Skinlab – Venomous

Parmi le pléthorique lectorat du site (sic), combien d’entre vous se souviennent de Skinlab? Ce groupe de pseudo Thrash étiqueté « nu metal » qui sévissait au début des années 2000? Allé, ne soyez pas timide levez la main.
Mouais c’est bien ce que je pensais.

Comme il manquait visiblement à beaucoup de monde, ils se sont reformés et sont de retour avec un nouvel album nommé Venomous.
Quoi de neuf sous le soleil parfois brumeux de la baie de San Francisco? A vrai dire pas grand chose.

Pour vous donner un ordre d’idée, Skinlab est à Testament ce que Carnal Forge est à The Haunted, une version encore plus basse du front, efficace mais pas original pour un sous. Venomous en est la parfaite illustration.
Le son est énorme, la guitare est grasse mais pas trop, la basse groove et Chuck Billy éructe tout ce qu’il peut. Ha oui non ce n’est pas Chuck Billy mais Steev Esquivel, au temps pour moi. Mais si Testament cherche un jour un clone vocal de Chuck, ils savent qui contacter. Bref, si le premier titre se donne des faux airs de Soulfly vieille époque avec ses percus tribales et des choeurs faussement aériens, il peine à convaincre. C’est sur Amerikill que Skinlab se montre sous son meilleur jour. La chanson ressemble furieusement à Testament période The Gathering, il y a pire comme ressemblance. Par la suite Steev et sa petite troupe s’essaieront à l’exercice du titre mid tempo avec plus ou moins de bonheur. La mayo ne prend pas, pire elle dégouline et tout semble forcé. Par 3 fois, ils tenteront de s’aventurer dans ce registre et chaque fois le résultat sera le même. Pour faire dans la métaphore agricole, Skinlab est un gros tracteur diesel qui n’est jamais aussi bon que quand il laboure et ne cherche pas à faire dans le détail, le hic c’est qu’il semble ne pas vouloir l’assumer. Sincèrement à choisir entre Demons et Far From Grace, je choisis la seconde sans hésiter. Même avec ses plans téléphonés – ne me dites pas que vous n’avez pas vu venir le mur de double à 2:22.

Alors, qu’est-ce qui différencie le Skinlab d’avant du Skinlab de maintenant? La qualité de la prod sans aucun doute. Pour le reste, nous sommes face à un album sincère et efficace mais qu’on ne sortira que les jours où l’on a envie de se faire un petit plaisir coupable.