Après que leur premier album, GastiR – Ghosts Invited, ait reçu un accueil plutôt mitigé de la part de la presse et des fans, Gaahl’s Wyrd retente sa chance avec Braiding The Stories.
Gaahls WYRD adopte des atmosphères folk et avant-gardistes pour emmener l’auditeur dans une expérience en immersion dans un univers bien particulier. Bien que j’ai trouvé la chose relativement aboutie sur GastiR – Ghosts Invited, Braiding The Stories pousse le concept encore plus loin que le premier album. On y entend toute une gamme de styles vocaux : chant clair, murmures, spoken word. Gaahl élargi sa palette artistique et pousse Wyrd dans une direction qui n’est pas forcément sans rappeler Trelldom, un de ses autres projets.
En regardant la durée des morceaux, Braiding The Stories apparaît déjà comme un album intéressant. Il est parsemé de divers morceaux d’interlude, allant du magnifique à l’inquiétant. Contrairement à d’autres albums, certains de ces petits intermèdes jouent un rôle majeur en segmentant l’écoute et en préparant les titres les plus forts. Après que The Dream nous ait apaisés avec ses guitares réverbérées et ses chants doux et clairs, le morceau-titre de près de neuf minutes nous enveloppe dans une félicité atmoblack. Ce morceau à lui seul semble vouloir surpasser tout ce que l’on peut trouver sur GastiR – Ghosts Invited, avec ses guitares envoûtantes et sa diversité vocale. Il ne cherche jamais à culminer dans un climax explosif, préférant nous absorber lentement. Un autre enchaînement brillant vient de la courte Voices in My Head et de la puissante Time and Timeless Timeline. Après une dissonance mélancolique et un piano anxiogène, cette dernière frappe comme un coup de poing. Le riff à la Gorgoroth déclenche un headbanging frénétique, le morceau naviguant entre chants clairs distants et transitions variées, pour finir en apothéose.
Parmi les autres morceaux marquants, on trouve le duo Root the Will et Flowing Starlight. Bien que très différents, ils illustrent bien l’étrangeté de l’album. Root the Will avance avec un riff heavy metal thrashy qui fonce à toute allure. En quelques minutes, le chant explore des territoires étranges : hurlements typiques de Gaahl, vocaux clairs superposés et variés. Lorsqu’il ralentit, les voix rappellent le style old-school d’Aldrahn, ce qui me hameçonne immédiatement. Le morceau refuse de se stabiliser, évoluant vers des tenues dissonantes, une atmosphère noire et des chants tristes et dérangeants. Le final Flowing Starlight surprend avec des effets de guitare très 70s et une attitude totalement inattendue. Ajoutez une basse bien présente, et ce morceau groove méchamment. Bien qu’il change de forme tout au long de ses sept minutes, il ne perd jamais son ambiance, ce qui en fait un ovni remarquable sur l’album. Au fur et à mesure, la voix de Gaahl rappelle celle de Type O Negative, tandis que les guitares nous mènent vers une conclusion puissante.
J’avais adoré GastiR – Ghosts Invited, j’attendais donc sa suit eavec curiosité. Las, jamais Braiding The Stories ne réussi à m’embarquer comme l’a fait son prédécesseur. Pourtant tout y est et semble correspondre à ce que le groupe voulait vraiment accomplir avec ce projet. Rendez-vous manqué?



