70.000 Tons Of Metal 2017

De notre envoyé très très spécial, en presque direct de Miami ou des Bahamas. ‘fin bref d’un coin où il fait soleil en plein hiver.

70000 Tons Of Boat : en fait, il manque 86 000 tonnes à l’appel, 70 000 c’était le premier bateau sur lequel a eu lieu le fest, le bateau a changé deux fois depuis et boxe dans les poids lourds. Et comme dit précédemment, le bateau est IMMENSE, faut vraiment se retrouver au pied du bateau sur le port pour se rendre compte, les photos ne permettent pas de voir. Et on oublie vite qu’on est sur un bateau : on ne sent quasiment aucun roulis, c’est assez incroyable. Le mieux étant quand une vague arrive à faire bouger le bateau malgré le système de compensation, ça fait soit monter ou descendre le bateau selon que ce soit le creux ou la vague, le cerveau s’attend logiquement au mouvement opposé juste après…sauf qu’il est compensé, et n’arrive pas. C’est très bizarre, comme sensation. J’ai voulu essayer de décrire un peu dans le détail, mais c’est peine perdue, il me faudrait littéralement des heures pour parler de tout. Il faut le voir par soi-même, c’est tout. A la limite, cette vidéo permet de visualiser un peu le bateau.

70000 Tons Of Stages : 4 scènes, vous aurez toutes les photos que vous voulez sur le Net, vous pouvez cherchez si vous voulez – mes tentatives de photos perso sont à oublier. Par ordre décroissant : Le Pool Deck, en gros ils vident la plus grosse piscine sur le pont du bateau, et posent une scène dessus, on peut voir les concerts en étant dans un jacuzzi. La plus grosse scène, mais pas forcément le meilleur son vu que partiellement exposé au vent., même si très correct. L’alhambra Theatre : Très belle salle, un peu sur le principe de l’Olympia, mais avec un pit assez réduit et un peu en pente. Excellent son, places assises en balcon avec excellente visibilité, du tout bon. Le Studio B : normalement une patinoire, convertie en scène. Son très bon dans le centre, mauvais sur les côtés car pas équilibré. Par exemple, si vous êtes à gauche alors que le soliste est à droite, oubliez les soli, vous les devinerez au mieux. Très bonne salle pour les groupes qui remuent, juste la bonne taille. Le Pyramid Lounge : un peu la mauvaise blague du bateau, scène à la même hauteur que le public, salle petite et basse de plafond, c ‘est un peu une épreuve pour les oreilles vu que le son est vite « écrasé ». J’ai dû voir 4 concerts en tout dans cette salle.

70000 Tons Of Thunes : du moment qu’on boit de l’eau seulement (xptdlol), on peut ne pas payer une thune en plus du prix du billet. Il y a un grand buffet gratos, 2-3 petits stands de bouffe approvisionnés H24, et le dining room qui offre une carte et une nourriture de très bon niveau (un restau de ce niveau sur Dublin ferait facilement les 50€ par tête), le tout compris dans le prix. Mais forcément, c’est un bateau de croisière, le moindre extra tape fort. L’accès au centre de fitness est gratuit (et offre une vue panoramique sur la mer à tomber) le sauna et le hammam aussi, mais demandez un massage pour voir et vous pouvez sortir la Préparation H. Il y a aussi toute une partie casino, avec machines, tables de jeu avec croupiers etc., et j’ai vu des mecs qui ont eu l’air d’avoir balancé un blé monstre dedans.

70000 Tons Of Alcohol : Je m’étais dit que je ne claquerais pas trop de thunes en boissons, vu que leur choix de bières était orienté à mort lager/pils : Bud, Bud light, Fosters, Heineken, bref que des bières que j’aime pas. Ils avaient aussi de la Blue Moon et de la Paulaner Weiss en blanches, mais c’est pas ce que je préfère. Malheureusement, une québecoise m’a fait découvrir le Miami Vice, un cocktail bien frais qui passe tout seul, et j’en ai acheté un tout petit peu plus que prévu.

70000 Tons Of Piaules : C’est petit forcément, mais dans le fond on s’en tape (c’est pas notre mère). Puis mon mètre 90 tient en entier dans le lit, et l’isolation phonique était super bonne. Le reste est basique mais efficace : penderie, douche, chiotte, miroir, fenêtre sur l’océan. J’aurais pu passer de super nuits en fait, sauf que non (compagnon de chambrée qui ronflait comme j’avais jamais entendu et qui puait la mort, tellement qu’on a demandé et obtenu de changer de piaule avec mon autre compagnon de chambrée chilien), mais le bateau n’y est pour rien.

70000 Tons Of Artistes : c’est toujours amusant de se balader de bon matin et de tomber sur Chuck Billy et sa femme (ou copine) en train de bronzer à l’arrière du bateau, s’asseoir à deux tables de Gene Hoglan en train de manger une pizza, croiser les gars de Death Angel, Grave, etc. Les mecs sont exactement au même niveau que les festivaliers, c’est assez marrant à voir.

70000 Tons Of Tabarnâââââk’ : Le bateau est littéralement ENVAHI par les québécois bordel, ils sont PARTOUT. Et ils se connaissent tous entre eux, c’est assez hallucinant à zoir. Apparemment chez eux on peut vraiment parler de « communauté metal », avec les mêmes gens qui se déplacent en masse à tous les concerts metal, et qui donc se connaissent tous de près ou de loin. Et le 70000Tons est vraiment une destination privilégiée pour, surtout que cette année, il faisait -30 chez eux pendant qu’ils étaient en maillot de bain sur le bateau. Ce sont vraiment des mecs à la cool, c’est vraiment pas difficile de devenir potes avec eux, pour ce côté ils me rappellent pas mal les potes belges que j’ai pu avoir. Et placer des références à François Pérusse et Mononc’ Serge m’a filé un bonus de bon aloi.

70000 Tons Of Biaffine : j’avais ma crème solaire, après deux jours à m’en tartiner de partout (25-30 degrés de moyenne, très peu de nuages), le 3e jour j’ai oublié deux zones. Les deux ont cramé violent, sanction directe, mes 50% de sang rital ont pas fait le poids face au soleil haitien. Si vous supportez pas/mal la chaleur, c’est pas le meilleur fest où aller, moi perso j’étais au paradis. Ça cogne dur, et en mer le vent aide à refroidir un peu, du tout bon.

70000 Tons Of Horaires : Chaque groupe joue deux fois (chaque fois sur une scène différente), ce qui donne des journées ultra remplies, voir le running order. Le gros avantage, c’est que c’est quasi impossible d’avoir un conflit majeur, avec deux concerts et des running order différents, on a forcément un moment pour aller voir un groupe au premier ou au 2e coup. Attendez-vous à rater les concerts les plus tardifs par contre, surtout si comme moi vous vous êtes pris 17h de trajet intercontinental la veille.

LES CONCERTS

Prix spécial du festival : Death Angel vainqueur par KO.
En plus, ils étaient le dernier groupe à jouer, mais c’est leur premier concert qui a enterré toute concurrence, impérial du début à la fin, avec une setlist énorme, et une énergie incroyable. Des bêtes de scène, totalement en feu lors du premier set, et tout juste un peu en deçà lors du 2e mais toujours énorme. Une conclusion parfaite pour le fest.

Prix spécial du son parfait, et du concert qui l’était presque tout autant : Carcass.
Leur premier set dans l’Alhambra Theatre avait un son absolument parfait à tous les niveaux, en plus le père Walker était on fire, avec son humour et son accent typiquement british, la setlist était à tomber. Death Angel a réussi un coup de maître, mais Carcass était tout juste derrière. Quel pied, bordel.

Prix spécial de la subtilité qui se fait enculer, parce que leur job c’est l’efficacité : Grave.
C’est pas fin, c’est pas mélo/progressif, y a pas de samples de violons, mais ça tape dur et vite, exactement là où il faut. Surtout qu’à la fin de leur très bon premier concert, ils ont annoncé que pour le second show, ils n’allaient jouer que des chansons des deux premiers albums. Fatalement je me devais d’y aller, et qu’est-ce que ça a débourré bordel.

Prix spécial de la subtilité qui se fait torturer, empaler, brûler vive ET qui se fait enculer, parce que leur job c’est la destruction massive : Dying Fetus.
C’est tout sauf une surprise, le groupe arrache tout sur scène et cette fois-ci n’a pas été une exception. J’étais un peu blasé de foirer leur 2e set, mais c’était à 4h du mat’, et j’étais en train de m’endormir vu qu’il y avait un creux sans rien pour moi avant.

Prix spécial du groupe qui m’a quasiment fait acheter mon billet à lui tout seul, et qui m’a pas déçu au final : Testament.
Le premier concert a été pas mal gâché par un gros retard causé par le groupe précédent, des soucis techniques (guitare d’Eric Petersen aux abonnés absents) et le pire roadie batterie jamais vu (j’en devenais fou, le mec a trouvé le moyen d’inverser les crash et de foirer le positionnement des autres cymbales, même moi je connaissais mieux le setup..). Par contre, pour le deuxième, pas de quartiers, et en plus ils ont pas mal fait varier la setlist entre les deux shows. Et là, ça a désossé la couenne du public de bout en bout.

Prix spécial du rattrapage, obtenu avec mention : Devildriver.
J’ai raté une bonne partie de leur 1er show parce que Testament a largement débordé de son créneau, et j’ai à peine eu le temps de rentrer dans leur set que ça finissait. Du coup, il fallait bien que je me rattrape sur leur 2e show, lors du dernier jour, sur le pont, et au moment où le soleil commençait à baisser à l’horizon. J’ai bien fait, super concert, avec le groupe à bloc et visiblement heureux d’être là. Sur album ça m’intéresse toujours aussi peu, par contre sur scène c’est vraiment la tarte.

Prix spécial de la surprise qui claque bien comme il faut, en fait : Ghost Ship Octavius.
Je ne connaissais absolument rien d’eux quand ils ont été annoncés mais j’en ai entendu du bien, du coup je suis allé les voir par curiosité, et j’ai rien regretté, bien au contraire. Pourtant, sur le papier, ça joue du heavy dans un style qui me gonfle prodigieusement, mais eux insufflent une dose de metal plus moderne qui marche vraiment bien, en fait, et je suis resté tout le set quand je pensais en voir juste un bout. Une vraie bonne découverte pour moi, et je conseille d’y jeter une oreille.

Prix spécial du putassier : Hors concours, mention du jury, prix Goncourt, sponsorisé Mannix, oui je parle bien d’Amaranthe.
J’ai arrêté de compter le nombre de fois où j’ai cru qu’elle allait s’enfourner le micro au fond de la glotte par réflexe professionnel, mais c’était vraiment à se facepalmer. Et vas-y que je prends des poses de pute, que je crois que je suis la réincarnation de la danseu… chanteuse d’E-Type, que je me réajuste ostensiblement la bande de tissu qui couvre les nibards toutes les demi-chansons, que je prends des intonations à vouloir faire blanchir les falzars des ados à peine pubères. Au moins, c’était raccord avec la musique, ça se veut aguicheur, mais à part en sortie de prison après des années à n’avoir connu que les viols en groupe et les douches collectives (ou l’inverse), n’importe qui avec un peu d’amour-propre se tient loin de cette soupe.

Prix spécial du « mais en fait non, même pour rigoler, j’ai pas pu, trop au-dessus de mes forces. Vraiment. Non, c’était pas possible, je me serais jeté à la mer en me bouffant la teub devant des requins au premier son de flûtiau » : Equilibrium.
Après avoir vu le clip de Born To Be Epic, je me suis dit que je ne pouvais pas louper cette ode à la médiocrité faite flûte. Mais en fait non, même pour rigoler, j’ai pas pu, trop au-dessus de mes forces. Vraiment. Non, c’était pas possible, je me serais jeté à la mer en me bouffant la teub devant des requins au premier son de flûtiau.

Prix du groupe qui confond « concert de musique » et « démo technique en groupe » : Cryptopsy.
De loin, les Canadiens que j’ai le moins aimé sur le bateau. J’ai essayé, mais rien à faire, ce groupe m’ennuie. Au moins, ils ne m’auront pas joué leur reprise de Strapping Young Lad, sinon [voir Equilibrium].

Prix spécial du hipster : Cattle Decapitation.
C’est horrible à dire, mais la dégaine/gueule du chanteur (apparemment un remplaçant de dernière minute, le vrai chanteur ayant dû annuler sa venue pour problèmes familiaux) était un tel putain de ramassis de caricature du hipster que ça a été complètement impossible pour moi de rentrer dans leur set, surtout que là où j’étais le son était mauvais. Parti au bout de 3 chansons et demie.

Prix spécial du « putain j’étais pas en état de voir leur premier concert, et vu leur deuxième je m’en ronge le scrotum » : Demolition Hammer.
Du thrash/death ultra efficace, du genre à vraiment m’avoir foutu les boules de ne pas pouvoir sauter dans le tas, la bonne grosse claque. Mais en un seul exemplaire, malheureusement.

Prix spécial des larmes qui coulent sur mon sperme en pensant à John Bush : Anthrax.
Il faut leur rendre justice, leur deuxième concert a été énorme, mais c’est surtout musicalement que ça joue vraiment super bien, Belladonna j’y arrive toujours pas. Même si là, force est de reconnaître que contrairement à la première fois où je l’avais vu, il était vraiment à bloc et très bon dans son rôle de frontman.

Et voilà, ce sont vraiment pour moi les groupes à mentionner, les autres que j’ai vu ont tout bien, voire très bien (Marduk, Mors Principium Est) fait le boulot, ou alors j’ai pas vu parce que trop tard/pas un groupe que j’aime/autre <précisez>.

LE PRIX D’HONNEUR DU BATTEUR LE PLUS COOL QUI A JOUÉ POUR STRAPPING YOUNG LAD, DEATH, DARK ANGEL ET TESTAMENT (ENTRE AUTRES): Gene Hoglan.
The Fucking Atomic Clock, en cellules (un peu moins) adipeuses et en os.
Ça fait très longtemps que je n’ai plus aucune pulsion de groupie pour des groupes/musiciens dont je suis ultra fan. J’ai même réussi à ne pas aller lourder Steve DiGiorgio alors que je l’ai croisé plusieurs fois, mais Gene Hoglan, c’est un cas à part, c’est le seul à qui j’ai demandé une photo pour marquer le coup en plus d’avoir discuté un peu avec lui. Le mec a une réputation de mec en or, on ne peut plus posé et cool, c’est pas avec le peu que j’ai vu que je vais pouvoir contredire quoi que ce soit, bien au contraire. On a parle un peu, et du coup je lui ai même acheté en direct son second DVD de batterie qu’il venait tout juste de recevoir avant d’embarquer, y a des chances que je sois son premier acheteur au monde. Il m’a donné RDV après le all-star jam sur le pont pour me le passer en direct, on a causé vite fait batterie, et il m’a aussi confirmé qu’il avait bien avancé sur le prochain album de Dark Angel, il a déjà 5 chansons qui sont finalisées, et des idées sur la table pour le reste.

Gene, je t’aime.

Un grand merci à CFH, expatrié du bout de l’Europe qui voyage au bout du monde pour l’amour du sport.

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