Heretic ou le retour du cloneur hongrois. Plus inspiré que jamais par ses pairs. Enfin pas tous, juste ceux qui vendent une partie de leur catalogue pour plusieurs dizaines de millions de dollars.

Vous avez peut-être manqué cette info, cette semaine Slipknot a vendu une partie des droits de son catalogue musical au fond d’investissement HarbourView Equity Partners pour la modique de somme de 120 millions de dollar. Clown et Corey sont donc devenus encore plus riches d’un seul coup. Le lien avec Ektomorf? Heretic est un album de faces B de Slipknot.

Notre quatuor hongrois, enfin surtout Zoltan, continue sur sa lancée en singeant Slipknot. Avec un certain brio il faut le dire. Si les albums précédents relevaient parfois de la copie carbone un peu bébête, Heretic laisse une impression de travail plus approfondi. Entendons nous bien, L’idée n’est pas ici de dire que nous avons un album du calibre d’Iowa. On navigue ici plutôt sur ce qui pourraient être des faces B de Vol.3. Suicide Note serait une très honnête face B du single de Psychosocial. Down qui fait suite à Suicide Note est un savant mélange de Gematria et The Blister Exists. Sans jamais atteindre le niveau qualitatif des 2 titres sus nommés – alors qu’on est déjà sur du Slipknot en baisse de régime, Down est très honnête et n’a pas à rougir de ce qu’elle propose.

Globalement l’écriture est très correcte. Les riffs sont plus basiques que ceux dont ils s’inspirent mais font parfaitement ce qu’ils doivent faire. Il me semble l’avoir déjà souligné lors de mes précédentes aventures « ektomorfiennes » mais le chant de Zoltan est bluffant. Dans le sens où le gars est capable de singer Max Cavalera, Robb Flynn et Corey Taylor avec une aisance assez bluffante. Ici il tente de s’aventurer dans un registre où Taylor est passé maître: les passages « à la Scissors » où la musique est lente et l’ambiance lourde. Le hongrois s’en sort avec brio.

Heretic est un album d’Ektomorf de plus. Pas le plus nul loin s’en faut et possiblement le meilleur depuis… que le monde est monde? Certes les hongrois partent d’assez loin mais on note par moment quelques bonnes idées qui pousseraient presque à avoir envie de les voir faire autre chose que du clonage. Presque.