Moscow Death Brigade – Bad Accent Anthems

Ce groupe faisait parti des choses que je voulais absolument voir au Hellfest. Cet ovni tout droit venu de Moscou avait le potentiel pour plier le festival avec la prestation la plus frappée du fest.

A défaut de concert, l’album fera amplement l’affaire. Comme l’indique la pochette, nous allons avoir à un sublime mélange des genres avec notre gang de russes contestataires. Prenez du punk hardcore le plus basique qui soit, collez par dessus des samples et du chant rappé et vous obtenez Moscow Death Brigade.

Moscow Death Brigade - Bad Accent Anthems

Totalement contestataires, alternant chant en anglais et en russe, rarement au-delà des 3 minutes 30, le groupe envoie non stop sans se poser la moindre question. Même pas quand le riff de Break The Mold emprunte volontiers à celui de Painkiller de Judas Priest. Et vous savez quoi? On s’en fout, le refrain scandé en choeur est tellement efficace que ce détail devient secondaire. Ils font leur truc, assument tout, n’ont pas peut de s’aventurer sur ce que la culture internet du « meme » propage comme des clichés sur la Russie pour mieux nous le renvoyer puissance 1000 avec d’immenses moments de « watzefuk » totalement géniaux.
Côté paroles, en bon punk dans la Russie de Poutine, inutile de dire qu’on flirte avec les limites de ce que le gouvernement local peut tolérer. De la corruption aux violences policières en passant par les brûlots anti-fascistes et les parpaings envoyés aux nationalistes russes, c’est peu de dire que l’anonymat leur sied bien.
En 34 minutes et 11 titres, Moscow Death Brigade ne lève jamais le pied mais sait varier rythmiques et sonorités pour conserver la dynamique de sa musique tout en balançant quelques références ici ou là à leurs influences (Here is something you can’t understand). Le tout sonne fantastiquement bien avec une prod cohérente qui fonctionne aussi bien pour les morceaux électroniques que pour les plus « classiques ».

Cela faisait bien longtemps qu’un disque ne m’avait pas donné envie de monter sur la table du salon pour « stage diver » sur le canapé. Les mecs ne se prennent pas la tête, se foutent de ce qu’on pense et balancent leur truc. Simple, efficace, génial. Je veux ce groupe au Hellfest 2021.