L’asile est ouvert, mais l’inspiration tourne en rond.

Du black métal mélodique, des orchestrations grandiloquentes et un asile psychiatrique rempli de mauvaises intentions : Zornheym connaît la recette. Avec Descending Into Madness, le groupe suédois remonte aux origines de son univers horrifique. Reste à savoir si la musique est aussi captivante que le décor.

Zornheym – Descending Into Madness

Zornheym a toujours aimé les histoires sombres et les ambiances cinématographiques. On se souvient de certaines envolées très réussies sur The Zornheim Sleep Experiment. Ce troisième album poursuit cette démarche en explorant les origines de son institution psychiatrique fictive. Sur le papier, l’idée fonctionne : interludes, chœurs et arrangements orchestraux participent à une véritable mise en scène.

Le problème, c’est qu’à force de vouloir raconter quelque chose, le groupe donne parfois l’impression de privilégier le décorum au détriment de l’efficacité. On visite l’asile, on admire les murs, on écoute les pensionnaires hurler… mais on aimerait parfois que la musique nous secoue davantage.

Côté riffs, Zornheym maîtrise son sujet. Le black métal mélodique se mêle aux orchestrations grandiloquentes, avec une alternance de growls et de voix claires qui renforce le côté théâtral de l’ensemble.

Deus Rex affiche une certaine efficacité, tandis que Deep Below prend son temps pour développer ses ambiances. Mais cette volonté de varier les atmosphères ne suffit pas toujours à éviter les longueurs. À plusieurs reprises, les arrangements semblent vouloir souligner l’importance de chaque instant, comme si chaque riff devait absolument annoncer la fin du monde.

Le résultat reste solide, mais parfois trop chargé. À force de multiplier les effets de manche, Zornheym finit par émousser leur impact. Même la folie mérite un peu de spontanéité.

Descending Into Madness possède de vrais atouts : une identité sonore affirmée, une production soignée et un univers cohérent. Pourtant, derrière cette ambition symphonique, les compositions peinent parfois à laisser une impression durable. Le groupe maîtrise les codes du genre, peut-être même un peu trop pour véritablement surprendre.

Les amateurs de black métal mélodique (très) théâtral y trouveront sans doute leur compte. Ceux qui attendent davantage de mordant, de spontanéité et de prises de risques risquent, eux, de ressortir avec une légère frustration.