European Apocalypse Tour 2018

Dans le genre affiche qui mélange les genres, celle de cette tournée nommée European Apocalypse Tour se pose là. Du Death, du Thrash, du Hardcore/Metal et du Soap Opera.

La super tournée de l’automne fait une escale à l’Olympia, endroit pour le moins incongru pour accueillir une telle affiche. La sécu est visiblement plus habituée à gérer les fans de Mireille Matthieu que des chevelus aux us et coutumes différents. Ca plus tout un tas de petits détails qui font sourire mais ce n’est pas le sujet. Parlons musique.

Mes prédictions d’avant concert étaient qu’il y aurait 2 valeurs sûres et qu’au mieux les 2 autres surprendraient agréablement. Dans les faits ce fut un peu différent.

Vous le savez, moi Bloodbath c’est à la vie à la mort, je ne pouvais donc pas louper leur passage à Paris. En toute honnêteté, ce que j’ai vu ne m’a pas emballé plus que ça. Ils avaient prévenu qu’ils seraient sur scène à 18h, 18h10 la grande messe commençait. Premier constat, le son est immonde. Ca sent le groupe qui n’a pas eu le temps de faire de balance. Les guitares sont dégueulasses, la basse sature, les micros des cymbales sont trop ouverts et le chant surnage au milieu de tout ça. Horrible. Il fallait vraiment être connaisseur pour identifier les morceaux. Nous étions donc 4 à hocher la tête tandis que les autres se demandaient ce que c’était que ce groupe d’amateurs. Second constat, pas d’Axenrot à la batterie. C’est Waltteri Väyrynen (Paradise Lost, Vallenfyre) qui le remplace. Ca joue pas de souci. Enfin troisième et dernier constat: c’est leeeeeeeeeeeeeeeeent. Ce tempo de sénateur s’explique par le fait que Nick Holmes lit ses paroles mais bordel qu’on s’emmerde. Côté setlist, beaucoup du dernier évidemment, on passe un peu en revue le reste du catalogue avec quelques indéboulonnables type Eaten mais difficile de faire mieux en 30 minutes.
Pour conclure, un petit mot sur Joakim Karlsson le dernier arrivant dans le groupe. Avec Craft, le mec est un autiste sur scène, aucune raison que ça change avec Bloodbath. Le mec est bon mais scéniquement inexistant.
Bref Bloodbath, le gros four de la soirée.

Changement d’ambiance avec Hatebreed. Déjà, on a quintuplé l’assistance, Bloodbath ayant joué devant 300 personnes au plus. Côté son, c’est pareil. Tout est clair, lisible, limpide. De même le groupe confirme son statut de valeur sûre scéniquement parlant. Ultra dynamique, Jasta n’a pas à forcer puisque le public est tout acquis à sa cause. Le planché vibre, les murs aussi au son des classiques This Is Now, Live For This, Perseverance, I Will Be Heard et bien entendu Destroy Everything.
Bien que la prestation fut de haute volée, musicalement je suis passé à autre chose donc j’avoue m’être un peu ennuyé.

Passons ensuite au premier très gros morceau de la soirée: Dimmu Borgir! Si j’en crois l’état du stand de merch’, ce sont eux que le public est venu voir en masse ce soir. Et le dit public en aura pour son pognon car oui, pour une fois, Dimmu Borgir a servi une prestation qui, sans être folle, a plutôt bien tenu la route. Ce que j’ai vu ce soir confirme mon ressenti du Hellfest: les morceaux d’Eonian passent le cap du live sans encombres. Puisqu’on parle du Hellfest, la setlist est la même. Zéro surprise de ce côté-là. On remarque aussi que dès qu’on remonte au delà de Death Cult Armageddon, presque plus personne dans le public ne connait les morceaux – en l’occurrence Puritania et Endoctrination. Triste. Sur scène Shagrath et Galder font ce qu’ils peuvent pour amuser la galerie, Silenoz fait les cents pas, le mec au clavier fait de la présence et le bassiste est autorisé à descendre de son perchoir de temps en temps. Daray aux fûts est impeccable

Niveau son rien à dire c’est sublime. Tout est parfaitement en place c’est un régal. Le régal est aussi visuel car les jeux de lumières furent vraiment top. Autant j’adore tailler des croupières à Dimmu, autant là je n’ai rien à redire sur la qualité de l’ensemble. Beau concert.

Juste après la fin de Dimmu, 15/20% du public se fait la malle. Visiblement il est l’heure de rentrer car il y a cour demain… ou bien Kreator n’est pas digne d’intérêt.

La touche de finesse germanique va conclure la soirée en beauté. Scénographie sublime, jeux de lumières complètement fifous, son encore une fois limpide – malgré un trigg de batterie trop présent (mon dieu ce kick en plastique) mais peu importe, Kreator a fini la soirée avec une bonne claque. Enemy Of God comme premier tacle, Satan Is Real/Phantom Antichrist en reprise de volée et Flag Of Hate/Hordes Of Chaos/Violent Revolution/Pleasure To Kill pour le carton rouge. C’et tout ce qu’on demandait, on l’a eu, le reste fait remplissage. Petroza assure le show mais en fait des caisses. Comme le disaient les 2 nanas devant moi « y’a des moments c’est kitch! C’est vraiment un truc de thrasheux ». N’empêche, bien qu’en totale roue libre, ça fait le taff comme il faut. Deutsche Qualität.

Mes prédictions d’avant concert étaient-elles juste? A moitié seulement. Ceux qui devaient être bons (Hatebreed et Kreator) l’ont été, ceux sur lesquels planaient le doute ont surpris en bien (Dimmu Borgir) ou ont déçu (Bloodbath). Cependant la soirée a tenu ses promesses dans l’ensemble. Certes le package semblait un peu décousu stylistiquement parlant mais en soit ce ne fut pas dérangeant plus que ça. Une bonne petite soirée.