Après une décennie d’attente, Anthrax revient avec un album qui regarde autant vers son passé que vers la suite.
Dix ans. Pour certains groupes, c’est une éternité. Pour Anthrax, c’est visiblement juste le temps nécessaire pour revenir avec un nouvel album studio. Avec Cursum Perficio, le groupe new-yorkais reprend donc le chemin laissé derrière lui par For All Kings, avec onze titres qui traversent une bonne partie de son territoire musical.
Le thrash, mais pas seulement
Dès Persistence of Memory, courte introduction instrumentale, Anthrax installe une ambiance avant de rentrer dans le vif du sujet. The Long Goodbye, It’s For the Kids ou encore Everybody’s Got a Plan rappellent rapidement que le groupe sait toujours faire parler les guitares.
Le disque ne se contente pourtant pas d’empiler les riffs façon machine à remonter le temps. Anthrax alterne les morceaux directs et les compositions plus développées, avec notamment The Edge of Perfection, qui dépasse les six minutes. L’ensemble conserve cette capacité à mélanger puissance, mélodie et efficacité sans transformer l’album en simple exercice de nostalgie.
Des titres comme NYC 93, Infectious ou Watch It Go participent à cette impression d’un album qui assume son histoire sans chercher à reproduire artificiellement la jeunesse du groupe. Et puis il y a Cursum Perficio, qui donne son titre à l’album et apporte une autre couleur à l’ensemble.
Le titre de l’album signifie en latin quelque chose comme « mon voyage est terminé ». Une formulation plutôt amusante pour un groupe qui vient justement de sortir son premier album en dix ans et qui ne donne franchement pas l’impression d’avoir rangé les amplis.
Anthrax ne cherche pas à effacer les décennies passées. Cursum Perficio fonctionne davantage comme un point d’étape : le groupe s’appuie sur son identité thrash tout en laissant suffisamment de place aux morceaux mélodiques, aux changements d’ambiance et à une production plus actuelle.
Cursum Perficio laisse l’impression qu’Anthrax semble avoir atteint un sorte de plénitude. Comme si le groupe avait enfin trouver le parfait équilibre entre la première période Belladonna, la période Bush et la seconde période Belladonna.
Rien que pour ça, cet album est une pépite.




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