Wacken Open Air 2003

Nom de code: Opération sus aux sclheux

Objectif : passer 3 jours en territoires teutons pour y observer le métalleux teutons dans son environnement naturel et accessoirement voir une grosse partie du gratin du métal extrême.

Lieu : village de Wacken (nord de la Teutonie)

Date : du 31 juillet au 2 aout 2003

Statut : MISSION ACCOMPLIE

Bah oui, on a osé ! MO-TI-VE, c’est qu’il faillait être pour monter l’expédition en direction du Wacken 2003 et ce ne fut pas chose aisée mais nous y sommes parvenus tant bien que mal. Avouez que ça aurait été plutôt gênant de ne pas avoir de billets ou bien que la voiture nous lâche sur un des 969km du parcours (allé – pour le retour c’est 969 de km de plus).

woa2003

Nous arrivons donc à Wacken vers 23h30, le temps de récupérer nos places, gracieusement offertes par le comité de soutient à la carte bancaire foireuse, et de nous installés dans un des immenses champs faisant offices de camping. Je vous mets au défi de monter une tente dans le noir avec pour tout éclairage une lampe de poche, c’est du sport et c’est crevant. Donc après ça tout le monde au lit pour une courte nuit. Très courte même car le voisinage c’est comme qui dirait développé durant la nuit et une invasion barbare de gros allemands amateurs de brutal death bas de gamme sont venus s’installer à côté de nous pour les 3 jours du fest. Sympa le réveil… surtout à 6h du mat’.

Nous profitons donc de ce premier jour pour nous ravitailler (en houblon notamment) et pour nous préparer aux premiers concerts qui débuteront vers 17h.

Après une courte reconnaissance du site, je suis vraiment surpris par l’ampleur des infrastructures proposées par l’organisation. Tout semble fait pour que les festivaliers (dois-je vraiment utiliser ce terme pour désigner la populace présente sur place ?) aient un minimum de confort. Quoiqu’il en soit ça met en confiance et malgré l’ambiance « je me bourre la gueule H 24 », tout semble réuni pour que ces 3 jours se déroulent dans les meilleures conditions qui soient. Même le soleil est de la partie c’est vous dire.

Donc pour ce premier jour, nous attaquerons calmement avec Circle II Circle, groupe de métal progressif local. Le métal prog n’étant pas ma tasse de thé, je préfère aller faire un tour du côté des stands des labels et notamment celui de Nuclear Blast afin de récupérer une main en mousse bien kitch faisant les cornes façon métalleux (on délire comme on peut).

Retour devant la True Metal Stage pour le set d’Annihilator. A l’instar de mes camarades voyages, je m’attendais plus ou moins à un set de vieux thrash plutôt pénible. QUE NENI ! Le chant, qui était pourtant le point faible sur album, est ici plutôt sympa. De plus le groupe a l’air de se faire plaisir et tout le monde se lâche. Le set fut court (3/4 d’heure) mais très dynamique. Bonne surprise donc. Après Annihilator, nous envisageons un repli stratégique vers notre camp de base pour raisons alimentaires et aussi parce que le reste de l’affiche ne nous branchait pas plus que ça. Victory, Running Wild + une apparition surprise de Saxon, y’a rien de tel pour vous ouvrir (ou vous coupez) l’appétit. Bref direction le « lit » pour une courte nuit.

Nous émergeons donc dans le sauna qui fait office de tente (oui car dès 8h du mat’, ça cogne là-bas). On se prépare donc gentiment pour aller attaquer cette journée qui s’annonce chargée. Et ce n’est pas l’entrée en matière qui me fera mentir.

Nous attaquons avec Dew Scented, profitant du fait que beaucoup de monde est encore au lit pour nous installer à la barrière… quoiqu’il est quand même 11h du matin. J’attendais beaucoup de Dew Scented étant donné tout le bien qu’on m’en avait dit et surtout l’écoute de l’excellent Inward m’avait convaincu de ne pas les manquer. Et bien je dois dire que j‘ai été un peu déçu. Ca oui ils ont la patate, les 2 gratteurs s’en donnent à cœur joie mais tout ce petit monde est un peu statique sur scène et la musique a, je trouve, tendance à très vite tourner en rond. En gros c’est sympa mais on s’en lasse au bout d’un moment et ça, malgré l’apparition dans la setlist de titres du dernier album pourtant plus varié.

Je profite de la pause « saucisse » de mes camarades pour aller voir les Anglais d’Extreme Noise Terror. Comme dirait ma grand-mère, « en vl’a un qui porte bien son nom ». En gros, c’est court, très intense et ça gueule non stop. Même qu’ils s’y mettent à deux. Chez les métalleux on appelle ça du grind et c’est très très bon.

Fin de la pause saucisse, l’équipe se reforme pour s’installer devant un des morceaux de choix du jour : The Crown. L’entrée en matière ne laisse pas le moindre doute : ça va saigner. L’enchaînement de sauvage constitué par Crowned In Terror, Deathexplosion et Under The Whip annihile tout et tout le monde. La suite sera du même tonneau avec (entre autre) Blitzkrieg Witchkraft, World Below, 1999 – Revolution 666, Satanist, Total Satan. Le hic c’est que c’est tellement physique que ça en devient lassant et je me mets à l’écart de la scène pour récupérer et profiter un peu du spectacle, qui il faut le reconnaître, est excellent.

Après ce set particulièrement éprouvant, retour à la base pour manger (bah oui encore). Nous prendrons nos aises tandis que jouerons au loin Diamond Head, Dismember, Freedom Call. C’est finalement pour Sentenced que nous ferons un effort. Effort de courte durée pour ma part, puisque la musique de Sentenced a sur moi un effet soporifique. Je me fais donc une petite ballade dans les allées du Wacken et je boycotte volontairement Primal Fear. Retour devant pour le début du set de Testament. J’avais aimé leur prestation à la Loco, là j‘ai carrément adoré. Chuck Billy est toujours aussi imposant, même de loin, et son « support band » (si je puis dire) est toujours un cran au-dessus du lot. C’est grand, c’est beau et ils ont joué pour un public connaisseur. Maître DiGiorgio a une nouvelle fois distillé un cours de basse haut de gamme tandis que John Allen abattait tous les arbres de la forêt voisine avec sa batterie. ENORME.

Pause dîner pour nous remettre de nos émotions et aussi pour nous préparer au gros morceau de la journée (voir même du festival): IN FLAMES.

Nos p’tits suédois étaient les stars du jour et le public ne s’y est pas trompé puisqu’il y a eu la plus grosse affluence du festival pour leur concert – même Slayer n’a pas pu faire aussi bien. IF entre donc en scène accompagné par le sample de Cloud Connected et une volée de feu d’artifices. Le ton était donné. Les gros moyens ont été sortis pour ce set (dont le final sera carrément accompagné par un feu d’artifice) et la setlist n’en a été que plus jouissive.

Sortez vos mouchoirs et mattez ça :
Cloud Connected
Clayman
atch Them Feed
Episode 666
Moonshield
Gyroscope
Only For The Weak
Drifter
Trigger
Behind Space
Pinball Map
Black & White
Colony

Donc après ça, Dee Snyder pouvait aller se rhabiller – oui bon ok j’admets que ce jeu de mot concernant le chanteur de Twisted Sister n’est pas génial mais bon… c’était une façon de dire qu’on est allé se coucher sur fond de I WANNA ROCK.

Ayant choppé une saloperie de microbe teuton à tendance casse couille (ie – comprendre que je grelottais alors que la température frisait allègrement avec les 38/39°), je suis resté au camp pendant que mes petits potes sont partis voir Thyrfing. Je n’ai finalement réussi à décoller que pour aller voir Malevolent Creation qui, comme je m’y attendais plus ou moins, nous a sorti à peu près le même set qu’à la Loco lors du No Mercy Festival. Sympa donc mais sans plus en ce qui me concerne.

Le set des blackeux de Carpathian Forest m’inspirera sensiblement la même réaction que celui de MC : sympa mais sans plus, le black n’étant pas ma tasse de thé.

Le microbe teuton, en fourbe qu’il est, a vraiment réussi à se faire sentir de manière prononcer, me forçant à retourner au camp et à rater Callenish Circle et Soilwork. Retour sur le site après un shoot d’aspirine pour aller voir Dark Funeral. Niveau BM, c’est autre chose que Carpathian et je dois reconnaître que c’est assez sympa. On pouvait notamment croiser dans le public Nick Barker (Dimmu Borgir) venu en connaisseur apprécier le set. Mais le black étant ce qu’il est pour moi, je me suis dirigé vers la Wet Stage pour voir Kataklysm. Je ne connaissais pas du tout, mais alors pas du tout et j’ai été agréablement surpris. Leur set est hyper dynamique, leur death démonte bien comme il faut et ils ont la patate au Québec ! Bonne surprise donc.

Le temps de récupérer mon compère lyonnais et nous filons sous la tente pour voir Darkane à l’œuvre. Leur prestation du No Mercy m’ayant laisse sur ma faim, je me suis décidé à leur donner une seconde chance. Et quelle bonne idée j’ai eu là ! Les zickos sont tout simplement excellents et se donnent sans compter. L’interprétation est sans faille et Wildoer cartonne sa batterie comme jamais. Seul bémol, le même que sur album : le chanteur. Ce cher Andreas n’a pas une attitude très « carrée » sur le plan professionnel. Le coup du « je chauffe la salle en annonçant un titre et je file au fond de la scène me taper une binouze » casse un peu tout. De même pour ce qui est du chant en lui-même. Sur album on le sent déjà limite, en live c’est presque pire ! Dommage car ce groupe a un énorme potentiel, ce qui me fait paraphraser mon compère lyonnais qui dit c’est un groupe d’avenir si on vire le chanteur.

Pause salutaire, le temps de se reshooter à l’aspirine et de manger un morceau avant la triplette magique : Nile – Slayer – Vader.

Ami(e)s poètes, bonsoir. Ce soir je vous explique comment vous faire démonter la tronche en trois leçons.

Leçon 1 : Nile avec Chapter From transforming Into A Snake en guise d’entrée suivi d’un Sarcophageus en accompagnement. Dans la catégorie brutal death qui atomise mémé, Nile remporte la palme haut la main. Le set est ultra carré et même si le public ne semble pas trop dans le truc. Certains sont cependant captivé par les ambiances égyptiennes de ce death d’outre tombe (putain les jeux de mot ça fuse aujourd’hui). Le groupe, qui est visiblement ravi d’être là, alterne les titres bien bourrins avec des passages plus posés. Ajouter à cela l’énorme présence des 4 brutes épaisses sur scène et je vous laisse imaginer le décor. Excellent concert.

Leçon 2 : Slayer avec un set un chouilla en deçà de ce qu’on est en droit d’attendre des maîtres du thrash. La bande de Mr Araya s’est fait désirer, tant à la séance de dédicaces que sur scène et ce n’est pas le piètre son qui allait arranger les choses. Oui l’interprétation est toujours aussi monumentale, oui Mandatory Suicide avec Lombardo c’est bon mais un Slayer qui n’a pas la tête à ce qu’il fait, même avec une setlist d’anthologie comme se fut le cas, ça le fait moyen. Le public ne s’y est d’ailleurs pas trompé car beaucoup semblait déçu par la prestation du combo californien. On le serait à moins quand on les a déjà vu au sommet de leur art (qui a dit Bercy 2001 ?).

Leçon 3 : direction la tente. Hé oui, la déception de Slayer + ce fichu microbe ont eu raison de moi et le set de Vader se fera pour moi depuis la tente où je me suis endormi en grelottant sur fond de The Nomad (ouin et dire que j’ai raté ça).

Le set des polonais fut, au dire de mes congénères métalleux, bon mais sans plus. Le groupe semblant moyennement motivé de jouer quasiment en dernier, le dernier soir et surtout après Slayer.

Voilà, c’est fini ! De ce Wacken 2003, beaucoup de choses sont à retenir (le set d’anthologie d’In Flames, l’intégrale Reign In Blood de Slayer, les claques Nile et Testament etc etc),ce vilain microbe qui m’a pourri la vie pendant 10 jours.

Allé hop, tout le monde en voiture, y’a encore 13h de route à faire avant la douche ! MO-TI-VE je vous dis…