2025 n’est pas terminée que revoilà déjà The Halo Effect avec une nouvelle sortie. Cette fois-ci il s’agit d’un EP de reprises.
March Of The Unheard date de janvier et pourtant Stanne & co ressentent déjà le besoin de refaire parler d’eux. Bien qu’on ait déjà senti une légère évolution dans la musique du groupe, We Are Shadows ne donne pas vraiment d’indice sur ce que sera la suite de l’aventure.
The Halo Effect fait un choix de reprises intéressants et les fait passer à travers le filtre melodeath modernisé. Dire qu’ils jouent les morceaux « correctement » est une façon polie de dire que la plupart des titres sont interprétés avec les changements que l’on attend et qui sont les plus évidents.
Le quintet, avec toute son expérience, est conscient de ce qu’il peu et ne peut pas faire. Qu’il joue ces reprises plutôt fidèlement n’a donc rien de surprenant. Le rêve d’un passage free-jazz en plein milieu du How The Gods Kill de Danzig restera donc lettre morte. Plusieurs choix sur We Are Shadows semblent conçus pour laisser Mikael Stanne chanter plutôt que grogner, et vu son travail avec Cemetery Skyline et leurs ambitions goth-rock, les reprises ici endossent une tenue similaire dès que l’occasion se présente.
On utilise donc la voix grave et posée de Stanne comme couverture chaude dans laquelle se lover, plutôt que de le voir tenter de suivre les traces vocales des chanteurs originaux. How The Gods Kill est déjà bien ancré dans le goth-rock, et The Halo Effect amplifie ce trait, effaçant une partie de la fausse sensualité que la voix de Danzig véhiculait et renforçant la morosité pour un morceau étrange en ouverture, car il ne décolle jamais vraiment. Nulle tentative d’imiter les vocalises pseudo-Morrisoniennes qui ont fait de Danzig une caricature avec les années, mais Stanne tient parfaitement face à la tension croissante que le morceau semble construire.
C’est peut-être aussi pourquoi The Halo Effect enchaîne avec If You Were Here, ici transformé en hymne rock, plus enjoué que l’ouverture, et rendu progressivement plus heavy. Un morceau davantage chanté que growlé, et au moins à portée d’un chanteur metal si jamais on veut tenter ça au karaoke.
Comme pour March Of The Unheard, il semble que le melodeath pur jus de The Halo Effect soit réservé pour le meilleur impact, utilisé comme une ressource rare. Il faut un peu de temps, mais We Are Shadows contient bien un bon coup double taillé pour le circle pit. La reprise d’I Wanna Be Somebody de W.A.S.P. suffit à en faire un point fort au milieu des hymnes goth-rock et titres baignés de néons sombres dans lesquels We Are Shadows se transforme involontairement pendant trois morceaux sur cinq. L’enjoué et folk-metal-ish Dance With The Devil fonctionne tout aussi bien.
On revient enfin à la chanson qui donne son titre à l’EP, reprise de Shoreline de Broder Daniel. Le morceau suit la formule chère à The Halo Effect : intro semi-acoustique, suivie d’un lead et d’un riff entraînant. C’est concis et la ligne mélodique en twin guitars donne assez de peps pour qu’on manque presque les répétitions de “We are shadows” les premières fois.
We Are Shadows ne bouleversera rien, ne recontextualisera aucun morceau, mais il apportera du fun à un groupe dispersé entre de nombreux autres projets musicaux. En tant qu’addendum à March Of The Unheard, We Are Shadows est un bonus agréable.




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