Avec le retour des titres d’albums en 3 mots – comme à la grande époque. Est-ce le retour du grand Dimmu Borgir?

Huit longues années se sont passées depuis le dramatique Eonian. Entre temps, Galder est parti sortir Old Man’s Child de la naphtaline. Tandis ues les deux seuls rescapés du « grand » DB – à savoir Shgrath et Silenoz – sont sortis de leur grotte et repartis sur les routes. Histoire de faire monter la sauce pour l’arriver de Grand Sperpent Rising.

Dimmu Borgir - Grand Serpent Rising

L’ascension du grand serpent est tout d’abord sonore. Dimmu Borgir sonne comme jamais aucun groupe de Black Metal n’a sonné. A vrait dire, peu de groupes ont un son pareil. Ce dernier est puissant, cristallin et d’une perfection qui n’a presque aucun sens. Chaque guitare a un son quasi parfait, la batterie est limide, les orchestrations enveloppent autant d’espace que possible et la voix de Shagrath, plus puissante que jamais, paraît presque surmixée. Pour faire simple, côté prod, Grand Serpent Rising est inattaquable.

Avoir un son de fou c’est bien, avoir les compos qui profitent au maximum de cette puissance de feu c’est mieux. Hélas c’est là que le bas blesse. Oui nous sommes probablement face au Dimmu Borgir le plus énervé depuis Death Cult Armaggedon. Encore faut-il que cet énervement se retranscrive de façon tangible pour l’auditeur. Comme par exemple avoir une envie frénétique de secouer la tête ou de taper du pied en rythme. Oui cela se produit en écoutant le grand serpent. Une fois. Deux maximum.

Factuellement, aucun morceau ne sort vraiment du lot. Grand seigneur, je vous fais cadeau d’Ascent qui est sans doute le seul titre qui va vous faire avoir un petit rictus démoniaque. Et pourtant, Ascent n’est pas exempt de tout reproche. Quand on y regarde de plus près, on est quand même sur quelque chose de très convenu. Ce qui est le principal reproche que l’on puisse faire à l’album. Tout y est « ok sans plus ». Même Eonian ou Abrahadabra ont eu au moins un morceau qui sortait du lot. Ici… zéro. Rien. Nada.

Le paradoxe est que rien n’est mauvais en soit. L’album s’écoute gentiment malgré ses
69 minutes. Bien qu’en faisant des caisses, il est relativement accessible – ce qui lui garantit un certain succès. Mais pour être très honnête, je lui donne 6 mois, 8/10 grand maximum avant que tout le monde ne l’ait oublié. J’aime bien quelques titres comme Repository Of Divine Transmutation ou Slik Minnes en Alkymist, sans que cela me donne pour autant envie d’y revenir. Peut-ton parler de « Temu Borgir » à ce stade? Non quand même pas.

Grand Serpent Rising n’est pas une catastrophe comme le fut Eonian. Il est décevant au sens où la prise de risque est minimale. Clairement je ne suis pas trop client de la direction prise par le groupe depuis quelques albums. Mais même en faisant abstraction de ça, cet album manque clairement d’ambition. Comme si les 2 tauliers s’étaient dit « on a pris un virage il y a 16 ans. Ca marché, on ne touche plus à rien ».
Quel dommage 🙁