Tom Morello revient avec un quatrième album solo sur lequle, Ô SURPRISE, il fait du Tom Morello.

Avec Everyone Gets Everything They Want, Tom Morello poursuit une aventure solo qui lui permet de laisser libre cours à toutes ses obsessions. L’ancien Rage Against the Machine n’a jamais été particulièrement doué pour rester dans les cases, et ce nouvel album ne va certainement pas commencer à lui apprendre la discipline.

Morello utilise une nouvelle fois la guitare comme un véritable laboratoire sonore. Riffs, effets électroniques, textures étranges et sonorités trafiquées se croisent dans un album qui refuse de s’installer confortablement dans un seul genre.

On retrouve évidemment cette signature immédiatement reconnaissable : une guitare capable de ressembler à une sirène, à une machine à écrire ou à un instrument venu d’une autre planète. Morello ne cherche pas simplement à montrer ce qu’il sait jouer. Il cherche surtout à faire sonner les choses différemment.

L’album navigue ainsi entre rock, hard rock, influences électroniques et expérimentations plus personnelles. Une recette qui pourrait rapidement devenir indigeste chez un autre musicien, mais qui correspond parfaitement à Morello.

Surtout, il ne perd jamais de vue l’efficacité. Derrière les bidouillages et les effets, les riffs restent suffisamment accrocheurs pour que l’expérimentation ne tourne pas à la démonstration de laboratoire. Morello peut triturer sa guitare dans tous les sens : il sait encore écrire des morceaux qui restent en tête.

Avec un titre comme Everyone Gets Everything They Want, difficile de ne pas entendre une pointe d’ironie. Morello reste fidèle à son goût pour les textes engagés et les réflexions sur la société, le pouvoir ou la consommation, mais sans transformer l’album en simple discours militant.

Cette dimension donne une cohérence supplémentaire à l’ensemble. Le chaos sonore n’est jamais complètement gratuit : derrière les riffs et les effets, il y a toujours cette volonté de provoquer une réaction, que ce soit par le son, les paroles ou les deux.

L’intérêt de l’album tient finalement à cette liberté. Après plusieurs décennies passées à explorer différents territoires du rock, Morello pourrait facilement se contenter de reproduire les recettes qui ont fait son succès. Il préfère continuer à expérimenter.

Everyone Gets Everything They Want s’inscrit dans cette continuité : un disque électrique, parfois étrange, souvent direct, et surtout impossible à confondre avec celui d’un autre guitariste.