Quinze ans que la blague dure. Et quinze ans qu’on en redemande!
D’ovni « rigo-lol » à groupe avec une certaine « street cred », Babymetal a su monter les échelons de la scène métal pour se faire une place au soleil. Place d’autant plus confortable surtout dans ce 21ème siècle où les marketeux des labels semblent faire une fixation sur les groupes à concept.
Les japonais ont été parmi les premiers à la comprendre en mettant tous les potards au max et ont réussi à imposer leur volonté au monde grâce à une musique originale et une volonté délibérée d’ignorer les conventions. « The rest is History » selon la formule consacrée.
Il paraît donc un peu étrange que Metal Forth soit autant rempli d’invités. Ce n’est évidemment pas une première – il y a déjà eu des apparitions d’artistes japonais sur les précédents albums de Babymetal. Il y a également eu Joakim Brodén (Sabaton) sur Oh! Majinai. Cela semble simplement inhabituel pour ce groupe d’empiler les gros noms sur sept des dix morceaux.
Dans l’ensemble, c’est une initiative qui fonctionne plutôt bien voire très bien.
From me to u (avec Poppy) et My Queen (avec Spiritbox) sont des collaborations parfaitement maîtrisées. J’aime enfin quelque chose en lien avec Spiritbox! Dans les deux cas, on sent que les invités ont bossé leur sujet pour créer une dynamique avec les japonaises. Le résultat est pour le moins captivant. RATATATA avec Electric Callboy est tout ce que vous attendez et bien plus encore. Les allemands en font des kilotonnes et c’est absolument jouissif.
Kon! Kon! avec Bloodywood est un véritable choc culturel. Dommage que chacun semble s’être enfermé dans sa case pour accentuer le contraste Inde / Japon.
Ceci étant, la collab’ la plus poussive est celle du paradoxe le plus absolu. Song 3 avec Slaughter To Prevail. A trop vouloir en faire, tout paraît forcé. La bête Alex Terrible face à la douceur kawaii de Babymetal. Bitch please…
Cela dit, ces quelques écueils sont largement compensés par la qualité du reste. Notamment les titres où l’on retrouve Babymetal seules. KxAxWxAxIxI est ce qui s’approche le plus du hip-hop dans leur répertoire, bien que ponctué de growls soutenu par un groove massif. Quant à Algorism et White Flame ー白炎ー, elles sont les nécessaires pauses mélodiques.
D’un côté, j’aurai aimé avoir un peu plus de Babymetal dans cet album de Babymetal. De l’autre, cette compilation de collab’ diverses et variés se révèle bien plus plaisante que prévu.
Bien que s’écartant des précédentes productions du groupe sur la forme, Metal Forth maintient le cap artistique du groupe sur le fond. Un gage de qualité au regard de la disco du groupe.



