Serait le meilleur album de BlackRain? A défaut ce sera au moins le meilleur album 206 en Haute-Savoie.

Après plusieurs années à affiner son identité entre Glam, Hard Rock mélodique et Sleaze, BlackRain revient avec Orphans Of The Light, un album qui marque une étape importante dans l’évolution du groupe français. Salué par la majorité des critiques, ce huitième opus s’impose comme l’une des réalisations les plus ambitieuses de la carrière des Haut-Savoyards.

Blackrain - Orphans Of The Light

Dès les premières notes de Dreams, BlackRain affiche ses intentions. Loin de se contenter des recettes qui ont construit sa réputation, le quatuor enrichit son univers avec des arrangements plus élaborés et une approche résolument plus mature.
On sent par moment pointer de influences dans certaines constructions mélodiques. Je pense ici notamment à Queen, ce qui permet à BlackRain d’apporter une dimension théâtrale nouvelle pour le groupe.

L’un des éléments les plus remarqués de ce nouvel album est l’arrivée du guitariste Jerem G. Bien qu’ayant rejoint le groupe en 2024, c’est le premier opus du groupe sur lequel il sévit. Son jeu flamboyant, technique mais toujours au service des compositions, insuffle une énergie nouvelle à l’ensemble. Les solos qui ponctuent des titres comme Resurrection, Disagree ou encore le morceau-titre témoignent d’une virtuosité qui renforce considérablement l’impact des chansons sans jamais tomber dans la démonstration gratuite.

Au chant, Swan livre également l’une de ses prestations les plus convaincantes. Capable de passer de passages intimistes à des envolées puissantes, il porte des compositions plus variées que par le passé. Sa voix demeure l’un des principaux atouts du groupe, donnant une identité forte à un album qui cherche constamment à repousser ses propres limites.

Parmi les autres moments forts du disque, on peut également citer Orphans Of The Light, véritable pièce maîtresse de l’album, mais aussi If This Is Love, Crack The Sky et l’émouvante Farewell, qui clôt l’album sur une note à la fois grandiose et mélancolique. Méandres De L’Instinct est aussi une intéressante nouveauté. C’est le premier titre du groupe à intégrer des paroles en français, une initiative « audacieuse » qui apporte une couleur particulière à l’ensemble.

Si on peut ergoter sur la durée de l’album qui est un poil long. La qualité de l’ensemble et notamment la richesse des arrangements, de la production et la volonté d’explorer de nouveaux territoires musicaux compensent largement cet (très) léger écueil.

Avec Orphans Of The Light, BlackRain démontre qu’il est possible d’évoluer sans renier ses racines. Plus ambitieux, plus personnel et plus abouti que ses prédécesseurs, l’album confirme la montée en puissance d’un groupe qui continue de s’imposer comme le porte-étendard du Hard Rock français sur la scène internationale.