Slayer – The Repentless Killogy

Voici ce qui doit être le dernier live de la dernière tournée du dieu Slayer. Ultime témoignage de la capacité de destruction scénique de ce groupe de légende du Thrash, du Metal et même de la Musique avec un M majuscule.
Voila, l’intro corpo, c’est fait. Maintenant voyons un peu le bousin dans les faits.

En apprenant la sortie de ce live un peu particulier, j’ai d’abord été méfiant, ayant toujours en mémoire le sinistre DVD War At The Warfield de 2003. Puis je me suis souvenu du concert du Hellfest 2019 et c’est ce qui m’a décidé. Si vous avez lu mon report du Wacken 2019, vous noterez que j’ai la mémoire sélective.

Aussi « sobre » dans son intitulé, son packaging que dans son contenu, The Repentless Killogy est ce qui résume sans doute le mieux le groupe et sa carrière. Quoique la cartouchière de Soundtrack to the Apocalypse est pas mal dans le genre aussi. Bref c’est d’un goût discutable mais ça met dans l’ambiance. Et le contenu est à l’avenant.
En plus du concert filmé au Forum d’Inglewood, anciennement antre des Los Angeles Lakers, le BluRay contient aussi le court métrage qui donne son nom à l’ensemble. Réalisé par BJ McDonnell, le film suit la repentance d’un jeune néo nazi qui décide de flinguer tout son ancien gang. C’est low cost, très violent, d’une morale douteuse et totalement borderline. Donc ça colle parfaitement à Slayer et son goût prononcé pour la danse sur le file d’un certain rasoir. Dispensable vous dîtes?

Le gros morceau est bien entendu le concert. En date de 2017, faut-il le rappeler, il fait globalement ce qu’on attend de lui: divertir. Oui j’ai bien dit « divertir » et pas « manger des poussins vivants » ou « éviscérer des chatons ». Même si War Ensemble ça reste War Ensemble, globalement en regardant ce live on alterne entre trépignements d’excitation et indifférence polie en fonction des titres. Là par exemple, j’ai pris le temps d’aller visiter les toilettes sans mettre pause alors que sur le Live At River Plate d’AC/DC j’ai pété 6 lattes du canapé (j’ai changé de canapé depuis).

Côté prestation, on sent que la soirée a été longue pour ce bon Tom car dès le 3eme titre (Disciple) sa voix donne déjà des signes de faiblesses. Ce qui se confirmera sur le final d’Hate Worldwide et encore plus sur Bloodline où il est l’arrache du début à la fin. Paulo la science derrière sa batterie est égal à lui même. Le loyal et dévoué « employé du mois » tous les mois finit le concert sur les rotules et sort toujours les mêmes esquives sur certains titres. N’est pas Lombardo qui veut. Quant aux 2 duettistes, leur numéro est rôdé et le concours de bites vibratos bat son plein durant tout le set. Je donne néanmoins le point à Gary Holt qui en met moins à côté que Kéké King.

Abordons enfin la partie technique de la chose.
Slayer n’est pas un groupe dans le besoin, pas plus en 2019 qu’en 2017. Pour l’anecdote, à la moitié de leur tournée d’adieu 2019 ils avaient déjà fait 10 millions de dollar de profits en produits dérivés. Bref, avec la débauche de moyens pour réaliser ce live, peut-être eut-il été judicieux de revoir certaines choses avant de valider le produit final.
Si l’image est belle, l’utilisation qui en est faite est fatigante. Le montage a beau être dynamique, il manque cruellement d’inspiration et entre 2 crises d’épilepsie (trop de stroboscope tue le stroboscope), on recycle les mêmes idées de cadrages. J’imagine que le monteur a fait avec ce qu’on lui a donné. N’empêche.
Vient enfin ce qui est pour moi le vrai gros souci de The Repentless Killogy: le son! Je sais, pour un enregistrement de concert, c’est le comble mais je vais vous expliquer ce qui cloche. Ce n’est pas le son en lui même qui est plutôt bon: c’est le mixage. L’ensemble n’a quasi aucune dynamique que ce soit sur home cinéma ou au casque si on se contente de la version audio. Les guitares se mangent le nez continuellement au point que ça en devient parfois brouillon. Pire, il leur manque le tranchant typique du groupe. C’est flagrant dès le premier titre. Idem pour la batterie. Tous les toms sonnent quasiment pareil (le break batterie d’Angel Of Death a rarement été aussi pathétique). Sacrilège ultime: la double fait un poc poc ridicule dans les tréfonds du mix.
J’ai une pensée émue pour ceux qui ont investi moult deniers dans les éditions collectors limitées du cul pour ce résultat. Comme quoi, j’ai eu raison de me méfier. Mais sans doute est-ce moi qui suit trop exigeant/grognon.

Voila, c’était Slayer dans un de ces soirs où c’est bien sans plus. Dommage que ce soir là que les caméras aient tourné. C’eut été le set du Hellfest, je peux vous dire que j’aurais épuisé mon réservoir de superlatifs débiles dès la 4eme ligne.