Netherlands Deathfest 2018

7 annulations, de la Jupiler, de la neige, de la Jupiler, des bracelets bas de gamme, de la Jupiler, un son discutable et de la Jupiler.
Ca va, je vous le vends bien le Netherlands Deathfest cru 2018?

Retour à Tilbourg pour cette édition 2018 du Netherlands Deathfest avec une affiche sympathique dont l’invité surprise aurait été la météo. En effet, les conditions météo exécrable en Europe sur le week-end du fest ont contrait certains groupes à annuler leur venue à cause des aéroports fermés par la neige quand d’autres ont simplement connu des aléas mécaniques.

Donc direction le Popodium 013 avec un bracelet en plastique dégueulasse pour un petit compte rendu à l’ancienne puisque le compte rendu live sur Facebook n’a pas été un grand succès.

Vendredi  2 mars

Hellbomb
Les russes et leur chanteur bodybuildé ouvraient le fest. Bon clairement, le Black/Thrash/Hardcore du groupe peine à convaincre. Ou plutôt le groupe en lui-même semble assez peu à l’aise. Disons que contrairement à l’an dernier où c’était du Grind d’entrée, là ça passe gentiment.

Aura Noir
Pour moi ce fut une des grosses déceptions du fest. Normalement Aura Noir c’est la branlée assurée. Là ce fut au mieux une petite tape sur les doigts. Déjà le son de la grande salle n’était pas top (une constante pour les 3 jours) et le groupe n’a pas semblé mettre l’énergie à laquelle ils nous ont habitué. Ou alors la salle était-elle trop grand pour eux? Je ne sais pas toujours est-il que c’était bien sans plus.

Hierophant
Incroyable. C’est la première fois que je ne retiens rien du set d’un groupe. Et non rien à voir avec l’abus de Jupiler.

Broken Hope
Du Death ‘ricain. Donc la technique et du growl sale. Pas fan.
Sinon prestation correcte.

Hacavitz
Découverte du groupe mexicain prévu demain mais qui joue aujourd’hui au pied levé pour dépanner les orgas. Les groupes initialement prévus étant en panne au Danemark.
Le groupe n’invente rien mais ce qu’il fait, il le fait bien. Simple efficace, ça m’a clairement donné envie d’en reprendre une rasade le lendemain.

Suffocation
Le Death US n’est pas ma came alors le Brutal encore moins.
C’est bien, c’est pro, ça joue, les mecs s’éclatent, ça ronronne tellement c’est rôdé, le public y trouve son compte et je noie mon désespoir dans une Jupiler à 3€.

Antropomorphia
Le local de l’étape, arrivé en catastrophe pour remplacer un groupe en panne sur la route. Du Death, classique mais de bonne facture, avec un chanteur expressif et vivant sa musique.
Très sympa, surtout dans la Patronaat (l’espèce de petite chapelle), salle qui se prête extrêmement bien à ce type de prestation.

Carcass
Les anglais s’imposent en patron avec sans la moindre discussion possible la meilleure prestation du jour et remporte également le prix du meilleur son – quoique ce dernier fut beaucoup trop fort.
Certes je les ai vu meilleur que ça, clairement c’était en roue libre mais quand le catalogue est bon, même si les gars ne sont pas à fond ça le fait. Et puis ce combo final Reek Of Putrefaction/Keep On Rotting In The Free World/Corporal Jigsore Quandary. Bobo. Encore.

Profanatica
Les rescapés du jour! Incertain jusqu’au dernier moment, le groupe a réussi à arriver malgré tous les soucis qu’il a rencontré sur le trajet.
Les vétérans du Black US ont sorti un set correct sans plus. Le chanteur/batteur étant au bout de sa vie dès qu’il devait combiné les deux et musicalement c’était assez peu original.

Samedi 3 mars

Devourment => Hacavitz
Comme je le disais pour Suffocation, le Brutal Death US n’est pas ma came. J’abandonnerai donc assez vite Devourment pour retourner voir Hacavitz, toujours de l’autre côté de la rue dans la Patronaat.
Pareil que la veille, un bon set de Death/Black. Simple, efficace et qui permet de faire passer la Jupiler.

Nunslaughter
Les tueurs de nones ont délivré un bon set, certes en mode montagne russe pour ce qui est de l’intensité, mais bon quand même. Après ça reste du Death US, je ne vais donc pas me répéter sur le sujet 🙂

Meat Spreader
Sous des airs de hooligans anglais en survet’ Adidas, nos petits gars sont en réalités polonais (le survet’ Adidas « Slave touch » aurait dû être un indice) et font du Goregrind. Visiblement attendu, les mecs ont fait le taff dans une ambiance à la cool pas déplaisante mais mon amour pour le Grind étant ce qu’il est, je ne me suis pas trop attardé.

Skinless
Un petit dernier pour la route? Encore du Brutal Death venu d’outre Atlantique. Même remarque que pour les autres au niveau du genre. Par contre en terme de prestation je les mets un cran au-dessus des autres. A l’instar de Suffocation: très pro, très carré mais aussi plus intense, moins décousu. Bon set.

Witchery
Je vous renvoie à mon report du groupe lors du dernier Wacken. On prend les mêmes et on recommence. Ca manque de peps, le chanteur a du mal à tenir son public et l’ambiance a peiné à décoller. Les 2/3 du set se sont déroulés dans une indifférence polie avant que ça ne décolle un peu sur la fin. Muf.

1349
Comme pour Aura Noir, 1349 est une déception. Car comme leur compatriote, en général, ils ne font pas de quartier. Là ce fut bien mais sans plus. Déjà la perte d’un guitariste leur a fait perdre en patate et j’avoue ne pas avoir retrouvé cette sensation de malaise qui faisait leur force quand je les ai vu à Wacken. Sans parler de la taille de la salle qui n’a sans doute pas aidé. Encore une fois, bien mais sans plus.

Blood
Imaginez que découvriez que votre voisin, ce monsieur à petite cinquantaine avec sa si jolie maison et la pelouse parfaitement tondue est en fait un grand fêlé qui fait du Grind le weekend. Blood c’est un peu ça. 4 allemands, un peu âgé et propre sur eux qui sur scène deviennent une bande de fous furieux. Bien entendu musicalement je n’accroche pas mais la perf des gars et surtout le coffre du chanteur (cette voix Death des enfers!!!!) sont tout à fait bluffant.

Emperor
Je vais être honnête, je les attendais sans les attendre. Pour moi la messe était dite d’avance: j’allais me taper le set d’Anthems pour la 3ème fois et m’emmerder jusqu’à Curse You All Men. Sauf qu’en cette belle soirée de mars 2018, l’empereur est venu rappelé à son vile peuple que son titre n’était pas usurpé. L’effet Emperor en salle? Un groupe moins blasé que d’habitude? les 2? En tout cas Emperor a mis une peignée monumentale à tout le monde. Ok personne ne se parle sur scène, Ihsahn fait son monsieur loyal, Samoth est un autiste, Trym frappe comme un sourd, Secthdamon se déboîte les cervicales et Einar hurle plus fort qu’Ihsahn mais allez savoir pourquoi, ce soir, ils ont tout tué. Le set du fest et de très très loin.

Dimanche 4 mars

Pulmonary Fibrosis
Parce qu’il en fallait bien un: le groupe de Grind du fest! Enfin le seul que j’ai vu. Du grui-gruik glou-glou sur fond de basse dégueulante. Tout ce que j’aime. J’ai tenu un petit quart d’heure (soit environ 2 albums). Français ou pas, c’est pas ma came.

The Flesh
Groupe qui a remplacé à l’arrache je ne sais plus qui. Bref, ils ont fait ce qu’ils avaient à faire.
Ca m’en a touché une sans faire bouger l’autre.

Cauldron Black Ram
Musicalement, l’Australie a pris l’habitude de tenter des choses un peu à part, c’est le cas avec Cauldron Black Ram. Le batteur/chanteur sort des plans avec des contre-temps dans tous les sens ce qui donnent une touche très particulière au Black/Death du groupe. Pas désagréable mais ça demande un petit temps d’adaptation.

Angel Witch
Le set salvateur! Ok potentiellement les vétérans du Heavy britannique des 70’s faisaient un peu ovni mais que ça a fait du bien d’avoir autre chose que du blast et du growl pendant 50 minutes. Après le chant était faux et la qualité du set faisait un peu le yoyo mais globalement j’ai bien aimé.

Kjeld
Enfin! Du Black comme je rêvais d’en entendre dans la Patronaat! Un truc un peu basique mais qui avoine comme il faut. Bonne prestation des bataves qui sans être des monstres d’originalité ont fait le taff. J’ai toutefois regretté de ne pas avoir retrouvé l’atmosphère de l’an dernier pendant le set d’Horna (par exemple).

Goblin
Le vrai ovni du fest. Le groupe italien interprète sur scène les morceaux emblématiques qu’il a composé pour les films d’horreur du maître Dario Argento. Basse, guitare, batterie, claviers, pas de chant mais un projo qui balancent les scènes cultes des films ad hoc.
Très très sympa et même trop court à mon goût, surtout avec un bon son.

Merrimack
Les parisiens sont passés pas loin de l’annulation puisqu’ils ont perdu une partie de leur matos pendant le trajet (merci Air France). Bref, Merrimack a bien fait le taff avec son Black teigneux.

Grave
Haaaaaaaaaaaaa bah la on discute! Du Death suédois! Et en prime un petit set orienté old school : aucun morceau datant d’après 1991! Mais?! attendez voir. Qui chantait dans Grave en 1991? Ne serait-ce pas Jörgen Sandström de The Project Hate? Mais si! Mais en fait non, pas de special guest, hélas. En revanche, Ola Lindgren nous en a mis une petite derrière la tête.  Ok le son était dégueulasse mais la prestation a pété des rotules. Ho que c’était bien!
Into The Grave les enfants! INTO THE FUCKING GRAVE!

Urn
Ze découverte! Le Black/Thrash des finlandais en mode second degré a fait merveille sur scène. D’aucun diront qu’ils n’inventent rien – et c’est vrai – n’empêche que leur petit air je m’en foutiste était simplement parfait. 50 minutes de poilade décousue, une ambiance balloche de province qui a convaincu la grande majorité de la Patronaat et un pit où les bières volaient dans la bonne humeur.
Et tout ça, juste avec le son des retours, la façade n’envoyant que la batterie! LE PIED.

At The Gates
Comme Emperor, je les attendais sans les attendre. Très échaudé par les fois où je les ai vu sur scène, au mieux c’était une bonne surprise, au pire c’était comme d’habitude. De surprise il n’y a pas eu. Lindbergh a perdu son coffre légendaire et tient la baraque comme il peut. Les autres font de la présence. Je ne m’étendrais pas sur le cas Erlandsson toujours autant à la rue derrière son kit. Le pire je crois est que je n’ai pas reconnu certains classique tellement l’interprétation était molle. Même le son était mou c’est dire.
Parmi notre bande de bras cassés, certains ont trouvé ça mortel (dans le sens noble du terme). Je ne comprends pas. Bref…

Darkspace
Et pour finir, un peu de Black ambiant venu d’Helvétie. Alors si sur album, je peux tout à fait concevoir que ça fonctionne du feu de dieu. En live, avec un son moyen, si on entre pas dans le trip, ça fait pschit. En ce qui me concerne, ce fut hélas le cas car c’est typiquement le genre de truc auquel j’imagine accroché pour peu que les conditions soient réunies. Je redonnerais volontiers sa chance au produit sur album.

Le mot de la fin

En ce qui me concerne, je suis pour le moins mitigé concernant cette édition 2018. Pas de grosse claque (sorti d’Emperor) ni de découvertes emballantes au contraire de l’an dernier. Sans parler du son qui ne fut vraiment bon que sur Carcass, le reste étant au mieux trop fort, mal balancé ou pire: les 2.
Le dimanche fut en ce qui me concerne la meilleure journée même si Emperor l’emporte au niveau du meilleur set.
Je tiens aussi à souligner la belle perf des orgas pour avoir réussi à trouver des groupes pour remplacer quand c’était possible ceux qui n’ont pas pu venir. Il fallait le faire.
Je le dis pour tous les fests, je me tâte à y retourner l’an prochain. Je ferai en fonction de l’affiche.

PS: tout comme la couverture en presque live sur Facebook, autre nouveauté pour ce report: photos, vidéos sont toutes faites sur téléphone portable. Et la retouche avec filtres dégueulasses a été faites dans le RER B. Incroyable, on n’arrête pas le progrès.
Blague à part, là encore c’est exceptionnel, dès que je peux je reprends mon fidèle Canon de 3kg.