Vous vous souvenez d’Ov Sulfur? Non? Hé bien, heureusement que je suis là.

Le groupe de Las Vegas, déjà coupable de The Burden Ov Faith en 2023, revient avec un second album sur lequel il va continuer d’explorer un registre de niche, désormais très à la mode: le Deathcore symphonique. Association qui semble contre nature et qui pourtant fonctionne. Quand elle est bien faite.

Ov Sulfur - Endless

Sur Endless, Ov Sulfur va devoir confirmer la bonne impression laisser par leur premier opus. Cela va être d’autant plus difficile que le créneau sur lequel ils évoluent s’est considérablement densifié en 3 ans. Et puis il y a un épouvantail nommé Lorna Shore. Mais vous savez quoi? Ov Sulfur n’a à priori pas peur de l’épouvantail. Ils ont, semble t-il, pas mal perfectionné le mix de leur cocktail Deathcore/Black Metal en accentuant un ingrédient pour le moins incongru: le chant clair.

Ne vous inquiétez pas, ça reste du Deathcore, il y aura des breaks ultra massifs (Evermore) et la figure imposée dès la 53ème seconde du disque lorsque Ricky Hoover lâche le traditionnel « BLEGH » sur Endless/Godless histoire de ne pas avoir le refaire plus tard.

Plus sérieusement, Ov Sulfur semble avoir trouvé son créneau avec ce Deathcore tantôt mixé avec du Black Metal – c’est selon moi là où ils excellent. Tantôt plus mélodique avec l’injection de chant clair. C’est un peu plus convenu vocalement mais ça fonctionne. Le groupe joue les équilibristes entre agression caractérisée et morceau presque cheesy.

Prenons Wither, avec son tempo lent, sonnerait presque comme une balade radio friendly si la guitare ne labourait pas autant. Tout est question d’équilibre, ici il est un peu précaire mais fait le job. Reste qu’un titre comme Vast Eternal est, pour moi, le maître étalon de ce dont est capable Ov Sulfur. Ca va vite, c’est massif, les orchestrations sont dantesques et le chant alternant growl et « voix de sorcière » est merveilleux. Et puis il y a ce son de batterie. Oui c’est triggé mais ça sonne presque comme sonnait la batterie de Nick Barker quand il était chez Dimmu Borgir (remettez-vous IndoctriNation pour comparer).

A côté de ça, même quand Ov Sulfur reste sur un Deathcore plus conventionnel mais ils le font mieux que la plupart en s’appropriant les fondamentaux du genre. A World Away en est la parfaite illustration. C’est gras, parfaitement bas du front, ça vocifère plus que de raison et le riff veut du mal à vos cervicales. On en a déjà vu des palettes comme ça et pourtant, celle-là passe sans qu’on se pose trop la question.

Au panier Whitechapel et autre Suicide Silence. Pour du Deathcore de qualité, direction le Nevada. La proposition des p’tits gars de Las Vegas est intéressante, originale et prenante. Y’a bon!