Non vous ne rêvez pas.
Aujourd’hui on s’attaque à un gros morceau jusqu’à présent soigneusement éviter pour d’évidentes raisons créatives. Soyons courageux, parlons 5FDP.
Il paraît que Legacy célèbre vingt ans de carrière. À l’écoute, on pourrait surtout croire que Five Finger Death Punch célèbre vingt ans sans avoir trouvé le bouton « renouveler ».
Legacy commence donc comme on pouvait le prévoir. Gros riff. Grosse batterie. Grosse voix. Gros refrain. Et probablement un très gros budget pour s’assurer que tout soit suffisamment gros.
Bienvenue chez Five Finger Death Punch. où tout doit être plus gros juste « parce que ».
Le groupe a pourtant une qualité indéniable : l’efficacité. « De Oppresso Liber », « Eye Of The Storm » ou « Nails In The Coffin » savent envoyer du bois. Les riffs sont lourds, les refrains sont faits pour être beuglés dans une salle de 15 000 personnes et la production est tellement massive qu’on pourrait probablement construire la salle de bal de Trump avec.
Mais à force de vouloir être efficace, Legacy finit par devenir remarquablement prévisible. Le véritable problème n’est même pas que Five Finger Death Punch ne change pas. C’est qu’il semble persuadé que changer serait une mauvaise idée.
Après vingt ans, le groupe continue donc de recycler les mêmes ingrédients avec le sérieux d’une entreprise qui aurait trouvé une niche fiscale particulièrement rentable : colère calibrée, mélodie calibrée, émotion calibrée, puis retour du gros riff pour être certain que personne ne s’est endormi.
Et quand arrive un morceau plus mélodique, on comprend immédiatement pourquoi le groupe devrait rester en terrain lourd. Five Finger Death Punch en mode sensible, c’est un peu comme un char d’assaut qui décide de faire du patinage artistique. On admire l’effort, mais on attend surtout qu’il remette les chenilles sur le béton.
Le plus ironique reste peut-être le titre. Legacy.
Un mot qui évoque normalement l’héritage, la transmission, quelque chose qui mérite qu’on se retourne sur son parcours. Ici, on a surtout l’impression que le groupe a regardé ses vingt années de carrière, a constaté que la formule fonctionnait encore et s’est dit : « Bon, on ne touche à rien. »
Et quelque part, c’est cohérent. Pourquoi chercher à évoluer quand le public est déjà là ? Pourquoi écrire quelque chose de surprenant quand un refrain énorme fera l’affaire ? Pourquoi prendre un risque quand un riff accordé très bas peut résoudre presque tous les problèmes ?
La réponse est évidente : parce qu’un jour, même les fans les plus fidèles pourraient avoir envie d’autre chose. Ce jour-là n’est manifestement pas arrivé puisque 5FDP leur sert la même soupe depuis 20 ans. Deux décennies de copier / coller sans âme.
Et d’un certain point de vue s’en est presque frustrant. On entend un groupe qui possède les moyens, l’expérience et les musiciens nécessaires pour faire beaucoup mieux, mais qui semble parfaitement satisfait de faire exactement ce qu’on attend de lui.
Five Finger Death Punch ne prend aucun risque. Il ne trébuche donc jamais. Mais il ne va nulle part non plus.
Imaginez qu’ils appellent le prochain album Innovation. Non mais vraiment.




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