Reading Festival 2002

.: Départ :.
HAAAAA Reading, l’endroit à la mode en cette fin août 2002, le lieu où toute la jeunesse décadente de la région londonienne se retrouve pour un super concours de mauvais goût vestimentaire et d’extravagances en tout genre. Cette année pour être tendance il fallait avoir une crête et/ou les cheveux roses, un look « normal » vous faisant passer pour un extra-terrestre dans cet antre de la débauche. Vous avez l’impression que j’en fais trop? ERREUR, c’est pas vous qui vous êtes farcis des anglaises dans des tenues qui étaient un outrage à tous les sens (notamment la vue).

reading-2002M’enfin à côté de ça il y a aussi cette ambiance incomparable des anglais bourrés à la bière à 8h le matin, des vendeurs de hot-dogs qui vous gueulent dessus parce que vous prenez trop de ketchup et puis il y a aussi les stands des divers exposants… ça va du vendeur de tshirts aux sponsors du festival, Orange notamment qui sur son stand proposait d’envoyer des textos et de les faire apparaître sur un écran géant. On a donc appris qu’un certain John c’était fait larguer par sa copine parce que celle-ci n’avait pas eu d’orgasme la nuit précédente dans la tente… tout ça devant 80.000 personnes pliées en 2 de rire.

Sur le plan de l’organisation par contre rien à redire, les vigiles ne vous fracassent pas la gueule quand vous slammez, ils vous rattrapent, vous remettent sur vos pieds et vérifient que vous êtes en état de retourner dans le pit – non vous ne rêvez pas. Par ailleurs si ceux des salles françaises pouvaient faire un stage de savoir vivre là-bas ça serait bien – merci pour nous. En dehors des vigiles plutôt cool, il y avait aussi la grosse sono qui nous en a mis plein la tronche 3 jours durant, le son était quasi parfait, le groove des basses étaient bien présent et seules les voix étaient parfois un peu faiblarde (sur la grande scène du moins) sinon rien à redire.

.: Vendredi 23 :.
On commence gentiment avec Finch, petit groupe de néo/émo core qui a semble-t-il beaucoup écouté Glassjaw et les Deftones. Il semblerait aussi que le groupe mette le public féminin dans tous ses états. Sur scène, ça se comporte comme n’importe quel groupe de néo : ça sautille gentiment pendant que le chanteur chiale/hurle dans son micro en se roulant par terre. Faudrait d’ailleurs aussi lui rappeler que le public il faut le regarder, pas lui tourner le dos.
Finch: 3/5

Après l’effort, le réconfort: bubullation dans l’herbe en attendant l’heure de New Found Glory et…. comme de grosses merdes que nous sommes on s’est endormi au soleil. On se réveille juste quand Weezer arrive sur la grande scène. Et là, première grosse claque du festival, Weezer sur scène c’est tout simplement excellent. Le groupe passe en revue tous ses grands classiques et dédicace non sans humour la génialissime Island In The Sun à Slipknot. Rivers Cuomo s’en donne à coeur joie entre les titres avec un humour teinté de second degré des plus efficaces. Ils terminent leur set sur une version peace de Budy Holly qui finit de mettre le feu.
Weezer: 4.5/5

C’est ensuite les « ancêtres » de Jane’s Addiction qui entrent en scène. Perry Farrel et Dave Nararro arrivent vêtu de costumes pour le moins extravagant et… pas le temps de profiter du groupe plus d’un titre parce que le ciel s’en mêle et on évacue vite fait, bien fait en direction de la tente techno qu’on ne quittera plus parce que: 1. il pleut beaucoup 2. les DJ qui mixent sont trop bons! On patientera donc sur les mixes house/trance de Luke Vibert jusqu’à 22h30 et l’arrivée d’Aphex Twin. Il arrive sur scène vêtu en blanc, portant un chapeau melon et un masque et traînant un mec en laisse. S’en suivent ensuite 2h d’un mix de folie où il passera en revue certains de ses titres avant de s’orienter vers un trip expérimental qui finira en pur hardcore au-delà des 230 BPM.
Luke Vibert: 4/5
Aphex Twin: 4/5

Ensuite direction le lit parce qu’il est quand même tard et qu’on n’a pas beaucoup dormi la veille.

.: Samedi 24 :.
La journée commence par un gutturale « GOOD MORNING READING » poussé en sortant de la tente, ce qui provoque l’hilarité générale dans le camping. Bref… on commence doucement la journée avec Vex Red, déjà peu convaincu sur album j’attendais de voir le résultat en live. Force est de constater que s’est sympathique mais ça n’est quand même pas extraordinaire. Le seul truc rigolo c’est que le batteur a fait tout le set à poil, sorti de ça c’est sympa mais sans plus.
Vex Red: 3/5

Par contre, ce qui a suivi Vex Red est certainement un des moments les plus cultes du festival : ANDREW WK. Moi qui attendait ça avec impatience j’ai pas été déçu du tout. Plus kitch dans le look et l’attitude métal: c’est impossible. Ca sonne vieux, visuellement on dirait du vieux mais que c’est bon! Andrew descend de la grande scène pour aller faire le singe dans le pit et le succès est total. Son trip old school récolte un succès amplement mérité.
Andrew WK: 4.5/5

Less Than Jake occupe ensuite la grande scène avec son punk rock assez basique. Tout se ressemble et c’est vite chiant quoique en fond musicale pendant le repas, ça passe.
Less Than Jake: 2/5

Après Less Than Jake commence un long cauchemar: A. Ce groupe est une infamie, le set est chiant, l’attitude poussive, tout est forcé et le chanteur est bon pour la maison de retraite. Beurk. On s’en va avant la fin.
A: 0.5/5

On abandonne donc un pauvre groupe de catégorie Z pour aller voir Alec Empire, le leader des géniaux Atari Teenage Riot, en solo. On se presse pour être aux premières loges sous le chapiteau et quelle bonne idée nous avons eu! Le soundcheck des 2 batteries (!) s’éternise un peu et s’est avec un peu de retard que le set commence. Durant le soundcheck tout a été vérifié sauf… le micro! Ce qui fait que le sieur Empire a hurlé ses tripes 3 titres durant dans le vide, ce qui nous a permis au passage de profiter de son rock/métal électronique très efficace. C’est nettement moins méchant qu’ATR mais ça n’en reste pas moins musclé. Pas vraiment content des problèmes de micro, Empire fracasse le pied du micro avant de descendre chanter dans le public. C’est alors que le stage manager du chapiteau lui fait signe qu’il va devoir écourter son set. Cela a pour effet de mettre Alec dans une colère pas possible et il décide de continuer malgré tout. Après un petit speech 100% anarchiste qu’il conclut par « qu’ils appellent les flics, j’en n’ai rien à foutre », le groupe jouera encore un titre qu’Alec finira au milieu du pit, la foule s’écartant devant lui de peur de se faire massacrer tellement il était remonté. Entre 2 problèmes techniques on a quand même pu apprécier la puissance des compositions et surtout le jeu complémentaire des 2 batteries parfaitement synchronisées. Un grand moment de rock n’ roll.
Alec Empire: 4.5/5

Après les déboires d’Alec Empire, c’est Rival School qui le remplace sur la scène du chapiteau. Beaucoup de bien a été dit sur ce groupe et la présence d’anciens membres de Quicksand, Glassjaw et Shelter ne pouvait que me conforter dans cette idée. Le groupe prend visiblement son pied et son rock très mélodique se laisse écouter gentiment. Ca n’est toutefois pas ma tasse de thé et on évacue les lieux pour voir Cheum 41. Le temps de coller une droite à un anglais un peu trop pressé de vouloir prendre la place contre la barrière.
Rival School: 4/5

On se dépêche de revenir à la grande scène et là Ô malheur, Sum41 a presque fini son set! Moi qui voulait les voir je n’aurais droit qu’à 4 titres mais quels titres! Les plus gros singles du groupes! What We’re All About est carrément culte quand Bizzy se met à rapper. Et pendant ce temps là on se bat au milieu du pit, on se bat à coup de bouteilles vides dans la joie et la bonne humeur, car quel autre groupe que Sum41 pouvait être l’hôte de la traditionnelle bataille de bouteilles? On finit de regarder le set des canadiens avant de foncer prendre part à la bataille rangée. Même si je n’en ai pas vu grand chose, j’ai beaucoup aimé les délires punkoïdes très festif du groupe.
Sum41: 4/5

Ash est volontairement boycotté pour raisons alimentaires et surtout pour être sur d’être bien placé pour voir Muse. Riche idée que nous avons eu là car la foule est compacte, tout le monde veut voir la bande à Bellamy en action, même le ciel qui s’assombrit et se met à gronder. Impossible d’échapper à la douche écossaise et à la furie de Muse. New Born ouvre les hostilités avec une interprétation magistrale, les éclairs qui déchirent le ciel sont synchronisés avec les jeux de lumières de la scène, petit hasard de la nature qui donne au concert une dimension exceptionnelle. La foule reprend en choeur les chansons du groupe sous une pluie battante qui n’a fait capituler personne et surtout pas Matthew qui saute partout sur scène. On ferme les yeux pour oublier, la pluie, le froid, la clope que vous venez d’allumer qui vous brûle les doigts… enfin c’est plutôt elle qui nous ramène à la réalité tellement on entre en transe durant le show. Muse conclut son set quasi parfait par Bliss qui achève des fans trempés mais heureux.
Muse:6/5 (ouais carrément)

Après ce gigantissime coup de pied au cul on abandonne la scène principale aux Foo Fighters pour aller voir Sick Of It All. On profite au passage de la fin du set de No Use For A Name qui a tout tué avec son skate punk décapant et entraînant. C’est un petit quart d’heure le départ de No Use For A Name que les légendes du hardcore new yorkais font leur entrée en scène. Et pour la 3ème fois dans cette journée on prend un méga coup de pied dans la derrière au propre comme au figuré. Sur scène ça dépote à fond, les frères Koller mettent un feu d’enfer et dans le pit ça tourne à l’ancienne – KDS RULEZ – ça tourne même tellement que Lou demande au public de se séparer en deux et de se foncer dedans à son signal. Ca vous rappelle quelque chose? Le braveheart des copieurs de Pleymo par exemple? c’est normal, c’est SOIA qui l’ont inventé! Bref les coreux new yorkais ont tout tué!
No Use For A Name: 4/5
Sick Of It All: 4/5

.: Dimanche 25 :.
Après le « good morning reading » de rigueur et une énième répétition des phrases cultes du week-end (« ha la chienne » ou « je lui casserais bien les reins à celle-là ») on se met en route pour la scène principale, bien décider à ne pas la quitter étant donné l’affiche annoncée.

Dillinger Escape Plan commence donc cette journée qui s’annonce pleine de finesse puisque le dimanche est traditionnellement la journée consacrée aux groupes ‘musclés’. En à peine un demi titre, la scène est un gigantesque champ de bataille. L’anarchie régnant sur scène et le style musical du groupe laisse le public quelque peu perplexe, même le pit à l’air un peu surpris par le jazz hardcore de DEP. Le clou du spectacle étant Greg (chant) qui se met à chier sur scène avant de demander qui veut recevoir le paquet. Une nana se déchaîne au premier rang, la réponse ne se fait point attendre « je sais que ça existe les petites salopes de 13 ans dans ton genre » puis le sac contenant « le paquet » s’envole en direction de la fosse. Moralité DEP me laisse toujours aussi perplexe et il est clair qu’il s’agit d’un groupe à réserver aux petits clubs et surtout aux amateurs du genre, moi je passe.
Dillinger Escape Plan: 3/5

Les anglais de Raging Speedhorn envahissent ensuite la scène avec leur hardcore bien gras. Ils arrivent en terrain conquis car le public réagi sur quasiment tous les titres The Gush et la cultissime Thumper remportant la palme du moshage intensif dans le pit. Encore un groupe à savourer dans un petit club, les 2 frères gueulent comme des putois mais le fait est que ça doit être carrément plus sympa dans une petite salle.
Raging Speedhorn: 3.5/5

Malgré leur récent changement de line-up, les petits gars d’Amen cartonnent toujours autant avec un set 100% sans concession, 100% punk. Coma America, Refuse Amen, Justified déclenche un circle pit géant, California’s Bleeding, May Day et Waiting 18 sont accompagnées par un KDS plus hardcore qui m’incite à garder mes distances avec le pit. Casey vient slammer régulièrement et quand il n’est pas dans la fosse il saute partout, fracassant le matos sur son passage ce qui lui vaut l’hostilité des organisateurs qui tentent d’écourter le set. Casey n’en a que faire et enchaîne sur Piss Virus, Holliday For you et conclut le set sur un « CK Killer » destructeur durant lequel il envoie voler des amplis en bas de la scène sous les yeux de Paul et Shawn de Slipknot.
Amen: 5/5

Pause tartiflette pendant Hundred Reasons, bah oui faut bien vivre 😉 et retour pile poil pour le début de Puddle Of Merde… Of Mudd pardon. Les 45 minutes suivantes furent d’une longueur… mon dieu… ça a été presque aussi chiant que A et pourtant faut vraiment avoir envie pour faire pire que A. Le rock grungy du groupe se laisse pourtant écouter même si tout se ressemble plus ou moins. Les attitudes et surtout la voix de Wes Scantlin ne sont pas sans rappeler un certain Kurt Cobain (RIP)… en moins bien évidemment. On aura bien sûr droit à l’infâme single Blurry avec lequel Mtv et McM nous cassent les oreilles depuis des mois. Le groupe s’est aussi permis une reprise de War Pigs de Black Sabbath qui s’est avérée être un massacre en règle. En tout cas une chose est sûre, les 36€ de KoRn avaient déjà du mal à passer, mais après ça moi je fais carrément une indigestion. Et dire qu’en plus y’a TrustCompany avec… on n’a pas fini de se faire chier le 14 septembre.
Puddle Of Mudd: 2.5/5

Le groupe suivant était d’un tout autre calibre puisqu’il s’agissait de NOFX! Après 5 minutes d’un speech anthologique de second degré le groupe attaque son premier titre et conclut par une magistrale erreur qui fera marrer Fat Mike. Le reste du concert sera à l’avenant, Eric et Fat Mike débitant conneries sur conneries entre chaque chanson. Eric chambrera Slipknot avec beaucoup d’humour avant que Fat Mike ne parte complètement en vrille sur les fringues de son compère. Sur le plan musical (parce que oui entre leurs âneries ils jouaient) ils ont sorti les grands classiques: Leave It Alone et leur géniale version de Champs Elysées. Après quoi ils se lanceront dans une tentative de record: jouer 3 chansons en 2 minutes, ce qui provoquera l’hilarité générale… le truc c’est qu’ils l’ont fait les bougres. Bref NOFX c’était la folie!
NOFX: 4/5

Après les punks gagmen on revient à quelque de plus classique avec Incubus. La setlist n’a été qu’un enchaînement de singles et de ballades reprisent en choeur par les groupies du public. Drive, Pardon Me, Make Yourself, tout a été passé en revue dans les gros cartons des 2 derniers albums. A Certain Shade Of Green sera la seule chanson de « S.C.I.E.N.C.E. » et c’est elle qui conclura le set. Il valait d’ailleurs mieux pour eux qu’ils s’arrêtent là car le pauvre Brandon n’a plus le coffre nécessaire pour la chanter correctement (ça essouffle de crier un peu). Sinon pour le reste, l’interprétation a été nickel, les zickos sont vraiment très bon, rien à dire.
Incubus: 3.5/5

Slipknot entrera ensuite en scène pour un set très très moyen. Les 2/3 du groupe n’ont pas la tête à ce qu’ils font, on relève de nombreux ratages à la gratte et le son infernal a en plus contribué à gâcher la fête. Avec 15 titres en 50 minutes, on frise le set supersonique. Déjà que Slipknot ne fait pas dans la finesse mais quand enchaîne des titres aussi bourrins à ce rythme c’est limite insoutenable (auditivement parlant bien entendu).
Ce concert à Reading ne restera certainement pas dans les annales du groupe… ni celles du festival d’ailleurs.
Slipknot: 2/5

Heureusement que la suite a relevé le niveau! 20 minutes après que les masqués aient dégagé le terrain, c’est Dexter Holland et sa bande qui entre en piste pour un set absolument monstrueux. Kids Aren’t Allright met le feu d’entrée et le karaoké géant se met en route. Tous les grands tubes d’Offspring seront repris en choeur par le public devant un groupe qui prend visiblement plaisir à être là (pas comme les autres avant). Noodles surexcité fera le guignol avec son compère au chant qui fera preuve d’une dextérité sans égal pour placer des jeux de mots en rapport avec les nouilles (‘noodles’ en anglais). Self Esteem, Come Out And Play, Want You Bad et Original Prankster déchaîneront encore plus le public. Dexter demandera également à la foule de reprendre une partie de « HOOOOOOOHOOOOOOOOHAAAAAAAHOOOOOO » comme lui seul en a le secret. Ceci dans le but de l’enregistrer pour qu’elle apparaisse sur le prochain album du groupe (c’est pas cool ça? je vais être sur le prochain Offspring! enfin moi et 80.000 autres pèlerins…). Dexter et ses cheveux bleus nous auront vraiment fait passer un très bon moment, je suis presque devenu fan (sic).
Offspring: 4/5

Et pour finir ce festival en beauté, la cerise sur le gâteau, que dis-je la chantilly sur le banana split: PRODIGY messieurs dames!
Prodigy live… ou comment transformer un festival rock en rave géante en 30 secondes max. Imaginez 80.000 personnes dans un immense pré en train de gesticuler sur Breathe, Smack My Bitch Up ou bien Firestarter le tout accompagné par un jeu de lumières exceptionnel et un son surpuissant… Que dire de plus? Prodigy quoi merde! Ha oui si un reproche quand même… c’était trop court.
Prodigy: 6/5 (et encore 6 c’est le minimum parce que ça valait bien un 8/5).

.: Retour :.
Ce Reading 2002 aura donc été un grand cru, si on oublie les affreux jojos masqués qui m’ont gâché mon dimanche, le reste aura été parfait. Voila maintenant il ne me reste plus qu’à soigner mon rhume, mes coups de soleil et mes bleus (note pour plus tard : ne plus slammer depuis une poubelle au milieu du pit).