Ghost – Prequelle

Quelques mois à peine après le live, voici le nouvel album de Ghost intitulé Prequelle.
Sera-t-il du même tonneau que ces illustres prédécesseurs? Là est la question. Car oui elle se pose.

Depuis 2015, il s’est passé énormément de chose chez Ghost. Entre les tournées intensives, les sorties de disques pour occuper le terrain et les souci judiciaires – qui de fait vendront la mèche sur qui est qui et qui fait quoi dans le groupe, ces 3 années furent bien remplies.
Du coup quand Prequelle débarque, on se demande dans quelle direction le « petit nouveau » au micro va mener ses ouailles.
A l’écoute du disque il ne faudra pas bien longtemps pour s’en rendre compte: direction les 80’s! Si dans les opus précédents nous visitions les 60’s et 70’s à grand coup de références subtiles, ici on garde l’esprit mais on perd par moment en subtilité. Donc vous me voyez venir avec ma question existentielle: la machine Ghost est-elle en train de s’emballer au point de se prendre les pieds dans le tapis? J’avoue que je me suis beaucoup posé la question en écoutant Prequelle. Il est différent des autres albums du groupe, beaucoup moins immédiat – exception faite de Rats et Dance Macabre qui sont déjà à ranger au rayon des classiques du groupe. Le reste de l’album est plus nuancé et l’arrivée de titres instrumentaux au milieu de tout ça contribue à perturber mes petites habitudes. Les chansons sont bien dans l’ensemble mais il leur manque ce petit grain de folie qui rendait certaines d’entre elles totalement uniques. Point ici de montée en puissance type Zombie Queen ou de solo de clavier délirant à la Mummy Dust. Faith reste très terre à terre et fait de la lourdeur son crédo avec un tempo relativement lent. See The Light suit le même chemin dans une version à peine plus allégée. A l’opposé, la très légère Witch Image, bien que très catchy, s’oublie hélas trop vite. Reste donc Helvetesfönster – instrumentale de son état et elle aussi oubliable. Miasma l’autre instru est quant elle plus remarquable avec son solo de guitare qui est pour moi un hommage évident à celui de Beat It du grand MJ avec en bonus un petit saxo bien eighties. En parlant d’hommage, Pro Memoria est tellement Pop qu’elle aurait pu faire partie du répertoire de Claude François ou n’importe quel groupe cheesy de l’époque avec son petit piano. Il faut donc aller tout au fond du disque pour trouver la pépite Life Eternal qui conclue magistralement le disque et réussit le tour de force de compiler avec réussite tout ce qui a été tenté ave plus ou moins de bonheur dans les autres morceaux de l’album. ENFIN! Les 2 reprises « bonus », respectivement des Pet Shop Boys et Leonard Cohen, sont sympas, surtout celle des PSB très rythmée et avec cette touche 100% 80’s.
Côté prod, on tutoie le sublime avec son cristallin, puissant bien aidé par un mixage lui aussi de haute volée. Côté prestation, le Cardinal Tobias livre une prestation assez folle au micro, faisant une nouvelle fois montre de l’étendue de sa palette vocale et s’aventurant même à des endroits où on ne le voyait pas aller. Quant à savoir qui fait quoi aux autres postes dans le groupe – dans la mesure à où ce n’est plus le Cardinal Tobias tout seul – c’est du beau boulot.

Le problème avec Ghost est que la barre est tellement haute depuis le début que quand on sent que ça part un peu dans une direction inattendue, on a vite tendance à se dire que quelque chose cloche. Il m’a fallu du temps avant de pouvoir apprécier l’album et comprendre ce qu’ils avaient voulu faire. Malgré cela et ben que j’adore le groupe, je suis forcé de dire que Prequelle ne me convainc pas totalement. Hélas.