Réglé comme du papier à musique, Carpenter Brut revient 4 ans après Leather Terror et 8 ans après Leather Teeth avec le dernier chapitre de sa trilogie du cuir: Leather Temple.
Leather Teeth était rempli jusqu’à plus soif de références aux années 80, Leather Terror était quant à lui bien plus énervé lorgnant gentiment vers l’Indus et le Métal en poussant plus loin le curseur des morceaux chantés introduits sur son prédécesseur. Leather Temple se veut quant à lui un retour aux fondamentaux: que de l’instrumental et des sonorités qui renvoient à la trilogie d’EP qui ont permis à Carpenter Brut de se faire un nom.
Du coup, la question de savoir ce qu’apporte Leather Temple par rapport aux albums se pose. Ayant poncé le disque depuis près d’une semaine – les heureux élus l’ayant précommandé ont reçu leur précieux vinyle bien avant la sortie officielle – je peux dire que les premières écoutes m’ont laissé sur ma faim. Leather Temple, le titre, lorsqu’il est sorti sur YouTube m’a juste fait lâché « ha on dirait que CB est fan de Mick Gordon et qu’il a beaucoup joué à DooM ». En soit, c’est une excellente influence mais le hic c’est que quand un artiste nous a habitué à être toujours tellement au-dessus des autres que quand c’est juste « bien » on est déçu.
Sensation identique à l’écoute de l’album. She Rules The Ruins est très bien mais laisse un peu sur sa faim à cause de ce petit air de déjà vu. Idem pour Start Your Engines, j’adore mais venant de quelqu’un qui n’a cessé de repousser les limites d’un genre pourtant codifié, j’en attends plus. Et puis j’ai eu la riche idée d’écouter l’album au casque. Et là, Leather Temple a pris une autre dimension. Je ne suis toujours pas client des fins de morceaux abruptes proposées sur certains morceaux. Mais les dits morceaux ont révélés une autre facette, plus subtiles. Ici des superpositions de claviers, là des arrangements plus fins qu’il n’y paraît.
Et puis il y a ce que je considère comme le chef d’œuvre. Le morceau « plus Carpenter Brut que ça tu meurs »: Speed Or Perish. Celui où il y a tout puissance 1000. Et surtout cette montée en puissance tout au long du titre avant son envolée épique comme seul lui en a le secret. Le point de bascule se fait autour de 2 minutes 30. De bon ça devient grandiose. C’est bon on est sauvé. Le morceau est en plus accompagné d’un clip ahurissant visuellement.
A mon sens, Leather Temple est « le plus faible » des trois albums de la trilogie du cuir – toute proportion gardée. Toujours bon voire très bon. Il lui manque parfois de ce petit truc « magique » qu’ont Leather Teeh et Leather Terror – au hasard Monday Hunt pour le premier et Day Stalker/Night Prowler pour le second. De là on en revient à ce que je disais plus haut. Quand on est habitué à l’excellence et que c’est juste très bien, ça fait bizarre. Ne boudons néanmoins pas notre plaisir.
Rendez-vous très vite pour entendre ça en live surtout en prendre plein les yeux.




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