Wacken Open Air 2016

Pour une fois cette année, on ne prend pas les mêmes pour recommencer. Non cette année on prend « le même » pour la onzième année consécutive et on l’envoie en Allemagne.

Retour pour la n-ième fois dans le pré allemand le plus célèbre de la sphère Metal pour une édition boueuse – moins que l’an dernier toutefois, riche en rencontres, en blagues douteuses et aussi en concerts. Même si il faut bien le dire, le Wacken est un gros chat qui ronronne depuis quelques années et ce n’est pas avec ce qu’ils ont annoncé pour 2017 qui va changer la donne loin s’en faut.

Wacken 2016 poster

Etant donné la relative « pauvreté » de l’affiche, je mets des guillemets parce que je crache un peu dans la soupe, l’intérêt de ce festival réside désormais ailleurs: les gens que l’on peut y croiser. C’est ainsi que je me suis retrouvé dans le camping au milieu des tentes d’un gang de musiciens roumains aussi adorables que possédés, spécialistes en blagues innommables et pourvoyeur d’un tord boyau aussi exquis que ravageur. Nos voisins japonais en d’ailleurs fait les frais à tel point que l’un d’entre eux en a perdu son japonais c’est vous dire.

A côté de ça, l’orga a également eu la riche idée de sombrer dans la parano en interdisant purement et simplement les sacs sur le site. Autant vous dire que la perspective de me trimbaler mes 3 kilos de matos photo à bout de bras pendant 3 jours était un véritable enchantement. Heureusement, dans un éclair de lucidité, l’orga nous a fait dont du traditionnel Metal Bag (que chaque festivalier reçoit) et qui contient moult conneries à l’effigie du festival dont spécialement pour la presse une splendide capote jaune fluo à mettre sur son sac sous peine de se voir refuser l’accès au site.

FMB-2016

Autre nouveauté, le bar VIP se convertit lui aussi au cashless avant une probable généralisation du procédé à tout le festival l’an prochain.

CASHLESS-2016

Sinon il a également été question de musique avec quelques cascades, 2/3 découvertes sympas, des choses horribles, des classiques et bien entendu: de l’eau chaude à la douche du camping. Ne jamais sous-estimé l’importance d’une bonne douche après une journée à patauger dans 10 centimètres de merdasse boueuse.

Une pensée également pour Lemmy puisque Motöhead devait originellement être de la fête. Comme au Hellfest il aura ici aussi droit à un hommage, toujours avec Phil Campbell sur scène pour dire merci. Limite on va finir par lui jeter des pièces.

Motorhead-Wacken-2016

En parlant de Phil, le 3 août au soir, je comptais débuter mon festival devant le Phil Campell’s All Starr Band mais la foule et accessoirement la couche de boue ont eu raison de ma motivation. Ca commence bien.

Jeudi – 4 août

Traditionnellement, le jeudi est la journée la plus courte à Wacken et Tsjüder ne jouant que sur les coups de 19h, je passerai une bonne partie de l’après midi avec mon gang de roumains favoris à débiter du caca et discuter du festival. Il est intéressant de noter que nous avons tous plus ou moins le même point de vue sur Wacken. Point de vue que j’ai énoncé un peu plus haut. Bref. Quelques gorgées de Țuică plus tard, je me décide enfin à bouger en direction du chapiteau abritant les WET et Headbangers stage pour découvrir HO JOIE, qu’ils ont enfin viré ce putain de ring de catch de l’entre deux scène. Ca y est! On peut enfin naviguer librement d’une scène à l’autre et accessoirement, on n’est plus compressé comme des cons d’un seul côté de la tente.

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Jeudi soir pendant Iron Maiden, personne au merch, c’était le moment ou jamais.

Tsjüder
C’est donc avec Tsjüder (tchou-tchou pour les intimes) que j’ouvre ce Wacken 2016. C’est propre, efficace, les mecs dégagent quelque chose de prenant et totalement communicatif. C’est assez bluffant la façon dont on peut se laisser happer par l’ambiance d’un concert. Dommage que le son soit assez moyen. De bon augure pour le reste du festival  ce premier concert.

Immolation
Connaissant mon aversion pour le Death technique made is USA, j’allais voir les new-yorkais plus pour ma culture qu’autre chose. Le résultat a été conforme à mes attentes. Musicalement ce n’est pas du tout ma came par contre, même réduit à 3 en raison de la maladie d’un des guitaristes, ça tartine sévère et Ross Dolan tient la maison quasiment à lui seul. Impressionnant.

Marduk
La seule et unique fois que j’ai vu Marduk était en 2003 c’est vous dire… et en plus je n’avais pas aimé. J’y suis revenu en me disant « pourquoi pas » et j’ai eu raison. Ca déconne zéro, surtout avec le bon son dont ils ont bénéficié. Alternant titres ultra agressifs et d’autres plus groovy, les suédois ont varié les plaisirs pour le meilleur et uniquement pour le meilleur. Je suis loin d’être un connaisseur du groupe mais ce que j’ai vu ce soir m’a bien plu.

Iron Maiden
Ultime date de la tournée The Book Of Soul, ce concert devait conclure tout cela en beauté vu que 99% des gens présents sur le festival étaient présent devant la True Metal Stage. Le reste du site était vide, si vous aviez des courses à faire au Metal Market c’était le moment, idem pour manger.
Quant au concert ben… si je fais abstraction d’une setlist peu à mon goût, c’était correct sans plus. C’est peu de dire que j’ai déjà vu Iron Maiden en meilleure forme. Après il faut faire ce qu’ils font n’empêche que là, Dickinson qui perd sa voix plusieurs fois, des classiques un poil expédiés, je n’ai absolument aucun regret d’être parti sous la douche à ce moment là. Mais ça reste Maiden, donc au-dessus des copains même en petite forme.

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Vendredi – 5 août

Doucement le matin parce que quand on a vu le jour se lever avant d’aller dormir, il ne faut JAMAIS brusquer les choses. JAMAIS.

Des cours de cuisine... ça devient vraiment nawak ce fest.
Des cours de cuisine… ça devient vraiment nawak ce fest.

The Haunted
Zéro risque pour débuter ce vendredi, je commence ma journée avec une valeur sûre et j’ai eu bien raison. Les suédois ont déboulé tout sourire sur scène et cette bonne humeur communicative a transcendé le public (hélas peu nombreux). Aro & co ont enchaîné les titres / hits comme certains enfilent des perles. Ce petit 99 en mode cassage de genou fut un vrai régal.

Henry Rollins
Aller écouter Henry Rollins parler de tout et de rien est toujours une expérience enrichissante. Cette année ne fait pas exception, Henry a réussi à nous parler de sa rencontre avec la grand-mère de Phil Lynott (Thin Lizzy) et de sa collection de vinyles, de son passage dans la jungle d’Amérique Centrale où il s’est fait pisser dessus par des singes ou bien de sa nuit passée en Antarctique au milieu d’une orgie de pingouins avec toujours en file conducteur le réchauffement climatique. Le mec est passionnant et passionné, un vrai régal.

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Legion Of The Damned
Depuis le temps que je vois ce groupe à l’affiche ici, je me suis dit qu’il serait peut-être temps d’aller voir ce que ça vaut. D’autant plus que je n’avais rien de mieux à faire. Bon ben… voilà… Death gentiment Thrashisant pas fou, pas mauvais, juste ce chant clair totalement hors sujet mais supérieur au growl. Présence scénique assez moyenne même si ça joue. Moyen quoi.

Loudness
En général quand je fais Hellfest et Wacken et que les mêmes groupes y jouent, je ne fais pas la doublette mais cette fois-ci j’ai fait une exception. Loudness quoi! Dieu sait que je ne suis pas fan de Heavy mais la bonne humeur dégagée par le groupe était telle que je ne pouvais pas les louper. Certes le set fut un copier/coller de celui du HF mais quel pied! C’est toujours aussi fun et plaisant. Surtout quand on se trouve au milieu de l’imposante délégation japonaise qui les suit en tournée.

Entombed A.D.
Je vous la fais courte: Entombed est venu, Entombed a vu, Entombed a vaincu. Point.
Ce carnage mes amis… putain que c’était bon.

Die Krupps
Plus allemand que Die Krupps ça va être compliqué tellement le groupe officie dans un registre typiquement germanique avec moult sons électroniques et des guitares ultra massives. Pour peu qu’on ait des affinités avec des groupes comme Megaherz ou Eisbreicher, on se trouvera comme un poisson dans l’eau.
Toujours est-il que les vétérans allemands en ont mis une petite derrière la nuque à tout le monde avec ce set simplement excellent. Son énorme, groupe hyper dynamique et compos que je découvrais mais très très efficace. Typiquement le genre de set qui donne envie d’approfondir un groupe qu’on voit pour la première fois.

Ektomorf
Ou le retour du clone hongrois de Soulfly.
La seule et unique fois où j’ai vu le groupe c’était à Wacken en 2006. Depuis, je les avais ignoré volontairement parce qu’un Soulfly est amplement suffisant dans ma vie et puis cette année, je me suis dit pourquoi pas. Au début, j’ai cru que le style avait un poil évolué. Au bout de 30 secondes je me suis rendu compte que non, c’était toujours du « Soulfly like » mais en vachement plus burné/efficace. Là où Cavalera enlève des cordes, eux sont passés à 8. En résulte un son hyper massif accompagné par un groupe à la patate scénique plus que bondissante. Je n’en attendais rien, j’en suis sorti sur les rotules et très très agréablement surpris. Pas original mais ultra efficace.

Deez Nuts
Histoire de changer un peu de registre mais de rester dans le bondissant: voici les australiens de Deez Nuts – ou la minute Hardcore du festival.
A peine moins sautillant que les hongrois, nos 4 australiens ont achevés les quelques survivants du set d’Ektomorf à grands coups de moshparts. Binaire certes mais rafraîchissant par sa simplicité et son efficacité. Y’a bon!

Insidious Disease
Super groupe sur le papier et sur le papier seulement car du line-up complètement foufou annoncé, ne reste que Silenoz (Dimmu Borgir) et son charisme limité. Ca joue un Death basique et chiant. J’ai mieux à faire de mon temps que de me taper cette daube… comme aller voir Tarja par exemple.

Tarja
Vous vous doutez bien que je me suis retrouvé là sur un malentendu.
*ahem*
La castafiore n’était même pas sur scène qu’elle gloussait déjà et là, LA j’ai sur que ça allait être pénible. Abstraction faite du chant qui est ce qu’il est, il faut reconnaître qu’elle a su s’entourer de musiciens talentueux qui assurent le show quand elle est en retrait.
A noter l’apparition d’Alicia d’Arch enemy qui est venu trémousser son petit boule sur scène le temps d’un duo pour le moins incongru tant le style des 2 chanteuses sont diamétralement opposé. Distrayant à défaut d’être passionnant.

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Blind Guardian
Histoire de poursuivre dans le malaise, je continue sur ma lancée avec Blind Guardian.
C’était mou… mais mou… D’un chiant absolu. Je suis resté devant ça en attendant 1349. On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a.

1349
ENFIN! Ca y est! J’ai ENFIN vu 1349. Oui enfin parce que même si ils tournent régulièrement, je les ai aussi régulièrement loupé. Passons.
QUELLE TUERIE. Son brutal, groupe en mode destruction massive, c’était méchant et teigneux à souhait. Cette grosse grosse claque dans la face qui fait un bien fou avant d’aller se coucher.

Samedi – 6 août

Plus sage que la veille en terme d’horaire de coucher, je commencerai doucement la journée en suivant les copains une partie de la journée sans pour autant négliger mon petit planning.

Dragonforce
Après avoir vu Tarja la veille, au point j’en étais, je pouvais aussi aller voir Dragonforce. Bref… c’est toujours un joyeux foutoir sur scène. Ca joue vite, très vite, pas toujours très bien. Enfin si mais ils en mettent un peu partout et le son très très aléatoire à cause du vent ne les a pas aidé. Si on fait abstraction de la catastrophe au chant, ce fut divertissant.

Mambo Kurt
Je cite « si tu vas à Wacken et que tu n’as jamais vu Mambo Kurt, t’as loupé ta vie ».
Direction donc le Beergarden pour initiée une amie au délire kitchouille de cet ovni musical. HA ça ma bonne dame on est loin de Dragonforce, n’empêche que ce Killing In The Name à l’orgue suivi d’un circle pit au milieu des tables sur la musique de Super Mario valaient à eux seuls le déplacement. Un grand moment de nawak comme on les aime.

Symphony X
J’ai vu de la lumière, je suis rentré.
Et ressorti aussi vite.
J’ai été curieux et j’ai vite compris que ce n’était absolument pas mon truc. Pourtant niveau zickos ça gère mais stylistiquement: AU SECOURS.

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Devildriver
Retour aux valeurs sûres avec Dez & co. Hormis le fait que je n’ai quasiment reconnu personne parmi les zickos, Devildriver est venu en découdre et a mis tout le monde à genoux. Comme d’habitude si je puis dire. Fichtrement efficace à défaut de révolutionner les canons du genre.
Cette entée en matière sur End Of The line mes aïeux…

Borknagar
Je suis retourné voir Borknagar par curiosité. Si ce n’est le retour de Vortex à la basse/chant, il n’y avait à mon goût, rien de bien folichon à se mettre sous la dent. C’était bien sans plus.

Snowy Shaw
Dernier ovni du fest: Snowy Shaw. Ce multi-instrumentaliste ayant joué avec King Diamond, Merciful Fate ou encore Dimmu Borgir a piqué ma curiosité et bien qu’il y ait eu une forte chance que musicalement se soit loin de mes goûts, j’ai laissé sa chance au produit.
Et j’ai eu fort raison! Déjà visuellement parce que tous ses musiciens sont cagoulés, ensuite parce que la grille devant la batterie est un hommage évident à King Diamond, enfin parce que le mec débarque sur scène sur un monocycle électrique que l’on devine sous son grand manteau. Du coup, l’impression de voir un fantôme se déplacer sur scène était aussi originale que saisissante. La suite fut plus conventionnelle mais le mec a fait démonstration de tout son savoir faire, aussi bien capable de chanter (il va dans les aigus un trucs de malade) que de jouer de la guitare, c’était vraiment excellent. Certes on peut ergoter que son set n’est constitué que de reprises mais merde, quand c’est bien c’est bien. POINT.

Einherjer
La dernière claquasse de fessier de ce Wacken 2016: Einherjer. J’avais adoré leur dernier album, j’étais donc impatient de voir ce que ça donnait sur scène et le résultat mes amis fut au-delà de mes attentes. Son superbe, interprétation aux petits oignons, groupe hyper communicatif, tout était réuni pour que ça déboîte. Mais quel pied nom de zeus!

Steel Panther
« Qui a déjà vu Steel Panther? Cool! Alors vous ne serez pas surpris par la suite! » – en faisant un bon mot, Satchel ne pensait sous doute pas taper dans le mille « à ce point là ».
En effet, si Steel Panther est toujours aussi efficace sur scène (musicalement s’entend), « le reste », c’est-à-dire les vannes et tout le foutoir auquel ils nous ont habitué, sent le réchauffé. L’effet de surprise n’y est clairement plus, pire le set devient trop bavard et vire presque à l’auto-parodie tellement les mecs cherchent à faire de bonnes vannes. Quant au coup de faire monter des nanas sur scène en espérant qu’elles montrent leurs nichons ou se roulent des pelles, la première fois c’est très drôle, la seconde on sourit, la troisième on finit par être embarrassé pour la pauvre fille au physique un peu plus ingrat que les autres qui a eu le malheur d’ouvrir son décolleté pour avoir un peu d’attention.
Bref, messieurs: parlez moins, jouez plus.

Cette année, exceptionnellement, je lèverai le camp le samedi soir, Aura Noir ayant annulé à la dernière minute, ayant déjà vu Twisted Sister au Hellfest et n’ayant pas vraiment envie de rester jusqu’à pas d’heure pour voir un set insipide d’Arch Enemy (ce que le replay sur Arte confirmera), plus rien ne me retenait en terre teutonne donc: go maison!
Peut-être à l’année prochaine (ou pas), certains festivals ayant déjà annoncé Bloodbath, il se pourrait que j’aille voir si la boue est moins collante ailleurs. Je sais ça fait 4 ans que je le dis mais c’est plus que jamais d’actualité!

Pour conclure, je vous ai mis une petite capture d’écran du prix du ticket pour l’édition 2017. L’argument pour cette augmentation de près de 30€ est qu’il faut entretenir les chemins du camping à cause des gens qui viennent en camping car. Et la marmotte hein…

wacken2017

A l’heure de la publication de ce report (26 août), le WOA 2017 n’est toujours pas complet, une perf’ depuis 5 ans où il affichait complet moins de 12 heures après la mise en vente des places.

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