Mais qui voila de retour? The Haunted déboule avec un dixième album pour le moins inattendu.
Inattendu dans le sens où, après pas loin de 8 ans de silence, on était en droit de penser que le groupe avait splitté sans pour autant l’annoncer officiellement. Que nenni.
Il faut dire que pendant ce laps de temps, sans parler de la période COVID, chacun a eu le temps de faire sa vie. Jonas Björler était occupé avec At The Gates, Ola Englund a entamé une carrière de YouTuber, Patrik Jensen a fait de la pige pour The Halo Effect (entre autres), Adrian Erlandsson était lui aussi avec At The Gates et sur 1000 autres projets. En fait, il n’y a que Marco Aro qui est resté silencieux et visiblement il avait besoin de s’exprimer. Ce dernier n’ayant rien perdu de sa hargne au micro.
The Haunted ne sont jamais aussi bons que quand ils envoient ce Thrash teigneux teinté de Mélodeath. Strength In Numbers n’était pas un mauvais disque, mais donnait parfois une impression de tiédeur – surtout comparé à son prédécesseur immédiat Exit Wounds. Bien conscient de cet état de fait, pour Songs Of Last Resort – au moins dans ses premières pistes – le groupe envoie d’entrée ses morceaux les plus percutants. Warhead, Death To The Crown, Unbound sont typiquement le genre de titres sur lesquels The Haunted a construit sa légende.
Plus mélodique, To Bleed Out casse le rythme. Le tempo ralentit, intervient pour briser la brutalité ambiante, sans pour autant en diluer le propos. C’est le côté Mister Hyde du groupe que l’on retrouvera pour Letters Of Last Resort, qui conclut le disque. Comme si The Haunted s’était autorisé plus de liberté sonore ici que sur les onze titres précédents.
Plus globalement, Songs Of Last Resort est l’un des albums les plus directs de The Haunted depuis un moment – ce qui est une belle performance, étant donné que les deux précédents allaient déjà dans cette direction. Peu de temps mort : le groupe enchaîne les morceaux, avec pour seule pause une instrumentale d’une minute et demie intitulée Blood Clots, qui introduit les trois derniers titres de l’album.
La formule The Haunted, du moins de cette version du groupe, semble avoir été peaufinée et affinée jusqu’à devenir une science quasi exacte. Transformer l’agressivité en un ensemble cohérent est un art qui demande temps et maîtrise. N’importe qui peut empiler des riffs énervés, mais maintenir une cadence Thrash tout en y insérant juste ce qu’il faut de Mélodeath, c’est là que The Haunted est sans rival.
Songs Of Last Resort réutilise des recettes éprouvées mais il le fait sans jamais sombrer dans l’auto-plagiat. Un peu comme une énième renaissance pour le groupe. En espérant que celle-là dure.



