Un an et neuf mois après la sortie du monumentale EP This Present Darkness, la chimère est de retour avec des moyens sans précédent et une ambition clairement affichée: en mettre plein la tronche à la planète entière. Durant ces 21 mois, pas mal de choses auront changé dans le groupe : un changement de guitariste et surtout la signature d’un deal avec Roadrunner Records – écurie qui compte dans ses rangs Slipknot, Machine Head et feu-Fear Factory excusez du peu.
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C’est par un beau jour de l’été 2000 que j’ai découvert par hasard ce groupe – je vous épargne les détails car certaines personnes pourraient dire que je me la pète si je racontais que c’est Stephen des Deftones qui m’a chaudement recommandé de poser une oreille sur Chimaira et donc qui fait que je vous en parle aujourd’hui. Comment ? Ca c’est vu ? Tant pis ! On n’est pas là pour parler des gens que je fréquente (quoi je me la pète ?) mais plutôt du « monstre ».

Oui messieurs-dames il s’agit bien là d’un monstre qui n’est plus ni moins que le premier rejeton de la chimère (comment je suis content de mon jeu de mot z’avez pas idée). Et donc ce premier enfant de Chimaira (prononcer ki-mai-ra ou kaï-mai-ra wiz zi akçent’) et aussi monstrueux que son vénérable géniteur.
This Present Darkness est la première offrande que nous offre le sextet de Cleveland et le moins que l’on puisse dire c’est que pour un premier essai, c’est un coup de maître.
Cet EP de 8 titres met en route la machine à claque dès la fin de la sublime intro de la chanson titre. La batterie vous assomme, les guitares sont plombées à l’uranium 235 et le chanteur/brailleur/génie Mark Hunter entre en action avec un hurlement de maniaco dépressif tout simplement flippant. La musique est sévèrement burnée mais sombre. Son ambiance est pesante et les nombreux breaks présents durant les morceaux ne font qu’alourdir l’ambiance déjà pas franchement folichonne. Le tout bien entendu ponctué de nombreux samples qui ne font qu’assombrir encore un peu plus le tableau.
Après être revenu de la séance de dédicace de la Fnac Italiens ventre à terre, je poireaute gentiment dans le blizzard devant la salle. Le concert annoncé pour 19h00 commencera en fait à 19h45 et le QI microscopique des videurs m’incite à investir les lieux qu’au dernier moment. La salle est plutôt bien remplie et la débauche de tshirts à chèvre ne laisse que peu de doute sur la star de la soirée. Mais patience, le Corey Taylor Show n’est annoncé que pour 21h, pour l’instant c’est l’heure de faire pénitence durant 45 minutes en écoutant (supportant ?) Saliva.
1993, à cette époque là, le rock “dur” n’avait officiellement rencontré le rap qu’à 2 reprises, le temps d’un titre seulement avec Aeromisth & Run DMC pour Walk This Way et Anthrax & Public Enemy pour Bring The Noise (tiens tiens ça me dit quelque chose ça). Mais ça, c’était avant.