Il y a des groupes qui vieillissent, et d’autres qui semblent simplement apprendre à mieux maîtriser leurs zones d’ombre. Insomnium appartient résolument à la deuxième catégorie.
Parmi les albums d’Insomnium, il y a ceux que j’apprécie pour leur efficacité (Anno 1696), d’autres pour leur capacité à installer une atmosphère (Winter’s Gate). Et puis il y a ceux qui réunissent les deux, au point que je me surprends à relancer certains morceaux avant même d’avoir terminé la première écoute. Netherworlds fait clairement partie de cette dernière catégorie. Insomnium trouve le bon équilibre : de belles mélodies, une mélancolie omniprésente et suffisamment de variations pour maintenir l’intérêt du début à la fin.
Ce que j’aime particulièrement chez Insomnium, c’est cette façon de construire des morceaux qui ne reposent pas uniquement sur la puissance des riffs ou la brutalité des growls. Il y a toujours une véritable recherche mélodique, une atmosphère qui s’installe progressivement et cette petite touche émotionnelle qui fait toute la différence. Netherworlds possède précisément cette qualité. On reconnaît immédiatement la patte du groupe, mais sans avoir l’impression d’écouter une simple compilation de recettes déjà éprouvées.
L’introduction The Cold Song donne le ton avec son approche solennelle, avant que Shadowlife ne vienne remettre les guitares au premier plan. Remembrance et Gleam in the Black confirment rapidement que le groupe est particulièrement inspiré. Les riffs sont accrocheurs, les mélodies parfaitement amenées et les changements d’intensité donnent du relief à des compositions qui auraient facilement pu devenir trop prévisibles. Gleam in the Black étant le single, le groupe déroule ses figures imposées. C’est bien mais il y a mieux sur l’album.
Car c’est surtout avec Pathways of the Night que l’album atteint, à mon sens, son véritable sommet. C’est tout simplement mon morceau préféré du disque. Il possède ce mélange de puissance, de mélancolie et de sens mélodique qui me fout des frissons. La composition accroche immédiatement avec ce petite motif de guitare léger. Et puis il y a cette envolée toute en maîtrise. Mais elle ne se contente pas de multiplier les passages efficaces : elle développe une vraie atmosphère et laisse suffisamment de place aux guitares pour faire leur travail. C’est le genre de titre que l’on a envie de remettre dès qu’il se termine.
Juste derrière, The Hour Grows Late mérite également une mention particulière. Avec ses huit minutes, le morceau prend le temps de développer un univers bien à lui et bénéficie de la participation de trois potos d’Amorphis : Tomi Joutsen, Tomi Koivusaari et Santeri Kallio. Une rencontre entre deux institutions du metal finlandais qui fonctionne particulièrement bien. Arch of the Sky poursuit cette belle dynamique avec une dimension épique qui colle parfaitement à l’univers du groupe.
Ethereal Sleep apporte ensuite une nouvelle dose de mélancolie, tandis que The Banished vient rappeler qu’Insomnium sait aussi sortir les muscles lorsque nécessaire. Enfin, Journey’s End clôture l’ensemble avec une approche plus contemplative. Une conclusion qui prend son temps. peut-être même trop. Paradoxalement, cet Insomnium là m’emmerde un peu. Cette dernière remarque suffit-elle à plomber le disque? Absolument pas.
Netherworlds est un disque mélancolique, puissant et particulièrement inspiré. Insonium au quasi sommet de son art. C’est beau. surtout avec un titre comme Pathways of the Night en porte étendard.




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