encore en ce monde des gens intègres et avec des principes. Lord K est de ces personnes.

Si je parle de cela c’est parce que pour la troisième fois, Lord K fait financer un album de son Project Hate par les fans. Certes ils n’ont été que 211 à donner de l’argent mais cela a suffit. Et à l’écoute du résultat, j’ai honte de ne pas y avoir mis un peu de pognon.

De même que pour le financement de l’album, rien ne change non plus dans le groupe. Avec un line-up enfin stabilisé, Lord K nous sort ce qui est sans doute un des meilleurs albums du groupe si ce n’est le meilleur. Comme le dit si « humblement » Lord K sur le site du groupe « les gens vont et viennent pour que The Project Hate se rapproche de la perfection ». C’est donc toujours entouré de Dirk Verbeuren, d’Ellinor Asp, Lasse Johansson et de l’inoxydable Jörgen Sandström que Lord K et TPH accouchent d’un disque nouveau disque hybride mélangeant toujours allègrement Death Metal, électronique, chant féminin barré et expérimentations avec d’autres styles (cette guitare hispanisante venue de nulle part sur Reign est complètement folle).

Ceux qui connaissent TPH ne seront pas dépaysés, Of Chaos And Carnal Pleasures c’est 70 minutes de très très gros son pour 6 petits titres. Ha ça oui il faut avoir envie de se coller des morceaux 13/14 minutes qui passent du coq à l’âne en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Cependant la qualité d’écriture de Lord K pour ce qui est des riffs est plus que jamais présente. Prenez Sulphur par exemple, tous les riffs, je dis bien absolument TOUS les riffs du titres sont mortels. Aussi bien celui lâché à grand coup de 8 cordes en début de morceau que celui du passage autour de 4:35 – avec ce petite matelas de double de l’amour pour faire bonne mesure. Idem pour celui bien plus mélodique vers 6:50 ou la boîte à baffe autour de 7:30. Il est possible de disséquer chaque titre pour y trouver une subtilité, un truc qui fait que ça fonctionne et qu’on en redemande (par exemple les breaks purement électronique ultra aérien sont un vrai régal – Reign vers 6:40). Je l’évoquais plus haut, les habitués seront en terrain conquis – après plusieurs écoutes pour bien appréhender le truc, les néophytes risquent d’avoir encore plus de mal qu’avant à rentrer dans l’univers du groupe car le disque est très très dense. Changement de ton, de style, chant féminin parfois classique, parfois totalement barré. On note aussi, et c’est une nouveauté, l’utilisation de beaucoup de contre-temps et de plans dissonants.
Si d’aventure tout ça ne suffisait pas, quelques copains sont venus participer à l’aventure. On retrouve donc Erik Rundqvist (Vomitory), Lawrence Mackrory (Darkane), Lars Palmqvist (Scar Symmetry), Johan Hegg (Amon Amarth) qui sont venus prêter main forte à Jörgen Sandström au chant – comme si il en avait besoin. Ce mec a une des meilleures voix Death de l’univers.

Bref…

Lord K peaufine son affaire et se rapproche de son Graal avec Of Chaos And Carnal Pleasures. C’est l’album le plus complet, le plus varié, bref le plus abouti que TPH ait sorti depuis un moment.
La première tuerie de 2017. Point.