Electric Callboy a définitivement ouvert la piste de danse.
Electric Callboy n’a jamais vraiment choisi entre le moshpit et le dancefloor. Avec Tanzneid, le groupe allemand pousse encore un peu plus loin son mélange de metalcore, d’electro, de techno et de pop jusqu’à obtenir quelque chose qui ressemble moins à un album qu’à une soirée de festival ayant échappé à tout contrôle.
Il y a des groupes qui vieillissent. Il y en a d’autres qui mûrissent. Et puis il y a Electric Callboy, qui semble avoir décidé de devenir simultanément plus gros, plus bruyant et plus débile. Ce qui, dans leur cas, constitue plutôt une stratégie commerciale parfaitement cohérente.
Après l’énorme succès de TEKKNO, les Allemands reviennent avec Tanzneid, septième album officiellement placé sous le signe du metalcore dansant. Oui, l’expression existe. Et oui, Electric Callboy la porte avec une insolence assez désarmante.
Electric Callboy : toujours plus loin dans le metalcore électro?
La recette n’a pas changé : riffs lourds, grosses basses électroniques, synthés qui semblent sortir d’une rave allemande de 2004, refrains pop et breakdowns suffisamment massifs pour faire trembler simultanément les murs et les pistes de danse / le mosh pit (rayer la mention inutile).
Le morceau-titre donne immédiatement le ton. Tanzneid ne cherche pas à installer une ambiance : il débarque avec les chaussures de sécurité, allume les stroboscopes et demande où se trouve le bouton « encore plus fort ».
Et ça fonctionne.
C’est même le principal problème du disque : Electric Callboy maîtrise désormais tellement bien sa formule qu’elle ne surprend presque plus. Le groupe sait exactement où placer le refrain, quand faire surgir le breakdown et à quel moment les synthés doivent transformer un morceau de metalcore en tube de club. C’est extrêmement efficace. C’est aussi parfois un peu mécanique.
Il faut toutefois rendre justice à leur sens du spectacle.
RATATATA, avec BABYMETAL, reste une formidable démonstration de ce que le groupe sait faire lorsqu’il assume complètement son absence de limites. Les voix sucrées de BABYMETAL, les guitares et l’électronique d’Electric Callboy : sur le papier, c’est grotesque. Dans les faits, c’est précisément pour cela que ça fonctionne.
Même logique avec Let The Good Times Roll, où The Offspring viennent ajouter une couche supplémentaire de nostalgie rock à cette gigantesque oktoberfest sonore.
Le problème est ailleurs : une bonne partie de Tanzneid était déjà connue avant la sortie du disque. Plusieurs singles avaient été publiés longtemps auparavant, au point que l’album donne parfois l’impression d’arriver après la fête pour ranger les pintes. Les morceaux Heartclub et The Savior apportent donc davantage de sensation de nouveauté, tandis que les remixes prolongent encore l’expérience.
C’est là que Tanzneid devient intéressant.
Electric Callboy ne manque ni d’énergie ni de savoir-faire. Ce qui commence à manquer, c’est l’effet de surprise. TEKKNO avait quelque chose de presque subversif dans sa manière de prendre les codes du metalcore et de les jeter dans une boîte de nuit. Aujourd’hui, le groupe a transformé cette anomalie en marque déposée. Et lorsqu’un groupe devient identifiable en trois secondes, c’est évidemment une force. Mais c’est également une prison.
Tanzneid ressemble ainsi davantage à une célébration de l’univers Electric Callboy qu’à une véritable nouvelle étape artistique. Certains titres sont imparables, d’autres plus anecdotiques, mais l’ensemble possède cette qualité assez rare : il est pratiquement impossible de l’écouter sans visualiser une foule entière en train de sauter.
Ce n’est peut-être pas très profond. Mais personne n’a jamais prétendu que le but était de réinventer la roue.
Faut-il danser ou headbanger ? Les deux!
Tanzneid confirme qu’Electric Callboy est devenu l’un des groupes les plus efficaces de la scène metalcore moderne lorsqu’il s’agit de fabriquer de l’euphorie. Le mélange metalcore, techno, electro et pop reste leur terrain de jeu privilégié, et ils en connaissent désormais chaque centimètre carré.
En revanche, ceux qui espéraient retrouver l’effet de surprise de TEKKNO risquent de rester un peu sur leur faim. La formule est tellement bien huilée qu’elle finit parfois par sentir la recette industrielle.
Mais soyons honnêtes : si vous aimez Electric Callboy, vous savez déjà ce qui va se passer.




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