Eastpak Resistance Tour 2002

Houuuuuuu la belle affiche que voilà! Rien que du bon hardcore avec toutes les pointures du genre et à peu près tous les styles représentés (old school avec Agnostic Front, new school avec Hatebreed etc etc). Si j’avais voulu faire la fine bouche, j’aurais ajouté Madball (RIP) et Sick Of It All mais bon… vu ce qu’il y a au menu on a largement de quoi s’occuper.


Le concert était annoncé à 17h30… ça fait tôt quand même… tellement tôt que je me pointe à 18h sans avoir rien manqué vu que c’est à peu près à cette heure-là que Born From Pain entre en scène. BFP c’est du hardcore on ne peut plus classique, par moments ça sonne old school et à d’autres ça sonne un peu comme Hatebreed, avec des morceaux plus lents et plus lourds. C’est sympatoche et ça réveille les karatékas dans le pit.

Viennent ensuite les All Boro Kings que j’attendais avec impatience. Pensez donc ! Y’a 50% de Dog Eat Dog dans ce groupe et vu que j’aime Dog Eat Dog – CQFD. Le groupe évolue dans un registre très proche de celui de DED, c’est-à-dire un hardcore avec des accents punks, très mélodique et surtout très festif, le genre de truc qui met bien la patate. Ca tranche énormément avec le BFP et le public n’accroche pas des masses. Dommage c’était bien.

Bon ceux-là je vais en parler parce que j’ai un peu de conscience professionnelle… Leur logo (rangers noires avec lacets blancs) annonce « la couleur », leur look et leurs tatouages aussi.
Bref, faisons abstractions de ça pour nous concentrer sur la musique. « Ca » s’appelle Discipline – tout un programme – et ça fait du punk/hardcore old school de chez old school. Bref c’est linéaire, ça tourne en rond, les refrains façon « oï oï oï » et les paroles genre « football rulez » ça va bien 5 minutes mais là ça saoule. Pour le coup c’est moi qui suis à 2 doigts de sombrer dans le hooliganisme.
Le « drame » c’est ce que le public répond bien à la musique du groupe et le look de certains dans la fosse ne laisse pas trop de doute quant à leurs intentions – oui ils étaient la pour faire mal.
Note : même les videurs, qui ne sont pourtant pas des lumières, ont eu l’air affligé de ce qui se passait derrière eux.

Changement de registre avec Hatebreed. L’entrée en matière plutôt musclée avec Proven fait son effet et dans le pit les corps volent. Ces messieurs ont une méchante patate et le font savoir de la plus belle des manières c’est-à-dire en enchaînant les titres presque sans temps mort. Ce qui, il faut le dire, est relativement épuisant compte tenu de leur style.
Hatebreed avait, et de loin, le son le plus massif de la soirée. Son qui convenait d’ailleurs parfaitement à leur gros hardcore au fort penchant métallique. Et que dire des zickos ? Hyper dynamiques et carrés dans leur jeu : du grand art. Jamey a une voix toujours aussi tonitruante eu égard à son petit gabarit mais quel frontman !
Le set se conclut sur une version apocalyptique d’I Will Be Hread. Ca y est ! Je l’ai enfin entendu en live ! Je peux mourir tranquille (sic).

Les avant derniers de la soirée sont les vétérans d’Agnostic Front. La musique de « Il était une fois dans l’Ouest » annonce l’arrivée de prochaine du groupe… qui est en fait déjà en scène et seul le chanteur se fait désirer. Le p’tit père Roger prend son temps et fait son entrée comme si c’était lui la star… va falloir que ça dégonfle un peu au niveau des chevilles. M’enfin…
Là ça joue old school à mort (20 ans de carrière oblige) et les compos commencent à ressentir le poids des années (à mon goût du moins). Les grands classiques du groupe sont passés en revue : I Gotta go, Fuck Guilianni, Friend Or Foe etc etc.
Le hic se situe au niveau des micros, pas assez ouverts, et des retours qui semblent foireux ce qui semble énervé le sieur Mirret. Bâclant les chansons sous prétextes du son pourrave, il sera le premier à quitter la scène en ayant l’air de dire aux roadies « je ne joue pas dans ces conditions, c’est pas assez bien pour moi » . Agno remballe donc après un set écourté de 2 titres suite au départ de Roger…
Mention spéciale à l’ami Vinnie qui a maintenu l’ambiance en faisant le guignol pendant que Mr Mirret gueulait sur tout le monde à cause de son micro défectueux.

Enfin, Biohazard concluera la soirée avec une prestation que je qualifierais de « classique ».
Les mêmes problèmes de son que ceux d’Agnostic Front surviennent. Evan et Billy font de grands signes à l’ingé pour qu’il règle le problème et c’est après un sublime ratage sur le début de Wrong Side Of The Tracks, rattrapé de main de maître par Evan, que le son devient enfin « normal ».
C’était bien, dynamique (j’ai pas compté le nombre de kilomètres parcouru par Billy ce soir), efficace mais même en puisant dans les grands classiques de son répertoire et en ajoutant quelques nouvelles compos, ça reste tout de même un peu linéaire quand on les a déjà vu auparavant.
A noter que le nouveau guitariste assure bien voir même très bien et qu’il envoie les solos même pendant qu’il slamme. Enfin le retour à un line-up stable ? peut-être… je le souhaite en tout cas.
Quoiqu’il en soit Biohazard c’est toujours aussi bon même si le groupe semble avoir un peu de mal à évoluer – tant musicalement que scéniquement. A noter que les nouvelles compos sont quand même un cran nettement en dessous de celles d’un Urban Discipline par exemple.

Voilà donc 25 euros très bien investis ! Les sets furent courts mais très intenses (environ 30-35 min/groupe), ce qui n’est peut-être pas un mal contenu du style des différents groupes. Si ça dure trop longtemps en concert ça devient vite saoulant, là ça durait pile poil ce qu’il fallait et c’était nickel chrome !
Vivement l’an prochain qu’ils reviennent avec Madball (reformé pour l’occasion)… *se met une claque* faut que j’arrête de fantasmer moi…