Quatre ans et un changement de chanteur plus tard, revoilà Exodus pour un douzième opus intitulé Goliath.

Le « nouveau » chanteur n’est autre que Rob Dukes. celui-là même qui avait remplacé Steve Souza lors de son premier départ du groupe. Du coup, quoi de plus logique que de remplace de nouveau Souza par Dukes? Sorti de ça, on reste sur la tendance observée sur le précédent opus du groupe Persona Non Grata.

Exodus - Goliath

Pour résumé, on obtient peu ou prou ce qu’on attendait tout en espérant autre chose. C’est-à-dire un disque de Thrash, manquant d’excès bestial et de démesure, avec une absence marquée d’accroches mémorables. Le morceau d’ouverture et premier single, 3111, démarre avec une progression lourde et menaçante avant d’exploser en une rage Thrash, Dukes y est et féroce. Le riffing classique de Gary Holt est bien présent et reconnaissable, mais la chanson ne dépasse jamais le stade du standard. Hostis Humani Generis paraît plus percutante, rappelant les grandes heures du groupe. Avec ses riffs tranchants et ses vocaux crachés comme du venin, on se croirait revenu 40 ans en arrière. Dukes est rejoint sur The Changing Me par Peter Tägtgren (Hypocrisy, Pain), pour un titre qui débute sur festin speed dévastateur… quand soudain arrive un refrain alt-metal/rock. D’aucun diront que c’est maladroit voire hors sujet. Aussi paradoxale que ça puisse paraître, c’est le seul morceau qui a retenu mon attention.

Certains des autres passages intéressants de l’album se trouvent sur le morceau-titre, où Exodus opte pour un tempo lent et massif qui sonne comme s’il était tombé d’un camion de Sludge metal. Les riffs sont véritablement agressifs et le morceau paraît pesant. Mention à Dukes pour sa performance particulièrement intense, bien au-delà de tout ce qu’on avait entendu de lui jusqu’ici. Ils enchaînent avec le meilleur morceau de pur Thrash du disque, Beyond The Event Horizon, qui évoque un retour à l’ère Shovel Headed Kill Machine. On y trouve suffisamment d’agressivité brute et de bêtise assumée pour convaincre. Malheureusement, la suite donne l’impression d’un remplissage recyclé.

Dukes propose ici l’une de ses meilleures prestations et montre une polyvalence qu’on ne lui soupçonnait pas, côté Gary Holt on alterne le chaud et le froid niveau riffs. Il est parfois suffisamment inspiré pour rappeler ses grandes heures pour ensuite retomber dans des schémas recyclés et des clichés Thrash génériques. On peut aussi souligner le travail de Jack Gibson et sa basse qui sont étonnamment mis en avant. Tom Hunting e Lee Atlus font le job, on en attendait pas moins d’eux.
En fait ce qui pêche vraiment c’est l’écriture. Il n’y a tout simplement pas assez de morceaux impactants et/ou mémorables.

Goliath laisse cette sensation que les groupes pionniers du Thrash encore en activité sont coincés dans une sorte de bulle. Un peu comme si ils n’aiment plus trop ce qu’ils font mais le font parce qu’ils ne savent pas quoi faire d’autre. On sort un album « ok tier » tous les 3/4 ans. C’est suffisant pour occupé les fans et justifié une tournée afin de payer les factures. Un peu à l’image d’un Slayer sur ses dernières années.
Bien mais pas suffisant.