Au bout de dix albums, Heaven Shall Burn continue sa mue.

Des albums très Hardcore des débuts, puis ceux lorgnant vers le Metalcore, sans oublier la période limite Deathcore, voici maintenant qu’Heaven Shall Burn est devenu un groupe de Death. Mélodique certes, mais avec du poil au menton — comme à chaque stade de la carrière du groupe.

Heaven Shall Burn - Heimat

Car s’il y a bien une constante chez les Allemands, c’est l’absence de compromis en matière d’agressivité. Ils ne font que bouger le curseur de la quantité de mélodie qu’ils injectent dans leur musique. Pour le reste, Marcus & co mettent la machine à baffes en action par réflexe / habitude / plaisir (rayer ou pas la mention inutile). Donc sur le bien nommé Heimat — qui se traduit plus ou moins par « ville natale » — vous serez comme à la maison.

War Is The Father Of All et My Revocation Of Compliance confirment l’orientation Death mélodique tandis que Confounder et Empowerment prennent un malin plaisir à revenir aux racines Metalcore d’HSB. Pour le coup, les deux premières tapent plus juste que les deux suivantes qui sont un peu plus convenues. Cela dit, Confounder reste très sexy avec ces arrangements.

On entre ensuite dans le ventre mou de l’album — façon de parler cela va de soi. A Whisper From Above, Those Left Behind, Ten Days In May — tout ça est très sympa mais HSB semble un peu sur des rails. Arrive ensuite Numbered Days — relecture sous stéroïdes de la chanson de Killswitch Engage avec en invité Jesse Leach. Oui. Encore. S’il vous plaît.
L’album se termine comme il a commencé avec Dora et A Silent Guard. Deux chansons très agacées aux limites du Death Metal, comme pour boucler la boucle avec War Is The Father Of All et My Revocation Of Compliance.

Côté prod, je trouve que Tue Madsen a loupé son coup car elle semble manquer de patate — un comble.
Globalement Heimat est plutôt bon mais il lui manque quelques fulgurances pour en faire un grand cru.