Les divas du métal: l’envers du rêve

Parfois, en farfouillant dans les tréfonds du catalogue du service de vidéo à la demande auquel on est abonné on tombe sur des choses inattendues. Les divas du métal en fait.

Après être venu à bout des aventures de Ragnar et de ses vikings, il a bien fallu que je me trouve un truc à regarder. C’est au fin fond du catalogue d’Amazon Prime Video que je suis tombé par hasard sur ce film de 2015 dans la section « documentaires » ainsi qu’un autre sur l’assassinant de Tupac et Biggie intitulé Murder Rap.

Un formidable reportage qui reconstitue l’enquête sur le meurtre de ces 2 géants du Rap avec en point d’orgue la révélation du nom du commanditaire. Pas étonnant de découvrir que le mec a un parapluie en béton armé parce qu’il est toujours libre et assis sur sa montagne de billets… quoique bien plus discret depuis quelques années. Mais bon bref ce n’est pas le sujet.

Les divas du métal se focalisent sur le « métal à chanteuse », donc majoritairement la scène hollandaise, cependant le doc prend le soin d’élargir un peu son horizon en allant .
Au travers d’interviews et d’anecdotes personnelles, le pléthorique casting raconte ce que c’est que d’être une femme dans un milieu dominé par les hommes et parfois très macho. Là où c’est très réussi, c’est qu’à aucun moment on ne tombe dans le féminisme outrancier. Ce sont juste des personnes qui veulent juste être jugé en tant qu’artiste et pas en tant que « femme qui chante dans un groupe de métal ». Elles sont toutes unanimes là-dessus. Mais qui sont-elles? Floor Jansen (Nightwish), cheveux bleus (Arch Enemy), Simone Simons (Epica), Charlotte Wessels (Delain), Doro ou encore Anneke Van Giersbergen (The Gathering)..
Les interviews sont montés en parallèle sur un même thème. Par exemple lorsque l’on aborde la formation musicale, chacune explique sont parcours etc. Les hollandaises ont presque toutes le même cursus alors que pour les autres cela semble être venu sur le tas. Idem lorsqu’elles parlent de leur voix, de la façon dont elles s’entretiennent ou de la vie en tournée.

La plus présente à l’écran est Floor Jansen, elle s’épanche sur tout ce qu’elle a traversé pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui. De l’ascension avec After Forever à la dépression en passant par les boulots alimentaires etc. Cela permet de découvrir la personne derrière la chanteuse et le monstre de travail qu’elle semble être.

Ce qui nous amène à ce qui peut être assimilé aux faiblesses du doc. Vous l’avez compris, Floor étant la plus présente, elle monopolise la parole au détriment des autres. Ce qui a aussi pour effet secondaire de passer trop rapidement sur certains sujets qui aurait mérité comme la vie sur la route, l’avis des autres membres de leur groupe respectif (point encore une fois pas assez développé) ou simplement la façon dont elles protégent leurs voix. De même, le réalisateur avait une opportunité en or de pouvoir comparé les points de vue de plusieurs génération de chanteuses afin de voir l’évolution des mentalités – avec Doro, Floor Jansen et cheveux bleus qui sont de 3 génération différentes. Opportunité manquée et pas qu’un peu. D’autant que les interventions de cheveux bleus sont intéressantes car en tant que nord américaine son appréhension des choses diffère parfois de celle de ses consœurs européennes. De même qu’Anneke qui avec son expérience semble avoir énormément de choses à dire. Dommage qu’elles ne soient pas plus présentes dans le film.

Sans doute pas le doc le plus exhaustif qui ait été fait sur le Metal mais un de ceux qui permettent d’avoir un regard neuf sur des personnes et sur leur musique.
Est-ce que je vais soudainement écouter Epica, Delain et j’en passe? Naah faut quand même pas exagérer. Par contre voir ces nanas sur scène d’un autre œil sans aucun doute (pas de sous entendu machiste dans cette phrase – team premier degré).