Le problème avec le voyage dans le temps, c’est que parfois on se trouve face des paradoxes temporels. Attack Attack! II en est la parfaite allégorie.

Le voyage dans le temps étant ici le vrai retour studio d’Attack Attack!. Le groupe tease son grand retour depuis 2020 à grand coup de singles et autres EPs. Pour le médiocre et pour le pire. Donc qu’est-ce qui peut mal se passer sur la durée d’un album, je vous le demande?

Pour son retour, Attack Attack! décide d’enfoncer la grande porte avec misant sur la nostalgie et une remise au goût du jour d’un genre qui a drastiquement évolué depuis le règne du crab core. En effet si Attack Attack! a toujours joué avec l’autotune et les ajouts électroniques depuis ses débuts et de façon assez originale en à l’époque, en 2025 tout ça est banal. Il en va de même avec les prods stupidement énorme. Aujourd’hui, on sait faire. En mieux.

Alors que fait-on quand on s’appelle Attack Attack! et que la niche dans laquelle on était est devenue la norme? Bah on va repiquer des idées ailleurs. C’est du côté de l’Allemagne qu’ils sont allés emprunter quelques idées. Quel groupe teuton booste son métalcore à l’EDM et l’auto dérision? Electric Callboy pardi!

L’auto dérision reste au placard, par contre les vacheries à peine dissimulées pour leurs détracteurs sont bien là. I Complain On r/metalcore étant une référence au thread reddit sur lequel ils prennent la foudre régulièrement.

One Hit Wonder en fait tellement des caisses que tout ce qui suit semble être une redite moins inspirée. C’est là que l’auto dérision d’un Electric Callboy fait cruellement défaut. La pilule serait bien mieux passée. Puisqu’on parle (encore) des allemands, Dance ne ferait pas tâche sur leurs productions récentes.

Le reste est une alternance de chaud et de froid entre titres énervées et tentatives maladroites d’éviter de ne pas faire que des morceaux qui tapent. Problème. Tout est au mieux convenu /déjà vu, au pire sévèrement daté. Là où certaines titres des EPs précédant Attack Attack! II pouvaient chatouiller une certaine fibre nostalgique, l’album casse la ficelle sur laquelle il tire dès le premier titre. A ce tarif là, il vaut mieux ressortir les albums de l’époque et tant qu’à se faire un plaisir coupable: autant taper fort et se mettre un album d’Emmure.

Attack Attack! II est donc bel et bien un album de 2010 qui s’est perdu en 2025. Comme on dit maintenant c’est « bof tier ».