Quatre ans après l’accident industriel que fut Catharsis, le cadavre de Machine Head semble reprendre vie. Est-ce une bonne nouvelle? Rien n’est moins sûr.

En effet, entre les changements de personnel et ce qu’a sorti Rob Flynn durant les confinements, on peut légitimement se demander ce qu’un nouveau Machine Head va bien pouvoir donner.

Machine Head - ØF KINGDØM AND CRØWN

Si vous vous posiez la question de savoir style avait inspiré Rob Flynn sur cet album, la réponse est: le Metalcore, le Death mélodique, le Metal sympho, le Folk et la soupe aux choux. Avec quelques relents de Power Metal ici ou là. Vous avez les dents du fond qui baignent à cause de l’overdose qui se profile? Vous n’êtes pas les seuls.

Après une intro bien trop longue en voix de tête chiante au possible, on part sur un morceau lui aussi beaucoup trop long (10 minutes 25!!!!) aux forts relents de Metalcore basique. Riffs massifs ultra hachés et couplet en chant clair bien cheesy. Chant clair assuré la plupart du temps par un Jared MacEachern impeccable il faut le signaler. C’est bien fait mais on se demande où tout ce petit monde veut en venir.

La suite est pour le moins déroutante. On se retrouve avec des titres piochant un coup dans le Death mélo pour les arrangements , le Folk pour l’ambiance le tout avec ce petit truc typiquement « machine headien » sur les guitares ou le chant. Rob Flynn est plus que jamais en mode « whoaoa » sur les refrains (Nø Gøds, Nø Masters, My Hands Are Empty). Mec tu veux pécho Courtney chez Hot Topic ou quoi? Le fait qu’il mette des « ø » partout confirme la tendance « tRè$ adø De ç€T a£bµm ».

Le manque de cohérence apparent du tout donne l’impression qu’ils ont voulu mettre un maximum des choses qui sont « à la mode » – ou l’ont été parce que sur certains plans, Machine Head a un bon train de retard.
ØF KINGDØM AND CRØWN ne semble avoir aucune espèce ligne directrice autre que « ha ça marche et ça sonne pas mal on le met ». Quand ce n’est pas carrément un emprunt éhonté aux copains In Flames ou Arch Enemy. Entre ça et les interludes très ado dans en plein période gotho-dépressif on est servi.
Et puis vous prendrez bien un petit coup de vocoder?

Trop long, trop bavard (comme son créateur), ØF KINGDØM AND CRØWN s’écoute avec un sentiment mitigé et parfois même un peu de gêne. Combien de fois ma moitié m’a t-elle vu sauter sur ma chaise en gueulant « NON MAIS SERIEUSEMENT !?!? » lorsque j’écoutais le disque? Beaucoup de trop choses sentent le réchauffer et il y a surtout cette sensation d’immaturité. Comme si on se trouvait face à un groupe débutant et qui remplit ses morceaux jusqu’à la nausée pour ratisser le plus large possible. On sait jamais des fois que ça marche.
Triste venant d’un auteur/compositeur qu’on sait talentueux et qui a pondu des albums d’un autre niveau (The Blackening au hasard).
‘fin ØF KINGDØM AND CRØWN est (un peu) mieux que Catharsis. C’est toujours ça de pris.