Direction le plat pays pour découvrir un nouveau festival!
Cela fait un petit moment que le Graspop me fait de l’œil avec ses affiches à la fois si proches et si différentes de celles du Hellfest. Donc, quand ce dernier me fait comprendre qu’au bout de 15 éditions, il ne veut définitivement plus de moi en préférant accréditer EnjoyPhoenix, l’occasion est trop belle pour ne pas aller voir ailleurs.
C’est à Dessel, en Flandre – entre la décharge de déchets nucléaires et la centrale qui les produit – que se déroule depuis 29 ans le Graspop Metal Meeting (GMM pour les intimes). Il se déroule sur 4 jours, comme la plupart des gros festivals actuels – du jeudi au dimanche.
Et comme pour lesdits festivals, le camping ouvre la veille. Officiellement, ce dernier est accessible à partir de 15 h. Ayant parqué la voiture à 15 h 22 et voyant le monde déjà garé, ça a vraisemblablement ouvert bien plus tôt.
Le camping
Contrairement au Hellfest où tout le monde est dans le même zoo, il y a 2 campings au Graspop : The Crypt, plus éloigné (à un bon kilomètre du site) mais vendu pour être « plus calme », et The Boneyard, littéralement à 6/7 minutes de marche du site, mais avec l’inconvénient de ressembler à un camp de réfugiés en temps de guerre. J’ai bien évidemment opté pour ce dernier.
L’espace pour le camping étant limité, afin d’éviter une installation trop anarchique, l’orga tend une corde sur toute la largeur du site. La distance entre cette corde et la tente déjà installée est l’espace qui vous est alloué. La corde est décalée une fois cet espace rempli.
Donc, si vous êtes plusieurs, avec des tentes de belle taille et une tonnelle, l’installation peut vite devenir un challenge. D’autant que, bien entendu, c’est le premier installé qui gagne. Forcément, avec mon château, je ne peux pas lutter contre une tente 2 secondes. De fait, il est dans votre intérêt de vous mettre bien avec vos voisins dès le début afin de négocier un éventuel repositionnement des tentes. Étant seul, j’ai eu la chance d’être adopté, le temps du fest, par un trio de Belges assez particuliers. J’y reviendrai plus tard.

Au final, je réalise que je suis plutôt bien positionné dans le camping : 10 minutes de la voiture, 7/8 minutes du site, 3 minutes des sanitaires, et en bonus, de l’ombre dès 17 h. La chance du débutant.
Sachez aussi que le camping est sécurisé, avec contrôle du bracelet spécifique à l’entrée et des patrouilles régulières, aussi bien pour vérifier que votre réchaud à gaz est conforme (sinon on vous l’embarque) que pour la sécurité de tous. Le camping est aussi régulièrement quadrillé par des gens qui ramassent les détritus sur les allées et distribuent des sacs poubelles pour le recyclage. Résultat : c’est ultra propre.
Idem sur le site du festival avec le système de jeton de consigne. Au lieu de payer une ecocup 1,20 € comme au Hellfest, ici, à la pose du bracelet, on vous donne 2 jetons à échanger au bar en achetant une boisson. Quand vous mettez votre verre au recyclage, on vous rend votre jeton. Et si vous n’avez pas de jetons, on vous fait payer un supplément de 1,20 € à l’achat. Simple, rapide et efficace pour un résultat sans appel : le site est propre.
Vie sur place
Le combi, comme on l’appelle au Graspop (le pass 4 jours), coûte 309 €. Auxquels s’ajoutent 30 €/personne pour l’accès au camping, 16 € pour le parking (20 € sur place), qui sont à repayer à chaque entrée sur le parking si jamais vous décidiez d’aller faire un tour. Mis bout à bout, ça revient plus cher que le pass 4 jours du Hellfest, qui lui inclut parking et camping.
Comme les autres festivals, le Graspop est passé au cashless. Seulement, contrairement aux autres, il a une monnaie virtuelle : le skully. 1 skully vaut 3,80 € — parce que pourquoi faire un compte rond, hein ? Heureusement, la loi belge oblige à afficher les prix en euros. Ce qui fait réaliser à quel point le rapport qualité/prix est violent.
Blague à part, même les locaux trouvent le festival cher. Perso, j’ai opté pour un mix qui consistait à cuisiner le midi au camping et manger sur site le soir. Loué soit l’inventeur des pâtes 3 minutes !
Le site
Le site du Graspop est un rectangle. Il est sensiblement plus grand que celui du Hellfest mais accueille un peu moins de monde — 55 000 personnes en simultané pour le Graspop contre 60 000 pour le Hellfest. Du coup, on respire mieux, on circule sans trop de problème et l’accès aux scènes se fait sans souci, même en heure de pointe.
L’entrée sur le site se fait par un unique accès. On scanne son bracelet et on passe au détecteur de métaux. De prime abord, ça surprend. Dans les faits, on n’y fait plus attention au bout de deux passages. Malgré tout ça, c’est fluide et l’accès au site ne prend jamais plus de 30 secondes. Sauf le premier jour, où ça a pris 6/7 minutes. Mais c’était le premier jour, à l’heure de l’ouverture du site.
Le truc est tellement bien rodé que le mercredi soir, j’ai mis littéralement 30 secondes pour récupérer mon bracelet.
Les scènes sont au nombre de 5.
La North Stage et la South Stage sont les deux plus grosses. En termes de taille, elles sont équivalentes à celles de Wacken. Peut-être un peu plus grosses, mais pas de beaucoup. Les écrans y sont de belle taille et de qualité. Face à la South Stage sont installés des gradins, ce qui permet de s’asseoir et d’apercevoir au loin la scène. Apercevoir est le mot, car on est bien à 200 mètres de la scène, mais c’est le prix à payer pour être assis et à l’ombre dès 17 h 30.
Sur les côtés de « la plaine » — c’est le nom donné à l’espace qui fait face aux deux scènes — on trouve les bars, la restauration et le VIP Deck.
La Jupiler Stage (Jupi pour les intimes) est la troisième scène de plein air. Située au fond du site, elle est plus petite sans être ridicule non plus. Elle est elle aussi pourvue de gradins.
La Marquee est une scène couverte. En termes de taille, elle est plus grosse et plus longue que l’Altar et la Temple du Hellfest réunies.
La petite dernière est le Metal Dome. Elle aussi couverte, niveau taille elle est l’équivalent d’une Altar et demie, et est équipée d’un mur de LEDs en guise de fond de scène.




On trouve également l’indispensable Metal Market, la grande roue et les autos-tamponneuses — de retour cette année à la demande générale après un an d’absence —, le Classic Rock Café (le Hellfest Corner local), et plusieurs zones de restauration avec beaucoup de sièges à L’OMBRE.



Voilà, maintenant que le décor est planté, nous allons pouvoir rentrer dans le vif du sujet : les concerts.
Dernière précision, je couvre ce festival en tant que festivalier lambda. Pas de pass photo ou d’accréditation, donc les photos seront immondes. Vous êtes prévenus.
Jeudi 19 juin
La soirée du mercredi peut se résumer à partager « ma science » de la survie en fest avec deux Marseillais novices en festival, découvrir qu’un des Belges qui campent de l’autre côté de l’allée connaît le gars qui m’a tatoué le bras, et faire le guide touristique pour les voisins allemands qui veulent aller en Normandie. Hors contexte, la dernière partie peut prêter à confusion, j’en conviens.
Jeudi matin, motivé et gavé de café, direction le site pour enfin découvrir le Graspop.
Deafheaven
Deafheaven n’est pas forcément le groupe le plus simple pour débuter un festival. J’aurais préféré les voir en fin de soirée, mais peu importe. Ils avaient choisi de jouer la partie la plus énervée de leur répertoire, et c’est finalement exactement ce qu’il fallait. George est toujours aussi possédé avec son micro et tient parfaitement la scène et son public.
Belle entrée en matière.
Municipal Waste
Première traversée du site depuis le Metal Dome jusqu’à la South Stage. Bien que prenant le set en cours de route, je suis en terrain connu avec la décharge municipale. On sait où on va, comment on y va, et surtout on n’est jamais volé. Très bien.
Warkings
La version AliExpress de Powerwolf. Je ne connaissais pas, je n’ai pas vraiment envie d’en savoir plus après ce que j’ai vu. Musicalement, c’est du Power Metal générique et visuellement, c’est un gloubiboulga entre 300 et Sacré Graal. Vraiment pas convaincu.
Premier groupe oublié du festival: Alien Ant Farm.
LANDMVRKS
Leur dernier album m’a vraiment plu, du coup j’étais assez curieux de voir ce que valent les Marseillais sur scène. Je m’attendais à un groupe un peu timoré ou pas sûr de lui. À la place, j’ai un groupe carré, pro, qui connaît son job et maîtrise son sujet. C’est tellement rôdé et bien placé que s’en était presque impersonnel lors des interactions avec le public. Sinon, ça joue, le rendu des titres est excellent, et le chant, qui fait une grande partie de l’identité du groupe, est simplement parfait.
Un groupe qui mérite son succès, aussi bien sur album que sur scène. Vu le monde présent pour eux, j’arrive à me demander s’ils n’ont pas plus de succès à l’étranger qu’en France.
Death Angel
Petit détour par la Marquee pour Death Angel. Je ne m’attarderai que le temps de quelques titres, voyant que c’est toujours aussi efficace. Et accessoirement parce que j’ai eu un peu de mal à me mettre dans le mood « Thrash qui casse des bouches » à ce moment-là de la journée.
Beast In Black
Beast In Black sur scène, c’est une affaire qui roule. C’est toujours rigolo et plaisant, la seule surprise est venue de l’incorporation de titres du prochain album dans la setlist.
Motionless In White
Ça va être un des leitmotivs du festival : je prends le temps de me poser devant des groupes que j’aurais zappés en temps normal. J’ai déjà aperçu de loin MIW sans vraiment y prêter plus d’attention que pour dire « ho ça a l’air bien nase ».
Dans les faits, c’est bel et bien nase. Ça coche toutes les cases du groupe nord-américain des années 2020 : son de guitare énorme, batterie triggée jusqu’à l’absurde, mix chant clair/chant hurlé, compos avec des breaks toujours plus énormes, et le petit accessoire mode pour se différencier des copains afin de ne pas avoir l’air trop interchangeable avec Ice Nine Kills, Falling In Reverse, et j’en passe.
Ou alors, autre possibilité : je suis devenu ce vieux con dont je me moquais il y a 25 ans quand j’écoutais du Nu Metal et que je pouvais justifier l’absence de différences (relatives) entre Primer 55 et Limp Bizkit.
À vous de voir.
Soen
Cela fait un petit moment que je vois le nom du groupe sans jamais avoir pris le temps de m’arrêter et de l’écouter. Retour sous la Marquee pour quelques titres afin de découvrir Soen.
Ça a pris un peu de temps, mais j’ai fini par m’imprégner un peu de la musique du groupe. Pour du Prog’, c’est pas mal. Va peut-être falloir voir ça sur album.
Alestorm
Pourquoi me suis-je retrouvé devant ça ? Ha oui ! J’attendais que mon Belge favori, véritable encyclopédie vivante sur Iron Maiden, s’achète son 54ᵉ t-shirt du groupe parce que « tu comprends, c’est la tournée des 50 ans ». Oui ok, va faire la queue 2 h pour ton t-shirt Maiden, en attendant je vais faire autre chose.
Je ne comprends toujours pas l’engouement autour du groupe. Ok, c’est festif machin tout ça. Ok, il y a des canards géants sur scène. Mais sinon ? Autant s’écouter un Licence IV pour des chansons à boire, non ?
Du coup j’en ai oublié Paradise Lost. La boulette.
Dream Theater
Je ne m’étais pas posé devant un concert de DT depuis 2011 et le Sonisphere. Est-ce que ça m’avait manqué ? Non. Est-ce que je le referai ? Pas sûr.
De fantastiques musiciens qui font une musique incroyable, mais ce n’est juste pas pour moi. Pour un bon riff, il faut se taper des plans avec des contre-temps dans tous les sens et des solos indigestes. Je passe.
Orbit Culture
Ceux qui étaient déjà là l’an dernier savent que j’avais fait l’aller-retour dans la nuit jusqu’à Anvers (à 50 km de Dessel) juste pour eux. C’est le groupe qui m’a en grande partie décidé à venir au Graspop. Du coup, la question se pose de savoir si c’était bien ? Mais qu’est-ce que vous croyez ? Evidemment que c’était bien !
Et je n’étais visiblement pas le seul à être venu pour eux tant la Marquee était remplie. Par contre, on a vite vu ceux qui avaient fait leur devoir et connaissaient les deux nouveaux titres (The Tales Of War et Death Above Life) et les autres. En plus des nouvelles chansons, il y a eu Strangler, North Star Of Nija, The Shadowing, From The Inside, Alienated, While We Serve et Vultures Of North. Amis de la poésie, bonsoir. À chaque titre, le circle pit ou le wall of death gagnait en taille.
Si bien que de 6/7 mètres de la scène, je me suis retrouvé collé à la soundboard qui est à près de 20 mètres. Un concert dantesque bien qu’émaillé de quelques pains ici ou là et avec un son assez bof au début.
Mais factuellement, je m’en tape. La chose que je retiens est le grand sourire de Niklas sur le break de Vultures Of North où il voit la foule se séparer en deux avant qu’il n’ait eu à le demander.
« You people are crazy ».
Pertubator
La déception. Je n’ai rien aimé de ce que j’ai vu. Le choix des morceaux, l’interprétation un peu en dedans, les visuels… Sans être nul, ce soir ce n’était clairement pas pour moi.
Carcass
D’un extrême à l’autre sous la Marquee. Si elle était trop petite pour Orbit Culture, pour Carcass on ne se gênait pas. Forcément, avec Iron Maiden en face, ce n’était pas la foule. Cela dit, Carcass ne s’est pas foulé. Un peu comme au Mondial du Tatouage, ça expédiait les affaires courantes.
Iron Maiden
Comme pour AC/DC l’an dernier, il va falloir commencer à se poser la question de la retraite. Et je dis ça avec le plus grand respect pour eux.
Certes, le remplacement de Nicko McBrain par Simon Dawson a donné à Maiden un sursis, mais avec 50 ans de boutique et absolument plus rien à prouver, il n’y aurait rien de honteux à raccrocher.
Si je dis ça, c’est parce que ce concert du Graspop a été une sorte de longue agonie. Sans être honteux, c’était dur de voir ce légendaire groupe connu pour ses prestations endiablées jouer à un train de sénateur. Dave Murray fait n’importe quoi sur ses colos, Adrian Smith assure le minimum, Janick Gers continue de faire le grand écart, mais pour combien de temps encore ? Steve Harris tente de sauver les apparences et même le grand Bruce a perdu de sa superbe vocalement. N’en déplaise à mon Belge préféré, fan absolu de Maiden et avec lequel j’ai eu droit à un cours magistral sur chaque titre joué ce soir, ce qui a contribué à rendre l’expérience unique.
Côté setlist, les fondamentaux étaient là et aussi quelques purges (Rime Of The Ancient Mariner au hasard). J’ai eu mal à mon Aces High avec ce tempo rachitique. C’est d’ailleurs après celle-là que j’ai capitulé, mon dos commençant à me faire savoir avec insistance qu’il était temps d’aller se poser au calme.
Bref, Maiden n’était pas fou, mais l’important était d’avoir partagé ce moment avec mes amis.
Hatebreed
Malgré mon dos qui me traite de tous les noms, je stoppe devant une Marquee remplie plus que de raison pour jeter un œil à Hatebreed qui veut visiblement du mal à son public avec cette très teigneuse version d’I Will Be Heard. Tellement teigneuse que de l’extérieur de la Marquee, on voit des gens voler.
Hatebreed a fait du Hatebreed et mis une grosse fessée à tout le monde.
Powerwolf
J’avais vraiment très très envie de me poser devant Powerwolf pour leur donner une vraie chance. Je sais que même si leur musique n’est pas ma tasse de thé, les concerts sont beaux. Comme vous l’aurez compris, j’ai vu le concert depuis le camping. Mes pieds et surtout mon dos m’ont clairement fait comprendre que je n’avais plus 20 ans.
Powerwolf, ce n’est que partie remise.
Vendredi 20 juin
Dans une vie antérieure, il y a plus de 20 ans, j’ai tenu un site de fans sur Slipknot qui a plutôt bien marché à l’époque. Au détour d’une conversation sur Slipknot avec les trois Belges avec lesquels je campe, nous réalisons que nous avons tous une certaine maîtrise du sujet. Et je mentionne le site.
« Arrête ! TSK, c’était toi ? Sans déconner ! »
Le monde est décidément tout petit.
Pro-Pain
Parce qu’il fallait bien commencer la journée par quelque chose. C’était bien sans être transcendant. Je reste convaincu que ce genre de groupe s’apprécie mieux en plus petite salle que sur une scène aussi gigantesque.
Villagers Of Ioannina City
Groupe grec que madame passe de temps en temps à la maison. C’est du métal avec une touche de folk lorgnant parfois un peu vers le stoner. À peu près tout ce que je n’aime pas, mais en live pourquoi pas ? À vrai dire, plutôt cool. Bien qu’étant sur la plus petite scène du fest (le Metal Dome), c’était déjà bien trop grand pour eux. Mais ils ont réussi à installer leur ambiance et, avec la chaleur écrasante dehors, il y a eu ce petit instant de grâce qui a rendu le concert unique.
Myles Kennedy
« J’ai vu de la lumière. Je suis rentré. » Allégorie.
Que diable est venu faire Myles Kennedy au Graspop ? Le mec est ultra talentueux, mais en ce chaud vendredi de juin, sa musique a sonné totalement hors sujet. Bien, mais pas le bon endroit ni le bon moment.
Kim Dracula
J’y suis allé parce que le nom me faisait rire. J’aurais peut-être dû abandonner Myles Kennedy plus tôt parce que le Dome dégueule littéralement de monde. Impossible d’entrer. Je resterai donc dehors pour… mékécessé ce truc ? Je n’étais pas prêt pour ce que j’ai entendu. Ça part dans tous les sens, une sorte de mélange de Mr Bungle et d’Igorrr par certains aspects. Les conditions n’étaient pas idéales pour découvrir, mais je suis prêt à laisser sa chance au produit.
The Ghost Inside
Comme ça joue à droite, fort logiquement je m’installe à gauche pour attendre Jerry Cantrell. Je découvre donc « Le Fantôme Dedans ». Que dire ? Que dire que je n’ai pas déjà dit au sujet de Motionless In White ?
Next.
Jerry Cantrell
Le problème quand on est habitué à « l’exceptionnel » est que quand c’est juste « bien », on est déçu. Démonstration par l’exemple avec Jerry Cantrell. Son dernier passage au Hellfest fut divin. Ce concert du Graspop fut OK sans plus. D’un autre côté, le choix d’interpréter plus de titres de son répertoire personnel que de titres d’Alice In Chains, a sans doute joué aussi.
Reste que son chanteur live — un certain Greg Puciato (ex-The Dillinger Escape Plan) — est absolument insupportable.
Falling In Reverse
Clairement un des groupes parmi les plus attendus du jour. Par où commencer ? L’entrée en scène filmée depuis les backstages est pompeuse et surjouée. Quant à la prestation… par moments ça envoie très fort et à d’autres c’est pour le moins décousu. Certains gimmicks scéniques risquent d’assez mal vieillir. Comme le fait de faire semblant de partir en râlant parce qu’on est saoulé, et dire qu’on rentre « EN AMÉRIQUE », tout ça pour introduire le morceau suivant.
Tout tourne autour de Ronald et de sa personne. Pour tout dire, je suis à peu près convaincu que son ego doit avoir son propre tour bus. Le mec en fait des kilotonnes, à raison puisque ça marche. Maintenant, avoir un mur de flammes sur chaque titre et les clips qui passent en fond, c’est rigolo et ça en met plein la vue. Seulement, quand on y regarde de plus près, on relève des petits trucs intéressants. Comme cavaler partout sur scène et ensuite balancer un couplet rappé à la vitesse de la lumière, par plus de 30°, sans être essoufflé. Il y a un loup. Ou plutôt, il y a une bande. Donc oui, tout pour le show et le paraître. L’autre chose que j’ai retenue est que le colosse qui fait office de bassiste a un flow rappé correct en plus d’une voix d’ours quand il grawle.
Au final, je ne sais toujours pas quoi penser du groupe ni dire si j’aime ou si je déteste. Mais je ne suis pas tombé à la renverse pour autant.
Skillet
Un groupe qui aurait dû s’appeler Gillette. Histoire qu’on s’ouvre les veines en l’écoutant. Je les avais déjà vus de loin au Hellfest il y a quelques années et je m’étais dit que c’était l’archétype du groupe de Metal alternatif US. Avec le recul, cette analyse à chaud est toujours valable.
Par contre, ça joue, les amateurs y ont trouvé leur compte.
Jinjer
J’aime bien donner plusieurs chances aux groupes, histoire de voir si c’est moi qui loupe vraiment un truc ou pas. Ça doit bien être 3 ou 4 fois que je donne sa chance à Jinjer. Beau concert, Tatiana tient bien son public, c’est énergique, mais leur musique ne m’intéresse toujours pas.
Dethklok
De la Jupi avec Jinjer au Metal Dome de Dethklok, il n’y a qu’un pas. Donc j’anticipe et je me colle à la soundboard pour avoir la meilleure vue possible. Je croise au passage madame Hoglan — accessoirement guitariste de Dark Angel où elle joue avec monsieur.
Dès l’apparition du logo sur les écrans, on sait que la partie est gagnée. Le Dome entre dans une sorte de transe. L’intro Is Dethklok Back? défile sur l’écran, les musiciens apparaissent en contre-jour (ce sera une constante durant tout le set) et c’est parti pour une monumentale patate de forain de près d’une heure.
Les clips de chaque morceau défilent sur le mur de LEDs pendant que Brendon Small, Mike Keneally, Bryan Beller envoient la sauce alors que maître Hoglan assure le show derrière sa batterie. Le seul tout petit bémol que je mettrai est la setlist où je n’ai pas eu toutes mes favorites ce qui, vous en conviendrez, est un pur scandale. Non mais Thunderhorse en live bordel merde ! QUEL PIED !
Slipknot
Comme je suis resté voir Dethklok en entier, ce qui n’était pas le plan, j’ai loupé une grande partie de Slipknot. Je n’ai donc vu qu’Unsainted, Duality, Spit It Out, Surfacing et surtout SCISSORS. Il aura fallu que je les voie plus de 20 fois pour ENFIN l’entendre. Et elle n’a pas manqué de surprendre car une bonne partie du public s’est demandé ce que c’était que ce morceau. N00bz.
Côté performance, c’était du Slipknot assez standard qui, bien que réduit à 8 (sans Clown), a assuré le minimum syndical. Ressenti partagé par un de mes voisins de camping qui a trouvé les mots justes pour décrire la chose : « sur scène c’est toujours cool mais ça ne fait plus l’effet d’il y a 20 ans ».
Behemoth
Malgré un dos qui m’insulte avec véhémence depuis la fin de l’après-midi, je me colle face à la North Stage pour Behemoth. J’ai tenu 3 morceaux. Non seulement à cause du mal de dos, mais aussi parce que j’accroche moins aux nouveaux morceaux et que, sur scène, ça tend à être un peu toujours pareil. C’est bien entendu à ce moment-là qu’ils jouent Conquer All. Bref, pas de regrets d’être parti, d’autant que j’aurai le temps d’aller à la douche et de revenir me poser devant la tente juste pour entendre Chant For Eschaton. Parfaite conclusion à cette journée.
Samedi 21 juin
Malgré les promesses faites par mes voisins allemands de venir voir Kittie avec moi suite à un obscur pari perdu la veille, c’est seul que j’affronterai cette chaude journée de samedi. Enfin seul… mon dos n’omettra pas de se signaler à mon bon souvenir.
Kittie
Sobre, je suis sur le site à midi pour aller voir Kittie. Aucun regret. Pour être honnête, si on m’avait dit il y a 20 ans que je dirais du bien de Kittie, j’aurais hurlé de rire. Musicalement, Kittie reste Kittie : un metal un peu seconde zone, mais fait avec le cœur. D’autant que ces dames ont mûri et leur façon d’appréhender la musique a changé. Ok, Brackish reste un morceau médiocre au possible, mais sur scène, Kittie en 2025, c’est OK.
Oomph!
Les ayant vu l’an dernier à Wacken, je n’en attends rien de nouveau. A raison. C’est sympa et ça passe le temps en attendant la suite.
Unto Others
Entendu malgré moi de façon intensive à la maison quand madame fait son sport, je me suis dit qu’il serait peut-être temps de leur donner une chance en live. Vu le monde dans le Dome, a priori je ne suis pas le seul à avoir eu cette idée. À moins que les gens cherchaient juste de l’ombre.
Toujours est-il que ce metal teinté de rock gothique fait merveille sur scène. Ces ambiances, quelque part entre The 69 Eyes, Sisters Of Mercy et The Mission, fonctionnent super bien. Ok, le chanteur est aussi faux sur scène que sur album, mais l’énergie déployée par le groupe est communicative.
Je m’en serais voulu d’avoir manqué ça.
Whitechapel
J’ai redonné une chance à Whitechapel. La seule chose positive que je retire de cette expérience est que j’ai été à l’ombre de la Marquee pendant 20 minutes.
Poppy
Poppy fait partie de ces artistes dont je vois le nom « poppé » régulièrement depuis quelque temps et qui font parler d’eux. Je suis là, elle est là, alors pourquoi ne pas se rencontrer ?
Déjà, les musiciens suréquipés (basse à 6 cordes et guitare à 7 cordes), tout en noir et cagoulés, ont attiré mon attention. Je vous rappelle qu’il fait plus de 30°. Puis soudain, elle déboule sur scène avec sa petite robe façon héroïne de manga. Ok, pas de souci, c’est le concept, si la musique suit, ça peut le faire. Sauf que non.
Tout ce décorum pour au final servir un métal générique au possible, qui coche toutes les cases des prérequis du genre en 2025 (voir Motionless In White).
Et tout ça pour se barrer comme une voleuse 10 minutes avant la fin du temps imparti.
Soulfly
Cela faisait un bon moment que je n’avais pas revu Soulfly. Je crois qu’il va se passer un moment avant que je n’y retourne.
Sans mentir, j’ai pris beaucoup de plaisir à réentendre Back To The Primitive, Prophecy ou encore No Hope = No Fear. Là où ça a pêché, c’est la voix. Maxou a commencé à faiblir dès le 4ème titre. J’ai fini par lâcher l’affaire après le massacre en règle de Bleed.
The Warning
Suggérer avec insistance par un pote mexicain, je suis allé voir le trio The Warning. Aucun regret. Nos 3 mexicaines envoient un Rock burné et sincère. Ok ça ne réinvente rien. C’est juste super bien fait, ça groove c’est entraînant. Et puis il y avait cette atmosphère de fin d’après-midi étouffant, avec le soleil déclinant qui a contribué à donner une ambiance particulière à ce set. Vraiment cool.
Lorna Shore
J’aurais dû compter combien de fois j’ai fait l’aller-retour entre la Jupi et les 2 grosses scènes. Retour devant la North pour un grand moment de poésie : Lorna Shore.
Setlist ultra prévisible, mais punaise, quelle déculottée. Je pense toujours que Lorna Shore est le meilleur groupe de deathcore actuel, aussi bien en studio que sur scène. Néanmoins, malgré l’ajout de pyro et d’un nouveau setup scénique, je crois que ça aurait été bien mieux sous la Marquee.
Oh non! J’ai oublié d’aller voir Bullet For My Valentine. Oh bah zut alors. Blague à part c’était vraiment sur mon programme.
The Hu
Il fallait être en avance sous la Marquee pour voir The Hu. Je crois qu’hormis pour Orbit Culture, à aucun moment la Marquee n’a été aussi pleine.
Ils ont mis deux morceaux à poser l’ambiance. Ensuite, ce fut du billard. On peut ergoter sur le fait que ce soit (ou pas) du metal. Toujours est-il que sur scène, ça le fait. Un concert très plaisant avec une ambiance unique.
Dragonforce
Après avoir mis littéralement deux chansons pour m’extraire de la Marquee, direction la Jupi pour Dragonforce. Vu le monde, je n’ai pas eu la foi d’approcher de trop. À raison, parce qu’à vrai dire, c’était bien mais sans plus. Dragonforce a expédié son show comme on expédie les affaires courantes.
Spiritbox
J’ai redonné sa chance à Spiritbox depuis les gradins en dégustant une barquette de frites hors de prix.
Je ne suis toujours pas client de la musique du groupe. Par contre, j’ai trouvé ce concert bien supérieur à celui de Wacken l’an dernier. Courtney a mieux chanté, la communication avec le public était meilleure. Bon concert, mais pas pour moi.
KoRn
22h20, la North Stage s’éteint. Quand soudain retentissent les coups de ride immédiatement reconnaissables. Are you ready ?
Blind, Twist, Here To Stay, Got The Life, Klown, Did My Time… jusqu’à Cold, pour moi c’était un quasi sans faute. Ce p’tit Ball Tongue du plaisir ensuite… bref, pour faire court : Wacken était très bien l’an dernier, ce Graspop fut encore meilleur. Un Davis dans une forme épatante et visiblement très heureux d’être là.
Le concert du jour, haut la main.
Airbourne
J’abandonne KoRn quelques titres avant la fin pour aller voir Airbourne. Constatant en passant devant la Marquee que j’ai totalement oublié Amenra.
Airbourne semble s’être un peu calmé. Il faut dire que vu le dynamisme dont ils font preuve depuis leurs débuts, il fallait bien qu’à un moment ça baisse un peu. Bon concert néanmoins.
Pour finir la journée, j’assisterai au concert de NIN depuis le camping parce que mon dos et mes pieds commencent à me faire la tronche à cause de ce qu’ils subissent depuis 3 jours. Content d’avoir entendu The Perfect Drug, The Hand That Feeds et Closer, cela dit.
Dimanche 21 juin
Dernier jour. Motivé comme pas deux, j’ai plié tout mon barda et chargé la voiture avant 10h30. Prêt à partir si jamais l’envie/besoin s’en faisait sentir.
Crossfaith
Le temps d’attraper mon duo de Marseillais et nous voilà devant Crossfaith.
J’avais gardé un super souvenir de leur passage au Hellfest 2014, mais je n’étais pas prêt pour ça. Ça a été une des plus monumentales peignées prises en concert depuis bien longtemps. Dès The Final Call, c’était déjà le foutoir sur scène. Zero enflamme un public cramé par 3 jours de chaleur et un soleil de midi déjà brûlant avec un wall of death d’un fort beau gabarit. J’ai eu mon hymne personnel (Jägerbomb) avec le circle pit qui va bien, et puis catastrophe pendant Catastrophe : plus de son sur scène. Pas grave, Terufumi arrive sur le devant de la scène avec sa bouteille de Jack Daniels et en boit une quantité relevant de la débilité profonde et/ou de l’alcoolisme pour amuser la galerie. Bref, ça repart pied au plancher quelques minutes plus tard. Le dernier clou dans le cercueil sera la reprise de The Omen de Prodigy, version Metalcore japonais ultra énervé.
Nous sommes repartis de là en nous demandant si ce qu’on venait de voir était réel ou pas. Bon courage à tous ceux qui vont passer après ça.
Le meilleur concert du festival en ce qui me concerne. Même devant Dethklok qui avait pourtant mis la barre assez haut.
Seven Hours After Violet
J’étais curieux à leur sujet car le groupe a pour bassiste un certain Shavo Odadjian (System Of A Down). Je vous la fais courte : ce fut sans aucun doute le pire concert du festival. C’est du Metalcore médiocre joué sans conviction. Un comble quand on regarde le line-up. Entendre Taylor Barber demander au public de se réveiller quand on joue un truc aussi mauvais, c’est limite le comble. D’autant que le dit public avait l’air très réveillé devant Crossfaith, donc m’est avis que ce n’est pas le public le problème.
Ugly Kid Joe
Déception est le mot qui résume le mieux ce set d’UKJ. En roue libre totale. With’ Crane et ses compères ont expédié leur concert sans forcer leur talent. La setlist était OK sans plus.
Nothing More
Vu depuis les gradins avec une part de pizza. De toute la nouvelle génération déboulant d’Amérique du Nord, type Motionless In White, Falling In Reverse, etc., les Texans sont, avec Spiritbox, ceux qui proposent sans doute la musique la plus « originale ». Pas pour ça que j’aime cela dit.
Rise Of The Northstar
Histoire de passer le temps en attendant Power Trip, je me pose devant la Jupi avec une Jupi pour regarder ROTN. La scène est belle, le groupe bien en place. Ça envoie fort. Je sais bien qu’il faut être dans le concept du groupe au maximum, mais être en k-way / survêt’ par cette chaleur… faut vraiment pas aimer la vie.
Power Trip
Retour devant la North Stage pour toujours plus de « Texas mothafvcka ».
Que dire ? Qu’ils ne sont pas venus poser du parquet ? Euphémisme. Carré, ultra efficace, ça avoinait comme attendu. Le bémol pour moi est que la scène était bien trop grande pour eux. Le Marquee eût été selon moi plus adaptée au groupe. C’était néanmoins très cool.
Fit For An Autopsy
Parlant de trucs très cool, j’ai enfin pris le temps de découvrir Fit For An Autopsy. À voir ce que ça donne sur album, mais sur scène ça fonctionnait bien. Les ambiances étaient bien posées, la musique lisible. Vraiment bonne impression, sauf qu’après 4 morceaux c’est le drame…
… en effet, c’est pendant Fit For An Autopsy que mon dos dit « stop » définitivement. Le seul artiste restant et piquant ma curiosité est Till Lindemann. Mais il joue à 1 h du matin. Donc direction l’automobile pour retrouver mon lit et tant pis pour Heaven Shall Burn, In Flames, Judas Priest qui jouaient avant Till. Pas comme si je les avais déjà tous vus au moins… 3/4 fois chacun.
Au final…
Je suis plutôt content, voire même très content, de cette première expérience au Graspop. J’appréhendais un peu ce bond dans l’inconnu et finalement tout a été comme sur des roulettes.
Pas de chichis sur le site, on va droit à l’essentiel. Tout est pensé pour être fonctionnel et efficace. L’ambiance est très sympa — à mi-chemin entre le Hellfest pour le côté latin/festif et la rigueur germanique du Wacken pour l’orga. Mais sans les poseurs de Clisson car, comme à Wacken, les gens sont avant tout là pour les concerts.
D’ailleurs, il n’y a qu’à voir le nombre de Français présents sur place et la faible proportion d’entre eux ayant des mots positifs à l’égard du Hellfest. De là à dire qu’on crache un peu dans la soupe, il y a un pas. Mais je digresse, car en ce qui me concerne, j’ai bien envie de revenir au Graspop. À condition que l’affiche me plaise, cela va de soi.
Donc à l’année prochaine? Peut-être.
Big up à Kenny, Gus, Steph’, Adri, Louis, Elliot, Lars et ces infernaux allemands avec leurs cocktails au Jägermeister.
















































