Wacken Open Air 2006

Ha quelle était belle l’affiche du Wacken 2006… un peu comme tous les ans d’ailleurs. C’est à se demander comment les organisateurs font pour chaque année nous régaler avec des groupes aussi prestigieux. Et cette année, ils se payent rien de moins que le retour de l’empereur comme clou du fest… Emperor donc plus la reformation de Carnivore, un set du line-up original de Scorpions. Que du lourd.

wacken-2006

Jeudi 3 août

Comme le premier jour festival est consacré aux vieilles gloires et que les hostilités ne débutent vraiment que vers 20h. On fait le tour du propriétaire.

Après le set de Victory (qui ne m’a pas passionné,) le Michael Schenker Group entre en scène. Le seul attrait du groupe est la présence des Schenker brothers respectivement à la guitare et à la basse et aussi le fait que ces messieurs ont officié au sein de Scorpions.Un set que les fans ont semblé apprécier.


Le set des mythiques Scorpions constituait le gros morceaux du week end. Pas moins de 2h15 de concert au programme avec une pléthore d’invités – à un moment il y aura en effet sur scène tous les membres passés ou présents du groupe – et un passage en revue presque complet du catalogue des mégahits du groupe. Nous aurons donc droit à 2h15 de soli de gratte, de solo de batterie et de chant archi faux. Klaus Meine était visiblement dans un soir « sans » car pas une fois pendant le concert, le chant ne fut juste. Nasillard comme si il était enrhumé, il a presque forcé tout du long. Ca a même tourné au massacre sur l’incontournable Still Loving You voir au carnage sur Rock You Like A Hurricane. Pourtant tout y était, la puissance sonore et visuelle, des zickos motivés… mais le chant n’y était malheureusement pas. Heureusement, la présence de quelques invités de choix a relevé le tout. Nous avons donc eu du lourd niveau guitariste puisque Mathias Jabs et Rudolf Schenker ont été rejoint par le frère de ce dernier Michael (dont le groupe – le Michael Schenker Group – jouait juste avant) et Uli Jon Roth. De lourd niveau guitaristique, le concert en est même parfois devenu lourd tout court puisque comme chacun sait, « trop de solo tue le solo ».
C’est avec les oreilles fatiguées que nous avons battus en retraite après 1h30 de set pour écouter la chose de plus loin.

Vendredi 4 août

Sur le pied de guerre dès 8h pour prendre une bonne douche bien glacée, on se presse pour ne pas manquer les premiers concerts… avant de revenir nous poser au bar à côté des membres de Ministry. On finira la journée, toujours au bar, à faire la queue pour une bière entre Speed Strid (Soilwork) et la moitié des membres de Darkane. Y’a pas à dire, Wacken c’est une autre planète.

Après le set décevant du Hellfest, j’allais voir BFP pour voir sir mon impression allait se confirmer ou pas.
Bien qu’un peu meilleure, la prestation du groupe reste bien en dessous de ceux à quoi ils nous avaient habitué avec le précédent line-up. Comme quoi un seul musicien peut faire tout la différence.
Ou alors c’est moi qui devient vraiment difficile.


Attention vaste blague! Oui pourquoi avoir mis Six Feet Under sur la grande scène? Pourquoi? surtout si c’est pour offrir une telle prestation! Mou du genou, pas inspiré, Chris Barnes et sa bande offre un set tout juste correct et confirme les piètres qualité live du groupe. Déjà que sur album c’est pas folichon, là ça vire presque au mauvais.


Décidément! On quitte un groupe pas terrible (SFU) pour aller en voir un autre à peine meilleurs. Baby Soulfly a au moins le mérite du dynamisme sur scène à défaut de l’originalité.
Un set pas mal fichu mais trop statique et des compos faiblardes rendent le tout un peu chiant sur la durée. A se demander pourquoi il y a tant de monde devant la Wet Stage.


Voilà un set que je regrette d’avoir zappé. N’étant pas spécialement fan d’Opeth sur album, j’ai toujours plus ou moins apprécié leur prestation live mais le son tournoyant à cause du vent m’a plutôt poussé vers le bar. Dommage car plus je m’éloignais, plus le groupe semblait envoyer la sauce. My mistake.


Je restais sur une mitigée de leur prestation au Fury Fest 2005. Je n’ai pas été plus emballé par celle-là. Non vraiment Soilwork, autant sur scène que sur album c’est vraiment pas mon truc. Le set semblait toutefois plus que correct à en juger par le nombreux public.


Excellente surprise que Korpiklaani! Le rock/métal festif a le don de faire bouger les foules. Un peu à la manière d’un Finntroll le groupe mélange les genre en ajoutant des instruments originaux comme le violon ou l’accordéon. Nettement moins violent que leur compatriote à peau de bête, le groupe n’en reste pas moins rudement efficace. Très agréable découverte donc.


Carnivore faisait parti de ces groupes qui n’avait pas spécialement ma priorité sur le planning mais auquel j’ai jeté un œil histoire de voir à quoi pouvait bien ressembler ce que faisait Peter Steel avant de rejoindre Type O Negative. L’idée fut plutôt concluante! On y voit le géant vert (tout de rouge vétu pour l’occasion) revenir à des vocaux plus brutaux et un style musical plus thrash montrant toutefois les prémices de ce que deviendra Type O Negative. Carnivore faisait également parti des groupes pour lesquels il s’agissait d’un concert de reformation avec le line-up quasi original (un des guitaristes étant décédé). Le moins que l’on puisse dire, c’est pour un groupe séparé depuis plus de 10 ans, les automatismes sont revenus très vite et ils ont offert un set de grande qualité malgré un son foireux à cause du vent tourbillonnant et des problèmes techniques récurrents sur la Black Stage depuis le matin.


De COF j’ai vu peu de choses. Premièrement parce que j’atais loin de la scène, deuxièmement parce d’où j’étais le son était relativement médiocre.
Ce que je retiens par contre c’est Laiho est un poseur de première et qu’il ferait mieux de jouer correctement plutôt que de se comporter comme un gamin de 15 ans sur scène en courant dans tous les sens. Le nombre de pains sur chaque titre était à la limite du tolérable… à l’inverse on ne reprochera pas au groupe son manque de dynamisme. Ils ont mis du cœur à l’ouvrage et les petits plats dans les grands pour ce qui est du spectacle. Voila donc pourquoi, malgré les critiques formulées à l’égard un peu plus haut, je suis prêt à retourner les voir.


Comparer leur prestation du Wacken et celle du Hellfest serait presque une insulte! Oui une insulte tant celle du W:O:A a tout explosé en intensité. Son énorme bien que pas toujours régulier, lights fabuleux et ambiance a labouré un champ. Tout y est était! Pas de changement côté setlist, on tourne toujours sur Procreation Of The Wicked en ouverture et Circle Of The Tyrans en final.


Sur le papier, le line-up de Ministry a de quoi faire peur… Pensez donc: un peu de Slipknot, un peu de Killing Joke, un peu de Prong et beaucoup de Al Jourgensen. Techniquement, ça devait envoyer des parpaings et nous en mettre plein les yeux pendant 1h30.
Pratiquement on en a pris plein les yeux pendant 1h30 et ça a envoyé des parpaings!
Lights hystériques, ambiance ultra glauque malgré l’avalanche de décibels et de boucles électroniques, sensation d’agression constante tant la violence de la musique prenait au corps… Ministry nous a offert un spectacle à la hauteur de sa réputation.


Ralalah quel set! Tout y était, le son énorme, le visuel avec des flammes gigantesques et surtout un bon combat viking powered! Le set est rôdé et ça envoie sans calculer. Les nouveaux titres (dans la veine de Fate Of Norns) font dans la lourdeur pachydermique. Mais pour moi, c’est toujours sur les titres de Versus The World qu’on se régale le plus. Et ce n’est pas le final sur l’incontournable Death In Fire qui me fera mentir.

Samedi 5 août

Déjà le dernier jour… et le programme est plutôt chargé car il y a du très gros poisson à l’affiche. L’enchaînement qui s’annonce est plutôt sympathique bien qu’éprouvant… mais comme on est un peu dingue on est prêt à ressigner tellement on aime ça!

Leur set du Hellfest m’avait simplement bluffé. Et bien je suis tombé de haut. Comme si ce n’était plus le même groupe… Peut-être est-ce du à la taille de la scène, au son approximatif ou bien à Angela qui parle allemand (je vous jure que ça casse le truc) ou bien peut-être que je n’étais simplement pas « dedans ». Bref un set identique à celui du Hellfest pour ce qui est de la setlist mais moyen niveau intensité.


Je dois avouer que j’avais peur en voyant leur nom sur l’affiche. En effet FF est capable du meilleur comme du pire sur scène. Ajoutez à cela le fait que le groupe joue en plein air, bref ce n’était pas hyper rassurant.
En fait c’est plutôt bien passé… si on oublie le fait que Burton était archi raide mort et que sur le chant clair… et bien ça s’entendait (comprendre: il chantait archi faux). En dehors de cela, le set fut de qualité et je fus surpris de voir le groupe attaqué sur des vieilleries type Scapegoat ou Martyr avant de partir sur des titres plus récents et de conclure sur les classiques issus d’Obsolete et Demanufacture.


Que les choses soient claires, je ne suis pas fan de Morbid Angel… du moins avant ce concert. Leur prestation du Fury Fest m’avait laissé sur ma faim, certes ça envoie mais bon pas de quoi s’en relever la nuit. Là on prend presque les mêmes et on recommence. Vous enlevez Steve Tucker, vous mettez David Vincent à la place et vous ajoutez Erik Rutan à la seconde guitare. Non seulement vous retrouvez le grand Morbid Angel mais en plus vous avez une espèce de rouleau compresseur scénique simplement ahurissant. Je ne suis toujours pas fan mais alors quelle claque, comme si ce n’était pas le même groupe. Un très grand set de l’ange morbide.


Autant vous le dire tout de suite, Soulfly j’y suis allé à reculons. Non seulement c’était la troisième fois que les voyais cette année, mais en plus j’avais faim. C’est donc depuis un banc et avec une mousse que j’ai apprécié le set de Maxou et sa bande. Pendant le premier quart d’heure, c’est un set classique. Les titres s’enchaînent avec la patate habituelle qui caractérise le groupe, quand soudain… on bascule du set lambda et prévisible au set qui va marquer les esprits. D’un coup on est passé de Soulfly à Sepultura… à du Soultura (ou du Sepulfly) en quelque sorte. C’est dans ces moments là qu’on se prend à imaginer ce que ça donnerait si Igor rejoignait le groupe de son frère. Pour en revenir au set, tout à basculer après les traditionnelles Roots Bloody Roots et Refuse/Resist. Dès les premières notes on lève le nez parce qu’on n’est pas du tout sur de ce qu’on entend, et pourtant, c’était bien Beneath The Remains! Qui sera suivi par de la vieillerie de chez vieillerie: Troops Of Doom!!! et histoire d’en remettre une couche: un petit Necromancer pour la route! Vous ajoutez Spit, un son énormissime et je vous laisse imaginer le résultat. Bref Soulfly n’en finit plus de surprendre. Enorme!


Ils étaient la principale raison de ma venue, ils m’en ont donné pour mon argent. Comment vous dire? Emperor a tenu à son rang en offrant une prestation qui devrait passer à la postérité au même titre que sa discographie. Certes le son fut carrément ignoble sur sur le premier morceau mais la suite fut simplement fabuleuse. D’entrée ils ont su instaurer une ambiance à la hauteur de leur musique tout en laissant également place à la bonne humeur générale car oui, le public était bien là pour eux. Aucun autre groupe présent à l’affiche ne peu se vanter d’avoir entendu son nom scander entre chaque titre, aucun autre groupe n’a vu ses titres repris en chœur par tout le public et plus fort encore, aucun groupe n’a eu droit a une demande de rappel plus de 10 minutes après la fin du set.
Ajouter à cela, un groupe heureux d’être là et un Ihsahn visiblement ému face à la réaction de la foule et vous obtenez une des plus grosses claques live de l’année. Je parle d’Ihsahn, mais ses petits copains n’étaient pas en reste non plus. Trym fut exceptionnel à la batterie, ajoutez un Samoth des grands soirs à la rythmique plus Secthdaemon (Zyklon) à la basse et un Grimloch déchainé au clavier/chœur pour compléter le line-up de la soirée et imaginez le truc! Du lourd, du très très lourd. L’empereur a fait honneur à son nom.


Prenant le set en cours de route espérant enfin voir Ace Of Spades live, je réalise que je suis en train de manquer une prestation de grande classe. Lemmy, dans une forme olympique, enchaîne vannes de merde sur jeu de mot pourri entre les chansons. « Bon on va vous jouer un truc qui s’appelle du rock n roll. Ca se faisait pas mal avant ce truc qu’on appelle hip hop ». En plus des traditionnels Ace of Spades (que j’ai encore manqué) et Overkill, le groupe passe en revue son catalogue avec entre autres: Doctor Rock, Iron Fist, No class, Sacrifice, Killed by death, Bomber, Motörhead, I got mine et Dancing on your grave.
Bref c’est pas ma came mais c’était rudement bien.


On finit le festival en beauté avec les finlandais de Finntroll! Que dire à part que ce fut énorme! Le set fait la part belle aux morceaux de Nattfödd et bien que le ait joué de nouvelles compos qui rendent plutôt, le morceau qui emportera la palme sera bien entendu Trollhammaren. Pendant 3 minutes 32, un grand vent de folie traversa le pit… les premiers rangs se prenant bras dessus/bras dessous pour danser en chantant. Quelques flammes viendront également ponctuer la chanson. A coté de cela, la cohésion scénique du groupe semble quand même à travailler. On a comme l’impression d’un joyeux bordel sur scène. De plus, malgré la bonne attitude du nouveau chanteur fraîchement arrivé, ce dernier manque encore un peu de charisme et meuble difficilement entre les chansons. Ceci dit, à leur décharge, il était tard et tout m’a paru fade après le set d’Emperor. A revoir donc.

Voila, c’est fini… c’était bien mais presque trop court. On se dit toujours que 3 jours c’est long mais au final ça passe tellement vite qu’on a hâte d’être à l’année prochaine pour remettre ça. Ha oui parce que l’an prochain une autre reformation de luxe est programmée: Immortal! Rien que ça. A votre avis on y sera ou pas?