Wacken Open Air 2010

Et de 6! 6 Wacken (le cinquième de suite) et je ne m’en lasse toujours pas, même si je commence à me faire vieux pour ses conneries. Mais quand on aime…
Cette année l’affiche est aguichante, de quoi contenter tout le monde et tous les jours y compris avant même le début des hostilités puisqu’Apocalyptica c’est offert un concert surprise sur le bus Red Bull le mercredi après midi afin de faire la promotion de leur nouvel album, ce qui leur vaut d’être présent sur le tshirt officiel de cette année, au contraire d’Iron Maiden qui pour une raison inconnue ne figure que sur le tshirt dédié à la « Night To Remember » du jeudi.

wacken-2010

Prévu initialement avec un temps maussade, il aura en fait beau et chaud… très chaud. Les nuits auront été à peine plus fraîches. Mais ce qui devait arriver arriva, il s’est mis à pleuvoir à 1h30 du matin le samedi soir. Paie ton repliage de tente trempée.

Jeudi 5 août

Journée courte sur le papier mais chargée dans les faits puisque 3 morceaux de choix étaient au menu.

Initialement j’avais prévu de rester devant Alice Cooper plus longtemps qu’au Hellfest. Je suis resté 4 titres soit un de plus qu’au Hellfest. Pourquoi? A cause d’un monde pas possible et d’un son franchement pas top. Sachant qu’en plus ça a commencé avec une bonne demi-heure de retard… Le concert en lui même était pas mal mais de quoi me motiver plus que ça.


Mötley Crüe était une découverte pour moi. Je pensais juste faire quelques photos et ne pas m’attarder plus que ça mais en fait… ben je suis resté tout le concert! Pensez-donc, avec une petite place à la barrière, il eut été criminel de partir, surtout vu la prestation d’ensemble du groupe!
Gros son, setlist sympa et groupe qui connait son métier, tout ce qu’il fallait pour passer un agréable moment. Alors certes, ce n’était pas un modèle de perfection niveau musical – Mick Mars abusant des effets pour cacher la misère – mais comment résister au combo final Dr Feelgood / Girls Girls Girls?


Ayant en mémoire le souvenir de 2008 où la foule compacte nous avait fait très peur, nous avions décider de voir Iron Maiden de loin.
Ce fut une bonne idée car au moins nous avons pu partir rapidement. En effet au bout de 6 titres d’une setlist ennuyeuse à mourir nous avons mis les voiles. Certes nous étions prévenu que la setlist serait orientée sur les albums récents du groupe avec en prime Eldorado, titre du nouvel album prévu pour la rentrée (chanson qui passe d’ailleurs plutôt pas mal en live) mais pour le reste… moi qui reste un inconditionnel des « classiques » de Maiden, je suis resté sur ma faim.
J’en ai même oublié d’aller voir Gojira qui jouait en même temps c’est pour dire. Enfin d’après les allemands qui campaient à côté de nous, le set de Gojira fut énorme.


Vendredi 6 août

Ma grosse déception du fest fut le set d’Amorphis. Ayant écouté leur live juste avant de partir, j’avais reçu comme une douche très froide tant ça sonnait mou et faux. Confirmation de visu en ce chaud vendredi matin. Tomi chante faux sur les parties claires, le chant death est poussif, quant aux autres ça manque cruellement de pêche, de présence et c’est parfois tout juste « juste » niveau interprétation.
Amorphis a des titres merveilleux sur album mais les massacre en live. J’ai eu très très mal en entendant Silver Bride et Sky Is Mine m’a fait tourné les talons (c’était le 4eme morceau). J’ai suivi de loin le reste du carnage… bien m’en a pris car je crois que je leur aurais lancé mon verre tellement The Smoke a été annihilé.


Plus tard dans la journée jouait Voivod, légende québecquoise du thrash qui honore enfin Wacken de sa présence 18 ans après une première tentative avortée suite un accident de bus. Le moins que l’on puisse dire c’est que les anciens ont de l’énergie à revendre! Ca bouge, ça envoie et en plus ça joue propre! Certes on sent un peu le poids des années mais la bonne humeur générale et le plaisir visible sur les visages des musiciens étaient communicatif. Du pur plaisir pour tout le monde.


Die Apokaliptischen Reiter jouait en même temps que Voivod, inutile de vous dire de quel côté allait la préférence des allemands… Egaux à eux même Die Reiter ont proposé un grand moment de nawak avec leur habituel barda scénique. Le public a bien entendu répondu présent à chaque sollicitation mais globalement j’ai trouvé ça un peu plus fadasse qu’il y a 3 ans, ce qui n’enlève cependant rien à la qualité du set proposé.


Aller voir Tarja n’était à la base pas dans mes projets mais comme toujours en festival, il y a ces petits moments d’imprévus qui font les grands souvenirs. C’est donc dans un grand moment d’inconscience collective que nous sommes allés voir ce qu’avait à nous proposer la cantatrice.
En dehors du fait qu’elle chante trop haut par rapport à ce que jouent ses musiciens, il faut tout de même reconnaître qu’elle a de la voix… et une sacrément belle voix – je ne m’étendrais pas sur son physique. Musicalement ce qu’elle fait s’écoute, ça ne casse pas des briques mais j’ai connu largement pire. Mon seul petit regret sera de ne pas avoir eu droit au cultissime Wishmaster de qui vous savez… oui parce que bon on n’allait quand même pas passer la soirée devant Tarja non plus.


Pendant que la castafiore donnait de la voix sur la Party Stage, la poétesse Angela délivrait son petit show avec Arch Enemy sur la Black Stage. J’ai trouvé ça nettement meilleur que l’insipide show du Hellfest, l’air du pays peut-être…
Quoiqu’il en soit un concert d’Arch Enemy ça réserve peu de surprises: ça envoie du petit bois et basta.


De Slayer je ne pourrais hélas pas vous dire grand chose. Je n’ai vu que 4 titres, j’ai ensuite perdu pied à cause d’un taux d’alcoolémie trop élevé (le Jägermeister c’est mal, surtout pur).
Je suis déçu de ne pas avoir (re)vu Slayer, resté sur ma faim que j’étais après le set somme toute moyen du Hellfest… mais je ne peux m’en prendre qu’à moi.


Samedi 7 août

Monster gueule de bois in progress, le réveil et la matinée ont été… comment dire? Hard.

Attention, légende du death metal en approche: Unleashed!
Suite à la lecture de l’excellent livre « Swedish Death Metal« , je suis pris d’une soudaine envie de voir plein de groupes de death formé « à la grande époque » du death suédois, je ne pouvais donc pas manquer Unleashed! Et ben c’est la claque! Dans ce style si caractéristique que seule la Suède a pu nous pondre, Unleashed envoie du lourd. Inutile de me demander une quelconque setlist, je découvrais le groupe. Tout ce que je peux dire que le père Hedlund tient une forme assez épatante et ce, malgré des douleurs au dos récurrentes ces derniers temps.


Certainement le volume sonore le plus élevé de tout le fest, ça jouait tellement fort qu’il fallait être pile en face la scène pour entendre autre chose qu’une infâme bouillie d’infra basse.
A côté de ça, Overkill a sorti une prestation au moins aussi grosse que ce que crachait les enceintes. Les anciens ont montré qu’ils avaient encore la patate en enquillant brûlot thrash sur brûlot thrash. Même si j’ai beaucoup de mal avec la voix de Bobby Blitz, ça joue et ça joue fort, très fort, trop fort.


Lock Up c’est un peu le Bloodbath du grind, un groupe au line up de fou furieux qui connait son affaire et qui met tout le monde d’accord, et pourtant dieu sait que le grind ce n’est pas ma tasse de thé. Mais qui cracherait sur une petite heure de set avec sur scène Nick Barker, Shane Embury, Tomas Lindberg et Anton Reisenegger (qui remplace feu Jesse Pintado)?
Lindberg avait la moelle (bien plus qu’avec At The Gates ici même il y a 2 ans), plaisantant avec « Mister Barker » entre les titres et gesticulant dans tous les sens au point de ne plus en avoir de souffle. Embury a été égal à lui-même sobre et carré et Barker m’a fait une bien meilleure impression qu’avec Demi Burger en jouant vite et propre, rien à dire non plus sur Reisenegger… Bref ce fut exquis si je puis dire.


WASP m’avait mis une petite claque à la fin de l’année dernière lors de leur passage à l’Elysée Montmartre. Mine de rien ça jouait plutôt bien et on se laissait volontiers prendre au jeu. Et bien figurez-vous que ça à encore été le cas lors de ce Wacken. Zickos déchaînés, Blacky avec son look toujours aussi improbable (non mais les bottes quoi) et une voix clairement de retour ont très vite mis le feu à ce début de samedi soir!
Certes les fans trouveront à redire sur la setlist qui au final n’a comporté qu’un seul titre du dernier album mais globalement tout le monde était content, et c’est bien là le plus important.


Cannibal Corpse a fait du Canniboule.
Que dire de plus? quand on les a vu une fois, on les a vu 100 fois.
Ca bouge pas, ça joue et… ben c’est tout.
A noter un son simplement parfait à tous les niveaux durant leur set.


Edguy j’avoue que j’y suis allé pour rire (un peu comme pour Tarja), et au final même si je ne connais rien du groupe, j’ai été séduit.
Tobias connaît son affaire et comme en plus il joue en terrain conquis, il en a fait des caisses. Résultat: un superbe set, fun et entraînant qui se laisse regarder avec plaisir.


Le grand retour de Scooby-Doo!
Babbath & co sont de retour sur la Black Stage de Wacken 3 ans après leur dernier méfait et le retour en terre teutonne d’Immortal est pour le moins mitigé.
Ils font toujours les clowns – Abbath le nez dans la caméra en train de faire des grimaces c’est priceless, Apollyon qui se met lui aussi à faire le crabe ça vaut des points mais… mais Abbath est toujours aussi peu carré, la communication avec le public fut réduite au strict minimum et surtout la setlist fur pour le moins surprenante. Faisant la part belle (à juste titre) à All Shall Fall (4 morceaux), on s’est retrouvé avec pas moins de 3 titres de Sons Of Northern Darkness (Tyrants est passée à la trappe) et seulement 2 vieilleries (Damned In Black et Withstand The Fall Of Time). C’est bien mais j’avais encore en mémoire leur précédente sortie ici même là pour le coup je reste sur ma faim. Ca aurait mérité un ou deux titres de plus.
Je devais initialement aller voir Candlemass qui jouait en même temps mais comme on m’a gentiment offert une place à la barrière pour que je puisse faire des photos… et ben je suis resté.


Avoir 6 Wacken au compteur et ne jamais être allé voir Mambo Kurt c’est limite pêché!
Cette monumentale erreur est désormais réparée et risque de bien devenir aussi rituelle que notre venue dans la nordique campagne teutonne. Mambo Kurt c’est quoi c’est qui? C’est une espèce de fou furieux au look douteux qui reprend des classiques de la pop, du rock, du rap, de la dance, bref de la musique populaire avec un orgue ou un clavier Bontempi. Où peut-on voir l’animal? sur la scène du Beer Garden le soir en général en milieu de soirée. Et il faut arriver tôt car le bestiaux à un succès monstre! Car pour voir quelque chose si vous n’êtes pas dans les premiers, il vous faudra être debout sur une table pour entendre des reprises cultissimes comme du Dr Alban, Kriss Kross (oui oui JUMP JUMP) ou bien encore la légendaire Ice Ice Baby de Vanilla Ice. Quand même…
Et en général çase termine par la destruction à coup de masse du clavier suivi d’un distribution des restes de l’instrument.


Fear Factory m’avait fait très forte impression au Hellfest. Là l’impression est un peu moins bonne. Autant j’avais pris une méga claque à Clisson, autant là j’ai vu un concert routinié bon mais sans plus, chacun assurant le minimum syndical. Ajouter à cela une setlist modifiée et un peu moins emballante que celle de Clisson, sans parler d’une fine pluie glaçante et la fatigue d3 jours de gros son et vous comprendrez pourquoi ce dernier concert du Wacken 2010 me laisse un petit goût d’inachevé.
Tiamat est également passé à la trappe exactement pour la même raison que Candlemass. J’avoue que finalement je regrette un peu de ne pas y être allé, je voulais voir les 2 pour les mêmes raisons qu’Unleashed d’autant que Tiamat jouait Wildhoney dans son intégralité pour la première (et sans doute dernière) fois, disons que ce n’est que partie remise.

Ce Wacken 2010 aura été un grand cru à tous les niveaux. Ambiance de feu, des imprévus de toutes sortes et de la musique qui bute. Je vais me paraphraser d’une année sur l’autre mais « ce fest, je crois que j’irais même si l’affiche était abominable juste parce que Wacken est Wacken ». Et puis avec ce qui est déjà annoncé pour l’an prochain, comment dire non, hein?

Big up à la Wacken Team qui a fait honneur à son rang bien qu’amputée de 2 membres (vous nous avez manqué les loulous). Rendez-vous l’an prochain!