KoRn – Trust Company – Puddle Of Mudd

Bon pour ce concert de KoRn à Paris, je vais vous la faire simple en vous disant que si vous étiez restés chez vous en ce beau samedi 14 septembre pour matter la Star Academy ou je ne sais quelle autre connerie télévisuelle, et bien vous AVEZ EU GRAND TORT. Nos amis provinciaux qui étaient nombreux à avoir fait le déplacement en eu pour leur sous et nous aussi par la même occaz’.

Histoire de rester fidèle à ma réputation d’éternel râleur et de « je trouve toujours quelque chose à critiquer », je ne m’étendrai pas des heures sur les prestations de Trust Company et Puddle Of Mudd intéressant musicalement et pas spécialement dynamique tandis que les seconds… Je vais résumer le set de Puddle par 2 phrases, une entendue dans le public : « ils viennent pas déjà de la jouer 3 fois cette chanson ? » et une de Wes Scantlin : « Puddle Of Mudd sucks. I am an homo » (c’est lui qui l’a dit, pas moi). En plus j’ai même pas eu droit à Blurry, l’infâme single qu’on finit par aimer tellement on nous casse les oreilles avec. Je ne vous cache que j’étais, et suis encore, fort désappointé par cet inopportun désagrément (sic).

Mais venons-en à la star de la soirée : KoRn.
Je vais tenter de ne pas tomber dans la simple adulation/adoration/vénération du groupe et de garder un minimum d’objectivité par rapport à leur prestation (notez bien que j’ai dis « minimum »).Hum bon donc…. PUTAIN C’ETAIT BOOOOOOOOOOOOOOOOON ! ! ! Pas objectif vous dites ? possible, mais réaliste ça oui.Plus sérieusement, après les avoir vu 2 fois en 2000, j’étais quelque peu resté sur ma faim, me demandant pourquoi on en faisait tout un plat parce que franchement, ça ne m’avait que moyennement emballé. Certes j’avais comme tout le monde ‘légèrement’ disjoncté sur les classiques du groupe mais la prestation scénique m’avait un peu déçu. Donc là pour 36 euros la place, j’exigeais d’eux un concert irréprochable à tout point de vue. Je l’ai voulu, je l’ai eu. Son monstrueux, setlist d’anthologie, groupe survolté, décor grandiose et lumières sublimes. Bah oui, à croire que KoRn avait tout prévu pour me séduire… enfin les autres et moi 🙂
Les californiens ont attaqué avec un Here To Stay ravageur qui a tout de suite donné le ton de la soirée et a enflammé Bercy d’entrée de jeu. Mais ce n’était qu’un tout petit avant goût du reste car nous avons eu droit en tout à 5 titres, oui 5 titres extraits du sublime ‘Untouchables’ : Here To Stay, No One’s There, Thoughtless, One More Time et Bottled Up Inside. Chose ‘amusante’, le public ne connaît que les singles, cette bande d’incultes n’a même pas bronché sur la superbe One More Time (et je trouve ça SCANDALEUX – comment peut-on ingorer un tel bijou?). A croire qu’ils n’ont même pas acheté le cd. Par contre dès qu’on revenait à des chose plus connues du registre kornien comme par exemple Faget, Twist, A.D.I.D.A.S., Freak On A Leash ou bien Blind là bizarrement la fosse se réveillait… Puisqu’on parle de Blind, comment vous expliquer la puissance et l’énergie qu’a mis le groupe dans ce titre? Jonathan, absolument déchaîné, a fait gueuler ‘son’ public comme jamais. Rarement KoRn aura autant communiqué et joué avec la foule, le groupe prenant visiblement son pied sur cette dernière date de la tournée européenne. Sans doute content de rentrer chez eux après ce concert, ils nous ont sorti le grand jeu. L’écran géant derrière la scène ajoutant une touche toute particulière aux chansons. Les images projetées sur l’écran alternaient entre celle filmées dans la salle et des petits films dans le même style que ceux de ‘Deuce’, le superbe DVD du groupe. Les images furent toujours parfaitement en adéquation avec la musique et les éclairages, qui furent pour leur part tout simplement somptueux. Durant Freak On A Leash, les lumières se promenaient dans la salle reprenant le concept des impacts de balles dans les murs que l’on peu voir dans le clip . Enorme.
Deux choses sur lesquelles il m’est impossible de faire l’impasse : Dead Bodies Everywhere et Make Me Bad. La première parce que ce fut pour moi un vraie surprise de la retrouver dans la setlist et la seconde parce que je l’adore… oui je sais c’est un peu léger comme argument. En fait, là où Make Me Bad a mis une grosse tarte dans la tronche du public c’est que le groupe a fait un meddley avec One de Metallica. One que bien entendu personne n’a reconnu car comme tout le monde le sait, le public néo métalleux est globalement inculte sur le plan musical (cette dernière remarque n’engageant que moi). Donc pourquoi One et pourquoi la jouer à ce moment là ? Le choix de One est simple, c’est la chanson sur laquelle chantait Jonathan Davis avec James Hetfield lors du Sanitarium Tour US quand KoRn et Metallica tournaient ensemble. Certains y verront aussi un symbole, les nouveaux rois du rock reprenant un classique de leur prédécesseur sur le trône. Quant au choix de la jouer à ce moment là…. Vous le mettriez où, vous, le monstrueux roulement de batterie de One ? L’enchaînement se fait parfaitement et… et… et puis merde c’est très bien comme ça.
Sur le plan musical, on a aussi pris une grosse claque, le groupe réussissant la prouesse technique de restituer fidèlement la plupart des effets présents sur ‘Untouchables’, il suffisait de voir la longueur des racks de pédales de Head ou Fieldy pour s’en rendre compte. D’autre part la présence de Silveria derrière les fûts change considérablement la donne. Loin de moi l’idée de que Mike Bordin, qui avait remplacé au pied levé David, est mauvais mais le fait est que le groove du jeu de Silveria donne une toute autre dimension à la prestation de KoRn, Bordin ayant à mon goût un jeu un peu trop typé ‘métal’ et des frappes un peu trop lourdes pour ce que font les californiens.
Cependant, tout n’a pas été parfait. Mon Head d’amour a eu plein de soucis avec sa guitare et le problème a eu l’air de passablement l’énerver car il était le moins déchaîné des cinq, trop occupé qu’il était à bidouiller ses pédales et à gueuler sur le roadie qui n’avait pas l’air de faire ce qu’il fallait. Les deux derniers titres ont donc été joué quasiment à une seule guitare ce qui a conduit à un superbe ratage durant Got The Life. La chanson a en effet été ponctué d’un blanc d’à peine une seconde qui n’était visiblement pas prévu au programme mais ce couac a été rattrapé avec brio par un Silveria au sommet de son art et les dernières mesures de la chanson ont été jouées sans encombres. Le concert se finissant sous une pluie de confettis et par une très très longue ovation de la foule ainsi que par de très long remerciements du groupe envers le public. Head et Munk’ occuperont la scène presque 5 minutes après le départ des autres, jettant de médiators et se laissant prendre en photo. Les deux compères quitteront finallement la scène bras dessus, bras dessous, signe Ô combien symbolique que ce qui fait une grande partie de l’âme de KoRn est unie sur scène comme en dehors.

Comme je râle tout le temps, je vais quand même trouver quelque chose à leur reprocher (bah oui, ça vous agace hein?), je vais donc faire mon petit caprice en demandant simplement: pourquoi seulement deux chansons de ‘Life Is Peachy’? Ass Itch ou Kill You n’auraient pas été pour me déplaire. Je demande même pas Lies ou Need To, juste un peu plus de Peachy…
Ha oui pardon c’est un concert pour les gens qui ne connaissent que les singles, autant pour moi.
Oui bon je chipotte je sais, je mérite des baffes je le sais aussi. Sinon un dernier truc, quelqu’un sait quand ils reviennent? C’est pas que ça me manque déjà mais presque. C’est vrai quoi! Après un cinquième album que je décrète d’office comme disque de l’année et un DVD que je mets au même niveau que l’album susnommé, je voudrais bien que les petits gars de KoRn se plantent. Une fois, rien qu’une toute petite fois… Histoire qu’on ait le temps de souffler parce qu’à force de toujours tout faire mieux que les copains on va finir pas devenir exigeant. Le premier qui dit que je le suis déjà je le sors…