L’indus made in France passe à la vitesse supérieure.
J’ai découvert HORSKH en première partie de Carpenter Brut fin 2022. Le trio avait piqué ma curiosité pour me donner envie de creuser le sujet. Avec MTNT, les Bisontins (non, ce ne sont pas de petits bisons) poursuivent le travail entamé sur BODY – leur précédent album, en poussant encore plus loin leur mélange de metal industriel, d’électro et de grunge.
Dix morceaux pour moins de 28 minutes : HORSKH n’aime pas les préliminaires. Ici, ça va droit au but, avec des compositions compactes qui préfèrent l’impact immédiat aux détours superflus.
Chez HORSKH, les machines ne sont pas là pour faire joli derrière les guitares. Elles participent pleinement à l’identité du groupe, entre rythmiques mécaniques, textures synthétiques et atmosphères cyberpunk. Sur MTNT, les riffs gagnent en agressivité, les arrangements se densifient et les influences grunge prennent davantage de place.
Le chant contribue à cet équilibre entre précision électronique et énergie viscérale. Malgré la production travaillée, la musique conserve une dimension physique qui évite de transformer l’ensemble en simple exercice de programmation.
Le trio sait également ménager quelques respirations mélodiques. Une bonne idée, car même les amateurs de cassage d ebouche les plus endurants peuvent finir par saturer lorsque tout le monde semble vouloir faire exploser les enceintes en même temps.
Dès Bad Glitch, le groupe affiche ses intentions : rythmiques percutantes, voix scandées et tension permanente. Glow accentue le versant punk et hardcore. Avec Strange Game, HORSKH lorgne vers le rock alternatif des années 1990, tandis que Twisted Flesh mise sur la frénésie et les mélodies inquiétantes.
La surprise vient de The Party Is Over, qui emprunte à la trap sombre et s’écarte des conventions habituelles du metal industriel. Un détour intéressant, qui évite à l’album de tourner en rond. Enfin, Dream apporte une touche plus aérienne avant Connected, enregistré avec Carpenter Brut. La collaboration paraît naturelle : les deux projets partagent un goût évident pour les synthétiseurs, les rythmiques puissantes et les atmosphères futuristes.
Cette diversité constitue l’un des atouts du disque. Tous les morceaux ne marquent pas avec la même intensité, mais le groupe évite la répétition qui menace parfois certains albums.
Contraction de « Mutant », le titre MTNT résume une partie des préoccupations du groupe. L’album aborde les transformations du corps, l’intelligence artificielle, l’évolution technologique et les mutations sociales qui redéfinissent notre rapport à nous-mêmes.
Cette thématique se retrouve dans la musique, où les éléments organiques et synthétiques se mélangent jusqu’à devenir parfois indissociables. HORSKH s’inscrit dans une esthétique cyberpunk familière, mais ne se contente pas d’accumuler les clichés pour donner une apparence conceptuelle à ses compositions.
La principale force de MTNT réside dans sa concision. HORSKH parvient à condenser beaucoup d’idées dans des morceaux courts, sans sacrifier systématiquement leur identité. Les arrangements sont soignés et les contrastes entre guitares et électronique donnent à l’ensemble une véritable personnalité.
Cette densité a toutefois un revers : certains titres s’arrêtent au moment où ils pourraient développer davantage leur potentiel. Les amateurs de longues progressions instrumentales resteront peut-être sur leur faim. Mais mieux vaut un morceau court qui sait où il va qu’une composition à rallonge dont la moitié sert à justifier l’autre.
HORSKH affine sa formule sans chercher à la rendre confortable. Et derrière les machines, les guitares et les rythmiques écrasantes, il y un vrai truc qui donne envie d’y revenir. Assez en tout cas pour justifier l’intérêt éveillé lors de ce concert de Carpenter Brut.



