Aujourd’hui grande première, nous nous intéressons au cas des portugais de Gaerea et plus précisément à leur cinquième album: Loss.
Sur mon radar depuis un moment mais réellement découvert en première partie d’Orbit Culture l’an dernier, les portugais m’ont intrigué en proposant autre chose que ce à quoi je m’attendais. C’est-à-dire qu’en lieu et place d’un registre que j’imaginais être proche d’un MGLA (look oblige), je me suis retrouvé face à une version européenne de Deafheaven.
Donc après avoir mis à jour mes connaissances musicales sur le groupe, moins que l’on puisse dire au sujet de Loss est que c’est un vrai tournant stylistique.
Si les sensibilités Post Black Metal restent prédominantes histoire qu’on n’ait pas l’impression qu’il s’agit d’un groupe différent, Loss prend dans son ensemble un virage très marqué vers une « accessiblité » maximale. Quand je parle d’accessiblité, c’st selon les standards de nous autres amateurs de Metal. Cela se traduit donc par des compos résolument plus mélodiques et l’inévitable arrivée du chant clair. Je ne pousserai pas la vice jusqu’à dire que ça tire vers le Metalcore à la Bleeding Through mais vous avez saisi l’idée.
Luminary, qui ouvre l’album, est le (trop) parfait exemple. Rythmique simple et efficace sur laquelle on construit le riff du couplet, refrain catchy avec chant clair, passage énervé avant le break atmo puis on remonte dans les tours pour l’envolée finale avec un peu de blast histoire de rappeler que dans « Post black Metal » il y a « Black Metal ». Formule classique et éprouvée – copier/coller. Suivante.
Ceci étant dit, Gaerea maîtrise son sujet. Des titres comme Hellbound ou Submerged en sont la preuve. Ca sonne évidemment bien plus sexy à l’oreille que ce qu’ils ont pu produire par le passé, ça n’en reste pas moins des titres de qualité. Les parties mélodiques sont vraiment réussies et ils ont réussi à glisser dans ces titres ce petit ingrédient secret qui fait qu’on les retient.
Le hic c’est qu’avec ce changement de style, est aussi venu un polissage global du son du groupe. Gaerea sonne maintenant comme à peu près tous les groupes du genre. Las.
De fait, le dernier tiers de l’album souffre d’une impression de redite. L’utilisation abusive d’artifice d’écriture qui, si ils faisaient mouche 4 titres plus tôt, ici font surtout perdre de l’impact à Loss dans son ensemble.
Dans l’ensemble, Loss est un bon album et une bonne porte d’entrée à l’univers du groupe. Nul doute que le groupe va perdre des fans en cours de route suite à cette évolution. Cela dit il y a fort à parier qu’ils en gagneront encore plus suite à cela.
Gaerea ne sont pas les premiers et encore moins les derniers à vendre leur âme au diable pour plus de notoriété / pognon (rayer la mention inutile). Ca a plutôt réussi à In Flames donc pourquoi pas eux?




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